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Netanyahu : « Je voudrais rassurer nos amis, Israël restera une démocratie dynamique »

Suite aux propos de l'envoyé US en Israël, le député Simcha Rothman a affirmé que Tom Nides serait incapable d'expliquer son opposition au projet de loi si cela lui était demandé

À gauche : le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirigeant une réunion au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 29 janvier 2023. À droite : L'ambassadeur américain en Israël, Thomas Nides, à l'Université Reichman à Herzliya, le 11 septembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel; Avshalom Sassoni/Flash90)
À gauche : le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirigeant une réunion au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 29 janvier 2023. À droite : L'ambassadeur américain en Israël, Thomas Nides, à l'Université Reichman à Herzliya, le 11 septembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel; Avshalom Sassoni/Flash90)

Les responsables de la coalition ont rejeté dimanche avec véhémence l’appel de l’ambassadeur américain en Israël, Thomas Nides, demandant au gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de « freiner » les efforts de son gouvernement visant à réformer le système judiciaire, alors que le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a averti que l’État juif était en train de « perdre » le soutien américain.

Les propos de l’envoyé américain contre la forme actuelle de la refonte judiciaire, tenus lors d’une interview-podcast la semaine dernière, ont été les plus véhéments à ce jour de l’administration Biden, qui s’est de plus en plus exprimée au cours du mois dernier contre les efforts livrés par la coalition de droite, d’extrême-droite et religieuse visant à radicalement remanier le système judiciaire.

Nides a déclaré que « la seule chose qui lie nos pays est le sens de la démocratie et [le sens de] l’importance des institutions démocratiques », et il a indiqué que ces institutions étaient aujourd’hui menacées.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans des paroles probablement destinées à Nides, a déclaré dimanche matin au début d’une réunion du cabinet qu’il voulait « rassurer [ses] amis ».

« Israël est et restera une démocratie forte et dynamique », a-t-il affirmé.

Le député Simcha Rothman, du parti d’extrême-droite HaTzionout HaDatit, l’un des principaux architectes de la réforme qui préside également la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset – qui est chargée du projet de loi visant à limiter les pouvoirs du système judiciaire – a estimé que Nides serait incapable d’expliquer son opposition au projet de loi si cela lui était demandé.

« Si vous faites venir l’ambassadeur américain… et que vous lui dites : ‘expliquez-nous raisonnablement pourquoi il est si effrayant pour les élus israéliens de choisir leurs juges comme toutes les autres démocraties du monde’, il balbutiera », a déclaré Rothman à la Radio militaire. (Les élus sont actuellement impliqués de manière significative dans le processus de sélection des juges dans le cadre d’une commission de sélection des juges, dont la composition permet aux juges en exercice ainsi qu’à la coalition d’opposer leur veto à tout candidat, forçant ainsi des choix consensuels. Rothman souhaite donner à la coalition un contrôle total.)

Rothman avait également rejeté l’appel lancé par Nides au cours d’une interview précédente avec le site d’information Ynet.

« Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’interférer dans les affaires internes d’un pays », avait déclaré Rothman. « Je ne pense pas qu’il soit légitime en Israël, et certainement pas aux États-Unis, de dire qu’un projet ou un autre met en danger le pays. »

L’ambassadeur américain en Israël Tom Nides, à gauche, et le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu, à la Knesset, le 9 décembre 2021. (Crédit : Ambassade des États-Unis en Israël)

Un ministre du Likud, le parti de Netanyahu, a accusé Nides de s’immiscer dans une affaire qui ne le concernait pas.

« Freinez-vous vous-même et occupez-vous de vos affaires », a déclaré le ministre de la Diaspora, Amichaï Chikli, à la radio publique Kan.

Chikli a déclaré qu’il était heureux de pouvoir discuter de questions diplomatiques et de sécurité avec Nides, « mais qu’il se devait de respecter notre démocratie ».

« Je pense que nos liens avec les États-Unis sont importants », a-t-il déclaré. « Je pense que les mots de Nides sont très problématiques. »

Le ministre des Affaires de la Diaspora, Amichaï Chikli, à Herzliya, le 5 janvier 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La ministre des Missions nationales, Orit Strouk (HaTzionout HaDatit), a qualifié les paroles de Nides de « bizarres » et elle a laissé entendre que quelqu’un l’avait encouragé à faire sa déclaration.

« Il semble que celui qui l’a encouragé l’a fait dans le but de le rallier, lui, l’ambassadeur des États-Unis, aux rangs des manifestants de gauche », a déclaré Strouk, lors d’une interview à la Radio militaire.

Boaz Bismuth, député du Likud, a également insinué que le commentaire avait été « suggéré » à Nides.

« Les États-Unis se nourrissent des informations qui leur sont transmises par les dirigeants de l’opposition, et cela m’horrifie de penser qu’ils ont eu un jour des rôles de dirigeants », a déclaré Bismuth à Radio 103 FM.

Un autre député du Likud, Dan Illouz, a déclaré que Nides avait « dépassé les bornes ».

« Les amis ne s’immiscent pas dans les questions internes de leurs amis. Israël, et seulement Israël, déterminera son avenir », a écrit Dan Illouz sur Twitter. « Nous continuerons à travailler pour renforcer la démocratie israélienne. Le monde devrait d’ailleurs nous applaudir pour cela. »

Les propositions du ministre de la Justice, Yariv Levin, accorderaient au gouvernement un contrôle total sur la nomination des juges, y compris les juges de la Cour suprême ; elles limiteraient sévèrement la capacité de la Haute Cour de justice à annuler des lois et elles permettraient à la Knesset de légiférer à nouveau sur les lois que la Cour parvient à annuler avec une majorité simple de 61 députés.

Lapid, quant à lui, a déclaré que les responsables américains qui s’entretiennent fréquemment avec lui étaient « horrifiés » par la refonte proposée et il a averti qu’Israël « était en train de perdre le soutien des États-Unis ».

Le chef de l’opposition, qui dirige le parti Yesh Atid, a rejeté l’idée que Nides intervienne indûment dans les affaires d’Israël.

« Nous demandons aux États-Unis d’intervenir quotidiennement », a déclaré Lapid dans une interview accordée à Kan, notant la forte dépendance d’Israël à l’égard de l’aide militaire américaine. « Nos sociétés sont fondées sur des valeurs démocratiques communes et si nous ne nous y tenons pas fermement, nos collaborations cesseront. »

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, prononçant un discours à la Knesset, le 15 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a également répété son appel à la coalition pour qu’elle mette immédiatement en pause l’avancée de sa législation sur la réforme du système judiciaire afin de permettre des discussions visant à trouver un consensus sur la réforme judiciaire.

« On ne négocie pas avec une arme sur la tempe », a déclaré Lapid, rejetant les pourparlers tant que les projets de loi continueront d’avancer.

L’ancien ministre des Affaires de la Diaspora, Nachman Shaï, prédécesseur de Chikli, a fustigé les membres de la coalition pour leurs critiques envers Nides.

« Les États-Unis placent un miroir devant Israël et l’invitent à regarder. Les mêmes ministres et les députés qui attaquent l’ambassadeur Nides sont invités à la réunion du Conseil de sécurité [de l’ONU] demain », a écrit Shai sur Twitter, en référence à un vote prévu sur une mesure demandant à Israël de cesser immédiatement toute activité en Cisjordanie.

« Qui exactement sera censé opposer son veto à la résolution contre Israël ? », a-t-il demandé.

Dans son interview-podcast, Nides a également eu des paroles sincères sur l’attention que Netanyahu accorde aux avertissements des économistes contre le projet de réforme judiciaire de son gouvernement, sur ses efforts visant à faire avancer les mesures conçues pour améliorer le quotidien et les revenus des Palestiniens en lieu et place d’une initiative de paix américaine majeure, et sur la frustration de l’administration à l’égard d’Israël concernant les activités d’expansion de la présence juive en Cisjordanie. L’envoyé a également exprimé sa déception à l’égard de certains pays du Golfe qui n’ont pas condamné ces actions et il a évoqué ses préoccupations concernant la recrudescence des violences entre Israéliens et Palestiniens

Jacob Magid a contribué à cet article.

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