Netanyahu et d’autres responsables réclament une grâce pour Azaria
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Netanyahu et d’autres responsables réclament une grâce pour Azaria

La Cour d'appel a jugé qu'Elor Azaria commencera à purger sa peine le 9 août à moins que la Cour suprême ait accepté sa demande d'appel d'ici là

Elor Azaria, condamné pour homicide involontaire pour avoir abattu un attaquant palestinien neutralisé en mars 2016, devant le tribunal militaire de la Kirya à Tel Aviv, le 30 juillet 2017. (Crédit : Avshalom Sasoni)
Elor Azaria, condamné pour homicide involontaire pour avoir abattu un attaquant palestinien neutralisé en mars 2016, devant le tribunal militaire de la Kirya à Tel Aviv, le 30 juillet 2017. (Crédit : Avshalom Sasoni)

Les avocats d’Elor Azaria ont demandé à la cour d’appel militaire un délai de 30 jours dans l’application de sa condamnation pour leur donner l’opportunité de faire appel de sa condamnation pour homicide involontaire et de sa sentence de 18 mois d’incarcération devant la Cour suprême.

Le dernier appel n’est pas automatique.

La Cour suprême doit accepter d’entendre l’appel, et les discussions portant sur l’éventuelle incarcération d’Azaria au moment du dépôt de la demande en appel sont en cours.

La mère d’Elor Azaria, Oshra, a hurlé aux juges du tribunal militaire que « les terroristes nous rient au visage, » suite à la décision prise par la cour d’appel de maintenir la condamnation pour homicide involontaire de son fils et sa peine à 18 mois d’emprisonnement.

« Tous ces terroristes se rient de nous », a-t-elle répété.

Charlie Azaria, père de l’ex-soldat, a crié pour sa part aux procureurs : « Vous castrez l’armée ».

De plus, le maintien en appel de la condamnation d’Azaria a suscité de nombreuses réactions politiques.

Ainsi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejoint le choeur des législateurs de droite réclamant qu’Elor Azaria soit gracié.

« Mon opinion n’a pas changé sur la question d’une grâce accordée à Elor Azaria, comme je l’avais dit après la condamnation de janvier. Lorsque la question se posera [dans le contexte des délibérations sur la grâce], j’offrirai mes recommandations en sa faveur aux autorités concernées », a tweeté Netanyahu.

Pour sa part, des sources proches de la résidence du président ont fait savoir à la Deuxième chaîne que ce dernier ne réfléchira à aucune grâce en faveur d’Elor Azaria tant que le chef d’Etat major, le général de division Gadi Eisenkot, en considérera une. Le président Reuven Rivlin et Eisenkot sont les deux seuls responsables ayant la capacité de gracier un soldat condamné.

Les sources ont fait savoir que le processus de grâce présidentiel est compliqué en comparaison à celui du chef d’Etat-major et qu’il exigerait des recommandations de la part du procureur de l’armée, du chef des ressources humaines de l’armée israélienne, du chef d’Etat-major et du ministre de la Défense.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman est intervenu après le rejet de l’appel formulé par Elor Azaria par la cour d’appel d’un tribunal militaire.

« Je demande à la famille d’Azaria de ne plus faire appel mais de se tourner vers le Chef d’Etat-major pour une demande de grâce. Je n’ai aucun doute sur le fait que le chef d’Etat-major prendra en compte les circonstances difficiles, et aussi le fait qu’ [Azaria] était un militaire d’excellence' », a tweeté Liberman.

Le chef d’Etat-major, le général de division Gadi Eisenkot, a le pouvoir d’accorder des grâces dans l’armée. Le ministre de la Défense semble être en train de recommander indirectement au chef de l’armée israélienne d’employer cette capacité dans le dossier d’Azaria, malgré les conclusions de deux tribunaux qui ont estimé qu’il avait volontairement tué un Palestinien neutralisé dans un acte de représailles.

La ministre de la Culture Miri Regev, ancienne porte-parole de l’armée israélienne, a quant à elle émis un communiqué de soutien à Elor Azaria.

Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, à la Knesset, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, à la Knesset, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ce soldat remarquable, Elor Azaria, aurait dû se trouver en sécurité, à son domicile, il y a longtemps. Il dépend dorénavant de l’armée israélienne [de le libérer] et c’est l’acte de soutien le plus basique que mérite Elor. Une grâce, et aujourd’hui plutôt que plus tard ».

Le ministre de l’Education Naftali Bennett, ancien membre de commando au sein de l’armée israélienne et dirigeant du parti de droite HaBayit HaYehudi, a expliqué que le jugement de la cour d’appel maintenant la condamnation d’Elor Azaria doit être respecté. Il a toutefois prôné une grâce pour le soldat.

« Le jugement est difficile mais nous devons respecter la cour », a-t-il indiqué dans une déclaration. « Maintenant, après un mois et demi de souffrances, il est temps de pardonner à Elor Azaria. Pour nos combattants qui se retrouvent sur la ligne de front et pour nous assurer que nous ne perdrons pas notre pouvoir de dissuasion, Elor Azaria doit retourner chez lui ».

Il a mis en garde les attaques verbales contre les agents de l’armée israéliennes, comme celles entendues dans les manifestations qui ont suivi le procès d’Azaria l’année dernière.

« J’ai pleinement confiance en le chef d’Etat major, [le général de division] Gadi Eisenkot, ainsi que dans les commandements de l’armée. Aucune circonstance ne peut justifier les éclats comme ceux qui ont été entendus l’année dernière », a-t-il dit.

Autre point de vue : Elazar Stern, issu du parti Yesh Atid et ancien chef des ressources humaines au sein de l’armée israélienne, a demandé avec insistance aux politiciens de cesser de commenter le procès d’Azaria.

Elazar Stern (photo credit: Kobi Gideon/Flash90)
Elazar Stern, ancien général de l’armée israélienne et député de Yesh Atid. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

« Le tribunal militaire a fait part de son soutien au code d’éthique de l’armée israélienne et à l’appui apporté à cette éthique par le chef d’Etat major », a expliqué Stern, se référant à ce dernier, le général de division Gadi Eisenkot, qui avait critiqué le meurtre commis en 2016 par Azaria d’un attaquant palestinien qui avait été maîtrisé après une attaque au couteau.

« Les interventions politiques dans ce dossier ont fait beaucoup de mal à l’armée israélienne ainsi qu’à Elor Azaria. J’appelle le Premier ministre, les ministres et les membres de la Knesset à cesser de parler de ce cas et à laisser les commandants gérer l’éventuelle question des grâces ».

Un point de vue partagé par Tzipi Livni, législatrice de l’Union sioniste et chef du parti Hatnua.

« Le tribunal a eu encore une fois son mot à dire. Nous devons respecter la décision du tribunal, l’armée israélienne et son éthique – sans que les politiciens ne donnent de conseils aux familles ou au chef d’Etat-major. Laissons l’armée israélienne prendre ses décisions – et gagner ».

Tzipi Livni, députée de l'Union sioniste, pendant une réunion du groupe parlementaire à la Knesset, le 16 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Tzipi Livni, députée de l’Union sioniste, pendant une réunion du groupe parlementaire à la Knesset, le 16 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Moshe Kahlon, le ministre des Finances, a appelé à donner à Gadi Eisenkot, le chef de l’armée israélienne, de « l’espace » pour prendre sa décision sur la grâce à accorder ou non à Elor Azaria.

« Nos soldats étaient et restent les guerriers les plus éthiques dans le monde, » a déclaré Kahlon. « Maintenant, alors que la procédure judiciare est arrivée à son terme, nous devons donner au chef de l’armée l’espace nécessaire pour prendre sa décision sur la [question de la] grâce d’Elor Azaria ».

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