Netanyahu menace d’intensifier la riposte aux attaques incendiaires
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Netanyahu menace d’intensifier la riposte aux attaques incendiaires

Après les tirs de roquettes depuis Gaza, le chef d'état-major affirme qu'Israël "frappera ceux qui nous veulent du mal et restaurera la sécurité pour des résidents du sud"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre), entouré, à gauche du ministre de la Défense Avigdor Liberman et du chef d'état-major Gadi Eizenkot  lors d'une cérémonie pour les nouvelles recrues de l'armée israélienne., le 20 juin 2018;. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre), entouré, à gauche du ministre de la Défense Avigdor Liberman et du chef d'état-major Gadi Eizenkot lors d'une cérémonie pour les nouvelles recrues de l'armée israélienne., le 20 juin 2018;. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mercredi que l’armée pourrait intensifier ses opérations contre la bande de Gaza dirigée par le groupe terroriste palestinien du Hamas, après une nouvelle flambée de violences.

S’exprimant lors d’une cérémonie militaire dans le sud d’Israël, M. Netanyahu a averti qu’Israël « intensifierait » ses opérations contre la bande de Gaza si « cela s’avérait nécessaire ».

« Nous sommes préparés à n’importe quel scénario et nos ennemis feraient bien de le comprendre », a-t-il déclaré en disant ne pas vouloir entrer dans le détail d’éventuelles actions à venir.

« Le poing d’acier de l’armée israélienne frappera avec puissance ceux qui cherchent à nous nuire », a ajouté Netanyahu.

S’exprimant durant la même cérémonie, le chef d’état-major Gadi Eizenkot a déclaré que l’armée travaille « sans relâche » pour repousser les attaques et protéger les citoyens israéliens.

« Les évènements des dernières semaines au nord et au sud témoignent de la volatilité de la situation. L’armée travaille sans relâche avec la puissance que nos ennemis nous connaissent », a-t-il dit.

« Nous continuerons à frapper ceux qui nous veulent du mal et restaureront la sécurité pour des résidents du sud, comme c’est le cas dans d’autres régions du pays. Je suis convaincu que nous pouvons réaliser cela rapidement, avec sagesse et détermination », a dit Eizenkot.

Une explosion à Gaza City après une frappe aérienne d’Israël, le 18 juin 2018 (Crédit : AFP / MAHMUD HAMS)

Ces propos surviennent alors qu’un membre du cabinet de sécurité a déclaré qu’Israël était possiblement en voie vers une guerre avec Gaza qui mettrait « fin » au règne du groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza, accusant les « parties étrangères » telles que l’Iran et l’Autorité palestinienne d’être responsables de l’escalade des tensions au sud d’Israël.

« Nous ne savons pas comment ça se terminera, quand ça se terminera, mais il semblerait que nous sommes en route vers une escalade », a déclaré le ministre de l’Energie Yuval Steinitz à la chaîne Hadashot, après que plus de 45 roquettes et obus ont été tirés en direction d’Israël à partir de l’enclave et qu’Israël a frappé 25 positions de la branche armée du Hamas en riposte à ces tirs de roquettes et d’obus.

Se référant à la dernière que se sont livrés l’armée israélienne et le Hamas à Gaza, durant l’été 2014, Steinitz a déclaré que la flambée actuelle pourrait « atteindre les niveaux d’une [Opération] Bordure protectrice numéro deux, et je pense que ce sera différent. Je pense que cette fois, ce sera la fin du régime du Hamas sur Gaza. Nous ne voulons pas en arriver là, mais on dirait vraiment que c’est en mauvaise voie. »

Quant à savoir si ses mots étaient un message au chef du Hamas Yahya Sinwar, Steinitz a déclaré que « je pense que [la fin du régime] sera notre objectif, si nous devons mener une confrontation totale à Gaza ».

Les souffrances à Gaza ont été exacerbées par les frictions entre le Hamas et l’Autorité palestinienne, qui a cessé le paiement de ses fonctionnaires à Gaza et exerce diverses sanctions, notamment sur l’approvisionnement en électricité.

Le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007 et les tentatives de réconciliation avec l’AP, basée en Cisjordanie, ont échoué.

« Ils pourraient être sous la mauvaise impression que si nous sommes contraints d’opérer à Gaza, alors nous ferons moins attention à leur implantation en Syrie », a-t-il menacé.

L’analyste militaire expérimenté de Hadashot TV Roni Daniel a expliqué que les flambées poussent Israël vers une opération militaire.

« Israël s’approche d’un moment décisif, au cours duquel il devra déterminer d’une réponse significative », a-t-il dit.

Un pompier éteint un incendie à la frontière israélienne avec Gaza, le 11 juin 2018. (Sam Sokol)

Plus tôt dans la journée de mercredi, l’armée a déclaré qu’elle « se préparait à une confrontation totale avec Gaza si le Hamas continuait à changer les règles du jeu », a-t-il déclaré après une réunion de sécurité avec Liberman.

Depuis le 30 mai, les Palestiniens dans la bande de Gaza ont lancé des centaines de cerfs-volants et de ballons d’hélium lestés de matériaux incendiaires, parfois explosifs, qui causent quasi-quotidiennement des feux sur des centaines d’hectares de terre au sud d’Israël. Trois feux ont été signalés dans des communautés israéliennes jouxtant la bande de Gaza mercredi.

Vers minuit mardi, l’aviation israélienne a frappé trois positions militaires du Hamas, menées selon l’armée en représailles à l’envoi incessant de cerfs-volants et de ballons incendiaires.

Quelques minutes après, les Palestiniens dans l’enclave ont lancé la première d’une série de plusieurs roquettes et obus de mortiers, déclenchant les sirènes d’alarme à travers la région. Les habitants se sont précipités vers les abris.

Aucune victime n’a été rapportée côté israélien. Mais une grande partie des quelque 200 000 Israéliens vivant à proximité immédiate de Gaza ont passé la nuit dans les abris au rythme des alertes.

Kobi Ivri, habitant d’un kibboutz, a raconté à l’AFP avoir été tiré du sommeil et avoir couru avec sa femme et ses filles vers l’abri. Avant d’y arriver, il a entendu « un grand boum, un sifflement que je connais bien depuis mon service militaire » et a compris qu’un engin était tombé tout près de sa maison.

« Armes destinées à tuer »

Un porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a indiqué que l’armée s’était contentée jusqu’alors d’adresser des avertissements verbaux aux cerfs-volistes ou de procéder à des tirs de semonce, comme elle l’a fait à nouveau mercredi. « Mais cette situation pourrait changer », a-t-il prévenu.

Ces cerfs-volants, qui « ont l’air de jouets », sont en fait « des armes destinées à tuer », a-t-il dit.

Des manifestants palestiniens préparent des cerfs-volants chargés de matériel inflammable pour les faire voler vers Israël, à la frontière entre Israël et Gaza, à al-Bureij, au centre de la bande de Gaza, le 14 juin 2018. (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Les nouveaux échanges ont eu lieu alors que des émissaires du président américain Donald Trump sont en mission dans la région pour tenter de faire avancer un projet de plan de paix de Washington face à l’inextricable conflit israélo-palestinien.

Le pessimisme est très partagé quant aux chances de succès d’un tel plan.

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