Netanyahu n’a accepté que des parties du plan de Trump, pas tout – Steinitz
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Netanyahu n’a accepté que des parties du plan de Trump, pas tout – Steinitz

Cet allié de Netanyahu presse les détracteurs de droite de la proposition de paix de ne pas manquer "une opportunité historique", qualifiant les critiques de "sottises"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'entretient avec le ministre de l'Energie Yuval Steinitz lors d'une réunion du Likoud à la Knesset le 29 mai 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'entretient avec le ministre de l'Energie Yuval Steinitz lors d'une réunion du Likoud à la Knesset le 29 mai 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)

Un haut-membre du parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi que le gouvernement israélien n’avait pas adopté le plan de paix israélo-palestinien du président Donald Trump dans sa totalité, indiquant que Jérusalem pourrait envisager de n’accepter que les parties de la proposition de paix qui sont favorables à Israël – comme c’est le cas de l’annexion de secteurs de la Cisjordanie – en en rejetant d’autres, comme la reconnaissance d’un futur Etat palestinien.

Les Etats-Unis ont indiqué que leur reconnaissance de l’annexion unilatérale de la Cisjordanie allait de pair avec l’acceptation par Israël du cadre défini par le plan.

« Nous n’avons pas annoncé que nous adoptions le plan de Trump, mais plutôt certaines parties, notamment celles qui nous laissent étendre la souveraineté israélienne aux implantations et à la vallée du Jourdain », a commenté le ministre de l’Energie Yuval Steinitz au micro de la radio militaire, alors que les plaintes, à droite, se multiplient contre la fondation d’un Etat palestinien qui, selon la proposition, serait mis en place après l’autorisation donnée à l’Etat juif d’annexer des portions de la Cisjordanie.

« C’est le meilleur plan de paix en notre faveur qui n’a jamais été avancé par les Etats-Unis », a-t-il dit en réponse aux critiques. « Dire que nous ne prendrons pas la souveraineté parce qu’on ne nous donne pas tout, c’est une sottise. Dire que Trump n’est pas un allié d’Israël, c’est une double sottise. C’est très peu sage et cela pourrait nous amener à gâcher ce qui est une opportunité historique », a-t-il ajouté.

« Bien sûr, tant que les Palestiniens ne reconnaissent pas le plan et qu’ils se refusent à simplement négocier sur cette base, nous n’allons pas l’approuver de manière anticipée – pas en totalité », a poursuivi Steinitz.

Le mois dernier, l’ambassadeur américain en Israël a indiqué que l’appui apporté par les Etats-Unis à l’annexion israélienne en Cisjordanie allait de pair avec l’acceptation par Israël du cadre défini par le plan.

« Quand le processus de cartographie sera terminé, quand le gouvernement israélien acceptera de geler les constructions dans certaines parties de la Zone C qui ne sont pas concernées par l’application de la souveraineté et quand le Premier ministre acceptera de négocier avec les Palestiniens sur la base du plan de Trump – il l’a accepté dès le premier jour – alors nous reconnaîtrons la souveraineté israélienne dans les secteurs qui, selon le plan, en bénéficieront », avait dit Friedman dans des propos rapportés par les médias.

Le président américain Donald Trump (à gauche) écoute le discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) lors d’un événement dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le 28 janvier 2020, pour annoncer le plan très attendu de l’administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien. (Crédit : AP/Susan Walsh)

S’exprimant aux côtés de Trump au début de l’année, lors de la révélation du contenu du plan de paix à Washington, Netanyahu n’avait pas dit explicitement qu’il acceptait le plan dans sa totalité, même s’il l’avait salué et laissait entendre qu’il épousait les termes de l’accord et qu’il s’engageait à se soumettre à toutes les demandes faites à Israël.

« M. le président, votre Deal du siècle est l’opportunité du siècle. Et soyez assuré qu’Israël ne manquera pas cette opportunité », avait-il clamé.

Certains politiciens et dirigeants d’implantations ont publiquement dénoncé le plan américain au cours de ces derniers jours avec, à leur tête, le chef du conseil régional de la vallée du Jourdain, David Elhayani, qui a déclaré mercredi au quotidien Haaretz que Trump et son haut-conseiller Jared Kushner avaient montré, par le biais de leur proposition de paix, qu’ils n’étaient « pas des amis d’Israël ».

Tandis qu’il a clamé « ne pas douter » que Trump a fait « des choses merveilleuses en faveur d’Israël », comme le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan et ses actions contre les Iraniens, l’établissement d’un Etat palestinien est inacceptable, a dit Elhayani.

Si Trump veut établir un Etat palestinien près du cœur d’Israël, entre la Jordanie et la mer Méditerranée, a-t-il continué en s’adressant au président américain, « alors vous n’êtes pas un ami d’Israël ».

Un tel Etat, a-t-il souligné, est un « danger » pour le pays.

Elhayani a averti que, dès que l’Etat juif aurait élargi la souveraineté dans certaines zones, alors il reconnaîtrait, dans les faits, les frontières d’un futur Etat palestinien, et que Washington avait l’intention de profiter de cet état de fait pour mettre en œuvre le reste du plan de paix.

David Elhayani, chef du Conseil régional de la vallée du Jourdain, vu sous la tente de protestation des chefs des conseils de Judée-Samarie et de la vallée du Jourdain en faveur de la souveraineté, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 4 février 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« C’est un plan de division du territoire », a-t-il continué.

Ces propos ont été dénoncés avec fermeté par Netanyahu et d’autres leaders de droite.

« Je condamne avec force les propos du conseil de Yesha », a fait savoir Netanyahu dans un communiqué, répétant que le « président Trump est un grand ami de l’Etat d’Israël ».

« La Vision pour la paix du président Trump comprend la nécessité pour les Palestiniens de reconnaître Israël en tant qu’Etat juif, le contrôle sécuritaire israélien sur tous les territoires situés à l’ouest du fleuve Jourdain, un Jérusalem unifié, le désarmement du Hamas et la fin du droit au retour pour les réfugiés palestiniens », a-t-il poursuivi.

« Il est malheureux qu’au lieu d’exprimer de la gratitude, quelqu’un tente aujourd’hui de nier cette amitié qui n’a jamais été meilleure », a-t-il affirmé.

Les propos tenus par Netanyahu ont fait écho à ce qui, selon un chef d’implantation qui l’a confié au Times of Israël, avait été le message qui lui avait été transmis par les responsables américains. Il a déclaré que Washington avait été déçu par « l’ingratitude » affichée par les maires de Cisjordanie en campagne contre le plan.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo (à gauche) et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman, près de la plaque de l’ambassade américaine de Jérusalem, le 21 mars 2019. (Crédit : Jim Young/Pool via AP)

Toutefois, Elhayani a répété ses propos jeudi, affirmant au micro de la Radio militaire qu’il n’avait pas d’autre choix que de mettre en garde Israël contre ce qu’il considère comme une proposition dangereuse.

« Si quelqu’un m’amène un gâteau et pointe une arme à feu sur ma nuque, est-ce que je vais prendre une part du gâteau et dire au revoir ? », a-t-il interrogé. « Mon devoir est de nous sauver des menaces existentielles. »

Elhayani, qui préside le conseil de Yesha, organisation du mouvement pro-implantations, a par ailleurs rejeté les accusations d’ingratitude à l’égard de Washington qui offre sa reconnaissance de la souveraineté israélienne, disant à la radio qu’il s’inquiétait seulement de la sécurité des implantations dans la vallée du Jourdain et dans d’autres secteurs de la Cisjordanie au nom de la sécurité de tous les citoyens d’Israël.

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