Netanyahu et Poutine réaffirment leur engagement à renforcer leurs liens mutuels
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25e anniversaire de la reprise des liens diplomatiques

Netanyahu et Poutine réaffirment leur engagement à renforcer leurs liens mutuels

A l’occasion de leur 6e entretien téléphonique de l’année, les leaders ont émis le vœu de développer la coopération dans le contexte d’une implication russe renforcée dans la guerre en Syrie

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse conjointe après leur réunion au Kremlin, à Moscou, le 20 novembre 2013. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)
Le président russe Vladimir Poutine (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse conjointe après leur réunion au Kremlin, à Moscou, le 20 novembre 2013. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président russe Vladimir Poutine ont réaffirmé leur volonté de continuer à développer des liens entre Israël et la Russie à l’occasion du 25e anniversaire de la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, et dans le contexte d’un renforcement ces dernières semaines de la présence des forces militaires russes dans la Syrie voisine.

Dans le sillage d’un entretien téléphonique qui a eu lieu vendredi, le service de presse du Kremlin a fait savoir que les deux hommes « ont échangé des vœux à l’occasion du 25e anniversaire [le 18 octobre] de la reprise des relations diplomatiques entre la Russie et Israël et ont exprimé leur engagement à développer davantage une coopération binationale diversifiée ».

Le service de presse a ajouté que Poutine avait “chaleureusement félicité” Netanyahu vendredi à l’occasion de son 67e anniversaire.

Il s’agit du 6e entretien téléphonique de l’année entre les deux leaders dans un contexte marqué par le renforcement de l’implication de la Russie dans la guerre civile syrienne pour le compte du président Bashar el-Assad.

Le président syrien Bashar el-Assad, le 12 février 2016 dans son bureau à Damas (Crédit : AFP/Joseph Eid)
Le président syrien Bashar el-Assad, le 12 février 2016 dans son bureau à Damas (Crédit : AFP/Joseph Eid)

Netanyahu et Poutine se sont également rencontrés cette année à deux occasions, notamment au mois de juin lorsque le chef du gouvernement israélien s’est rendu en visite officielle en Russie pour y débattre des menaces régionales et des intérêts mutuels entre les deux pays avec le président russe.

Lors de leurs rencontres, les deux hommes d’état sont revenus sur la coordination sécuritaire continue entre les armées russe et israélienne, en particulier leur mécanisme dit de « dénouement des conflits », établi pour garantir que les forces de défense israéliennes ne frapperont pas les avions russes opérant dans l’espace aérien syrien.

Netanyahu s’est précédemment rendu le 25 septembre dans la capitale russe, ainsi qu’au mois d’avril 2016. De plus, les deux hommes s’étaient brièvement rencontrés lors du mois de novembre 2015 en marge de la conférence de Paris sur le climat.

Le mois dernier, Netanyahu a défendu les liens croissants entretenus par Israël avec la Russie tout en affirmant que son allié numéro un était les Etats-Unis.

Netanyahu a dit lors d’un discours prononcé le 22 septembre au Hudson Institute que les liens entre Israël et la Russie avaient du sens en raison de leurs inquiétudes partagées sur l’Islam militant, le désir d’éviter des affrontements en Syrie, et l’intérêt porté par la Russie aux technologies israéliennes.

Il a été poussé par son intervieweur, Roger Hertog, philanthrope et l’un des mécènes de l’Institut Hudson, à expliquer pourquoi Poutine en est venu à chercher des relations plus étroites avec Israël au vu de l’appui militaire apporté par la Russie au régime d’Assad et de sa vente de systèmes anti-missiles à l’Iran.

Le “premier intérêt est de s’assurer que l’islam militant ne pénétrera pas et ne déstabilisera pas la Russie”, a expliqué Netanyahu.

« Il y a plusieurs millions de musulmans en Russie, en particulier dans la région de Moscou, je pense que cette population s’élève à deux millions. Et la « préoccupation nourrie par la Russie, et qui est partagée par de nombreux autres pays, est que ces populations se radicalisent ».

Une autre raison invoquée est d’éviter un affrontement direct dans l’espace aérien. « Nous pouvons nous coordonner afin de ne pas créer de collision ou d’affrontement l’un avec l’autre », a indiqué Netanyahu.

Compte-tenu de l’influence de la Russie en Syrie, a poursuivi Netanyahu, la Russie a été également utile pour empêcher les ennemis d’Israël de déborder dans le conflit syrien. Ainsi, un autre allié d’Assad est notamment le Hezbollah, organisation terroriste chiite libanaise liée à l’Iran.

« Nous ne voulons pas voir cela dans le sillage de la guerre en Syrie, que ce soit avec ou sans accord, nous ne voulons pas voir une présence iranienne, nous ne voulons pas voir une milice chiite que l’Iran organise depuis l’Afghanistan, depuis le Pakistan, et nous ne voulons certainement pas assister au transfert d’armement à travers le territoire syrien vers le Hezbollah au Liban », a ajouté le Premier ministre israélien.

Un autre facteur est l’intérêt porté par les Russes aux technologies israéliennes. Poutine « s’intéresse à la technologie et Israël est une source globale de technologie dans de nombreux secteurs qui suscitent l’intérêt de la Russie – l’agriculture, la production laitière, la technologie dite standard ».

Enfin, a indiqué Netanyahu, Israël a une minorité substantielle conséquence russophone.

“Il y a une passerelle culturelle et humaine”, a-t-il expliqué. Nous avons un million de personnes qui parlent russe en Israël. Ceci et d’autres raisons, je pense, façonnent les politiques russes. Et je pense que c’est très important que nous ayons cette relation ».

En conclusion, Netanyahu a réaffirmé que la première alliance d’Israël était celle passé avec les Etats-Unis.

“Avec les Etats-Unis, nous avons certainement des intérêts partagés, mais c’est la principale alliance que nous ayons, et peut-être une ou deux autres, mais rien de semblable à celle-ci qui est basée sur nos valeurs communes”, a-t-il indiqué.

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