Netanyahu se prépare à renforcer le rôle du cabinet de sécurité
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Netanyahu se prépare à renforcer le rôle du cabinet de sécurité

Le texte permettrait au cabinet de prendre des décisions militaires sans l’approbation ni la connaissance du gouvernement dans son ensemble

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre des Transports et des Renseignements Yisrael Katz pendant la réunion hebdomadaire du cabinet, le 24 janvier 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre des Transports et des Renseignements Yisrael Katz pendant la réunion hebdomadaire du cabinet, le 24 janvier 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)

Le ministère de la Justice prépare un amendement à la Loi fondamentale d’Israël, qui permettrait au Premier ministre de déclarer la guerre ou d’ordonner une opération militaire menant à la guerre avec uniquement l’approbation du cabinet de sécurité, composé de 10 membres.

La législation est soutenue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a annoncé dimanche la Deuxième chaîne.

Le projet de loi permettra au gouvernement d’autoriser le cabinet de sécurité restreint à prendre des décisions concernant l’entrée en guerre ou la prise de mesures pouvant mener à la guerre. Il permettrait également de prendre des décisions même si tous les membres du cabinet de sécurité ne sont pas disponibles sur le moment.

Le gouvernement ne serait pas nécessairement informé des décisions ou des raisons des décisions prises, selon le texte.

Selon la chaîne, le ministère de la Justice pense que si l’organe décisionnaire est plus petit, cela limitera le risque de fuites.

Le texte donnera une autorité plus importante au cabinet de sécurité, et ses membres prendront donc leurs décisions plus au sérieux. Cette possibilité est issue d’une recommandation du rapport Amidror sur le fonctionnement du cabinet de sécurité, et aurait été ajoutée à la demande de Netanyahu.

Naftali Bennett, président du parti HaBayit HaYehudi, pendant la réunion de son groupe parlementaire à la Knesset, le 24 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Naftali Bennett, président du parti HaBayit HaYehudi, pendant la réunion de son groupe parlementaire à la Knesset, le 24 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’année dernière, Netanyahu avait chargé un comité dirigé par le général de division (réserviste) Yaakov Amidror, l’ancien directeur du Conseil de sécurité nationale, de présenter des recommandations de réforme du cabinet de sécurité et d’amélioration du partage de renseignements entre les ministres qui en sont membres.

Cette décision avait été prise après de fortes pressions de Naftali Bennett, qui préside le parti HaBayit HaYehudi, et avait affirmé que le fonctionnement du cabinet de sécurité posait problème, et que ses déficiences avaient été dévoilées par la guerre de 2014 dans la bande de Gaza.

Un rapport du contrôleur de l’Etat publié cette année a conclu à des défauts considérables dans la manière dont le cabinet de sécurité a fonctionné pendant ce conflit appelé opération Bordure protectrice.

La Deuxième chaîne a supposé que le déclencheur du texte proposé est un incident qui a eu lieu il y a sept ans. Netanyahu et Ehud Barak, alors ministre de la Défense, avaient contacté Gabi Ashkenazi, alors chef d’état-major de l’armée israélienne, et Meir Dagan, qui était le directeur du Mossad, pour préparer l’establishment de la défense à prendre une position militaire particulière. Ashkenazi et Dagan avaient refusé, affirmant que c’était illégal sans l’approbation du gouvernement, si cette position pouvait mener à la guerre.

Après le refus d’Ashkenazi et de Dagan de coopérer, Netanyahu et Barak avaient décidé de ne pas poursuivre cette opération plutôt que de risquer de la présenter au gouvernement.

Cette opération pourrait être liée aux ambitions nucléaires de l’Iran.

L’amendement proposé devrait être présenté à la Knesset pendant sa prochaine session, après les vacances parlementaires.

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