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Netanyahu : Si Washington ne menace pas militairement l’Iran, Israël doit le faire

Ces propos interviennent alors que le président israélien a lui aussi mis en garde l'allié américain, lorsqu'il a reçu les lettres de créances du nouvel envoyé en Israël

Le leader de l'opposition Benjamin Netanyahu dirige une réunion de la faction du Likud à la Knesset le 15 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le leader de l'opposition Benjamin Netanyahu dirige une réunion de la faction du Likud à la Knesset le 15 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a affirmé lundi qu’Israël devait être prêt à agir de manière indépendante pour se protéger contre le programme d’armes nucléaires de l’Iran.

« Un seul accord avec l’Iran peut être envisagé », a déclaré Netanyahu lors d’une réunion de sa faction du Likud.

« Le seul accord que nous pouvons accepter est un accord qui démantèle les capacités nucléaires de l’Iran ».

Sans un tel accord, a ajouté l’ancien Premier ministre, « Israël doit être prêt à agir indépendamment contre le programme nucléaire iranien. Indépendamment, cela signifie aussi sans préavis – et avec des surprises. »

M. Netanyahu a affirmé que « si les États-Unis ne sont pas prêts à faire peser une réelle menace militaire sur l’Iran, alors Israël doit le faire. »

Le président Isaac Herzog, à droite, reçoit les lettres de créances du nouvel ambassadeur en Israël, Tom Nides, à Jérusalem, le 5 décembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Ces propos interviennent alors que le président israélien, Isaac Herzog, a lui aussi mis en garde l’allié américain, lorsqu’il a reçu les lettres de créances du nouvel envoyé en Israël.

Herzog a ainsi déclaré dimanche au nouvel ambassadeur américain que l’État d’Israël prendrait des initiatives pour « se protéger seul » si la communauté internationale devait échouer à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

« Nous suivons avec beaucoup d’attention les dernières négociations entre la communauté internationale et l’Iran », a dit Herzog. « Israël ne pourra que se réjouir d’une solution diplomatique approfondie qui résoudra de manière définitive la menace nucléaire iranienne ».

« En cas d’échec à trouver une telle solution, Israël envisage toutes les options et il faut savoir que si la communauté internationale n’adopte pas un positionnement fort sur cette question – Israël le fera. Israël se protègera », a-t-il averti.

Ces propos entrent dans le cadre d’une série de mises en garde à peine voilées de la part des responsables israéliens, qui insistent sur le fait qu’une reprise de l’accord sur le nucléaire laissera l’Iran en mesure de construire des capacités nucléaires. Ils affirment également que l’État juif est prêt à prendre toutes les initiatives nécessaires – notamment militaires – pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

Nides a expliqué que les deux pays travailleraient de concert pour contrer la menace iranienne qui plane sur Israël et sur la région, répétant que les États-Unis étaient déterminés à garantir que la république islamique « ne développera jamais une arme atomique ».

Un responsable américain a déclaré samedi que l’Iran – le pays est dorénavant placé sous l’autorité d’un nouveau gouvernement issu de la ligne ultra-radicale – refusait dorénavant tous les compromis antérieurs qui avaient été déterminés pour faire revivre l’accord sur le nucléaire de 2015 (connu sous le nom de JCPOA) après des pourparlers qui ont eu lieu à Vienne pendant plusieurs jours suite à une longue pause.

Les États-Unis ne permettront pas à l’Iran de « ralentir » les négociations internationales tout en renforçant ses activités atomiques, a dit le responsable.

La veille, Washington avait fait savoir que les négociations avec les puissances mondiales sur la reprise de l’accord sur le nucléaire étaient dans l’impasse parce que les autorités de Téhéran « ne semblent pas être sérieuses ».

L’ambassadeur américain en Israël Thomas Nides, à droite, présente ses lettres de créances au président israélien Isaac Herzog à Beit Hanasi à Jérusalem, le 5 décembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Les délégations sont retournées dans leur pays et elles devraient revenir en Autriche, cette semaine.

Nides, ancien secrétaire d’État-adjoint et cadre de longue date du parti Démocrate, a pris son poste alors que les désaccords entre Jérusalem et Washington ont menacé de créer des tensions dans une relation ouvertement chaleureuse entre l’administration du président américain Joe Biden et le gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett.

Israël a exercé d’intenses pressions sur les États-Unis et sur ses autres alliés occidentaux de manière à stopper les pourparlers nucléaires, que Bennett a qualifiés la semaine dernière lors d’un entretien avec le secrétaire d’État Anthony Blinken de « chantage nucléaire » – et ce, même si les États-Unis continuent à chercher à trouver un terrain d’entente avec l’Iran tout en avertissant le pays que la patience des Américains est à bout.

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