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Netanyahu prêt à mettre en service la version israélienne d’Air Force One

« L'Aile de Sion », mise au rebut par Lapid face aux vives critiques sur le coût élevé du programme n'a jamais transporté de dignitaire israélien

« L’aile de Sion », la version israélienne d'Air Force One, vole au-dessus de l'aéroport Ben Gurion, lors de son premier vol d'essai, le 3 novembre 2019. (Crédit : Yoav Weiss / Israel Aerospace Industries)
« L’aile de Sion », la version israélienne d'Air Force One, vole au-dessus de l'aéroport Ben Gurion, lors de son premier vol d'essai, le 3 novembre 2019. (Crédit : Yoav Weiss / Israel Aerospace Industries)

Le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, devrait bientôt mettre en service la version israélienne d’Air Force One s’il devient effectivement Premier ministre, a indiqué vendredi la Douzième chaîne.

Aucun Premier ministre ou président n’a jamais volé à bord de cet avion.

Le Premier ministre Yair Lapid, le président Isaac Herzog et l’ex-Premier ministre Naftali Bennett avaient tous trois choisi de ne pas utiliser l’avion commandé par le gouvernement Netanyahu, et qui lui est très étroitement associé.

Le programme avait été mis en veilleuse par le gouvernement sortant, et Lapid avait même fait en sorte que l’avion soit débarrassé de tous ses mécanismes de défense afin d’être vendu pour un usage civil.

En fin de compte, l’unique fonctionnalité retirée de l’avion aura été un système de défense antimissile, susceptible d’être réinstallé, selon les mêmes sources d’information.

La Douzième chaîne a indiqué l’existence de « problèmes administratifs » à résoudre avant que l’avion puisse être exploité, mais a priori rien d’insurmontable.

Le programme d’un montant de 750 millions de shekels, baptisé « L’Aile de Sion », avait pris des années à émerger. Il devait être utilisé par les chefs d’État israéliens pour leurs déplacements officiels.

Le président du syndicat des travailleurs des industries aérospatiales israéliennes, Yair Katz, dévoile l’Aile de Zion le 8 décembre 2021. (Syndicat des travailleurs des industries aérospatiales israéliennes)

En mai dernier, le ministère de la Défense annonçait mettre le Boeing 767 au garage, quelques mois seulement après avoir obtenu l’autorisation d’exploitation.

Dans un rapport cinglant publié en mars, le contrôleur de l’État, Matanyahu Englman, indiquait que le coût moyen d’un vol à bord du nouvel avion serait de l’ordre du double de l’affrètement d’un jet privé.

Englman critiquait le fait d’avoir acheté un avion susceptible d’accueillir 100 à 120 personnes, alors que les délégations d’un Premier ministre ne comptent habituellement qu’une soixantaine de personnes.

Englman concluait toutefois que le nouvel avion présentait « de nettes améliorations par rapport à l’existant…ne serait-ce qu’en termes de sécurité, pour la défense de l’avion et la sécurité des communications. »

D’autres ont relevé que le coût des vols indiqué par le contrôleur comprenait fatalement des coûts irrécupérables.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara avec Nechama Spiegel Novak, à droite, femme pilote, avant le décollage, à l’aéroport international Ben Gurion, le 14 juin 2017. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Suite au rapport du contrôleur, Lapid avait demandé la vente de l’« Aile de Sion », affirmant que cet avion « était l’image de la corruption et des exactions du gouvernement Netanyahou ».

Ce Boeing 767, déjà âgé de 20 ans et qui a bénéficié d’importants travaux de rénovation, comprend un bureau privé pour le Premier ministre, une chambre avec salle de bain et douche, une cuisine entièrement équipée, une salle de réunion et même un « cabinet de guerre ».

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