Netanyahu ne concède rien, rejette les « Arabes anti-sionistes » au gouvernement
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Netanyahu ne concède rien, rejette les « Arabes anti-sionistes » au gouvernement

Les élus du partis, imperturbables, appellent à rester prudents jusqu'aux résultats définitifs

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse aux sympathisants du Likud aux quartiers généraux du parti à l'issue des élections, dans la nuit du17 au 18 septembre 2019. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse aux sympathisants du Likud aux quartiers généraux du parti à l'issue des élections, dans la nuit du17 au 18 septembre 2019. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a plaidé mercredi pour la formation d’un « gouvernement sioniste fort » à l’issue des élections législatives israéliennes qui le placent coude-à-coude avec son rival Benny Gantz, selon les sondages à la sortie des urnes et qui le montrent donc dans l’incapacité de former une coalition majoritaire.

Il a toutefois assuré qu’il « continuera à servir l’Etat d’Israël et le peuple d’Israël ».

Alors que les militants du parti et ses sympathisants, qui sont restés jusqu’à l’aube scandaient « nous ne voulons pas l’unité », le Premier ministre a prononcé un cours discours face à une salle quasiment vide au centre des expositions de Tel Aviv, à 3 heures 30 du matin, affirmant qu’Israël a besoin « d’un gouvernement fort, d’un gouvernement stable, d’un gouvernement sioniste, d’un gouvernement engagé envers Israël comme l’Etat-nation du peuple juif ».

Rejetant l’idée d’une coalition avec la Liste arabe unie, une alliance de partis arabes créditée de 12 sièges, Netanyahu a déclaré qu’un gouvernement israélien ne peut pas compter « sur des partis qui saluent et glorifient des terroristes assoiffés de sang, qui tuent nos soldats, nos citoyens, nos enfants ».

Ces propos indiquent-ils que le chef du Likud soutiendrait un gouvernement d’unité ? En effet, tout gouvernement de centre-gauche a besoin du soutien de la Liste arabe unie pour obtenir la majorité sans le Likud, les partis de droite ou les partis religieux, selon les résultats provisoires.

Selon les derniers sondages à la sortie des urnes, une coalition emmenée par le Likud de Netanyahu à laquelle prendrait part Shas, Yahadout HaTorah et Yamina, compterait entre 54 et 57 sièges sur les 120 de la Knesset. Il manquera donc au moins 4 sièges pour former la coalition majoritaire de 61 sièges.

Même s’il obtient plus de sièges que le Likud, le parti centriste Kakhol lavan risque également d’être dans l’incapacité de former un gouvernement, ce qui laisse présager de plusieurs semaines de chaos politique.

Le parti pour l’instant « non-aligné » d’Avigdor Liberman, crédité de 8 ou 9 sièges, pourrait faire pencher la balance dans d’éventuels pourparlers. Le leader de la formation nationaliste laïque Yisrael Beytenu a déjà plaidé plus tôt en soirée pour un gouvernement « d’union nationale », mais sans les partis juifs ultra-orthodoxes. Il pourrait donc être le faiseur de rois de cette élection.

Netanyahu avait déjà montré sa réticence à l’idée d’un gouvernement d’unité réunissant Yisrael Beytenu, Kakhol lavan et le Likud. Pour sa part, Kakhol lavan s’est dit ouvert à un rejoindre une coalition avec le Likud si Netanyahu n’en fait plus partie.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (C) fait un signe de la main alors qu’il s’adresse à des partisans au siège de la campagne électorale de son parti, le Likud, le 18 septembre 2019. (Crédit : Jack GUEZ / AFP)

Le Premier ministre, au pouvoir depuis plus de 13 ans, lutte à la fois pour sa survie politique et pour l’obtention de l’immunité qui lui éviterait les poursuites dans trois affaires de corruption.

A l’issue du scrutin du 9 avril, il n’était pas parvenu à former une coalition à cause du retrait d’Yisrael Beytenu, ce qui a précipité les élections du 17 septembre.

« Dans les prochains jours, nous entamerons des négociations en vue de l’établissement d’un gouvernement sioniste fort », a déclaré Netanyahu, lors de son discours en pleine nuit à Tel-Aviv.

« Nous allons négocier avec le plus grand nombre de partenaires pour éviter la formation d’un gouvernement anti-sioniste dangereux (…) il n’y aura pas et il ne peut pas y avoir de gouvernement qui s’appuie sur des partis arabes anti-sionistes, des partis qui nient l’existence même d’Israël en tant qu’État juif et démocratique », a-t-il ajouté.

Netanyahu a dit s’être entretenu avec ses potentiels partenaires de coalition et lancera prochainement les négociations pour créer « un gouvernement sioniste fort » et contrecarrer la formation d’un gouvernement « anti-sioniste ».

Le Premier ministre a souligné que l’administration Trump dévoilera prochainement son plan de paix, et que les pourparlers autour de ce plan façonneront Israël pour les années à venir, a-t-il dit.

« Nous attendons encore les résultats. Mais une chose est claire, l’Etat d’Israël vit un moment charnière. Nous sommes face à d’immenses opportunités et d’immenses défis… notamment la menace existentielle de l’Iran », a dit Netanyahu, qui a promis, la semaine dernière, d’annexer des pans de la Cisjordanie s’il remportait l’élection.

Israël a besoin « d’un gouvernement fort, d’un gouvernement stable, d’un gouvernement sioniste, d’un gouvernement engagé envers Israël comme l’Etat-nation du peuple juif », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu salue des partisans au siège quasiment vide de la campagne électorale de son parti, le Likud, le 18 septembre 2019. (Crédit : Jack GUEZ / AFP)

« J’ai dit que l’élection était difficile. Ce n’est pas le bon terme », a souligné Netanyahu, dont le visage, tendu, montrait des signes de fatigue. « Nous avons vécu une campagne d’acharnement contre nous par les médias impartiaux, tellement contre nous. »

« Comme vous le voyez, j’ai la voix enrouée », a-t-il dit en essayant de se faire entendre par-dessus les cris des sympathisants. « Mais vous savez, mieux vaux perdre sa voix que perdre son pays. »

Peu après l’annonce des résultats provisoires, le Premier ministre a pris contact avec le chef du parti Shas Aryeh Deri, avec Yaakov Litzman et Moshe Gafni de Yahadout HaTorah et avec Naftali Bennett de HaYamin HaHadash, qui s’est présenté sous l’étiquette de l’alliance Yamina.

Ils ont tous accepté de coopérer et Gafni a réaffirmé sa promesse de recommander que Netanyahu soit chargé de former un gouvernement, selon les médias israéliens.

Des partisans du Likud à l’annonce des résultats provisoires, le 17 septembre 2019. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Des élus et des ministres du Likud ont réagi mardi aux sondages de sortie des urnes qui le montrait au coude-à-coude avec Kakhol lavan, en insistant sur le fait qu’il ne fallait pas tirer de conclusions hâtives avant les résultats définitifs.

Les membres du Likud disent n’avoir aucunement l’intention de se défaire de Netanyahu, comme les en enjoignent leurs rivaux, et qu’ils exploreraient d’autres options pour former un gouvernement.

Kakhol lavan s’est dit ouvert à la formation d’un gouvernement d’unité avec le Likud, à la condition que Netanyahu n’en soit plus le dirigeant.

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