Rechercher

Israël se protègera contre l’Iran si le monde ne le fait pas, dit Herzog à Tom Nides

Présentant ses lettres de créances, le nouvel ambassadeur américain a promis de travailler étroitement avec Israël pour contrer l'Iran

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président Isaac Herzog, à droite, parle avec l'ambassadeur américain en Israël Thomas Nides à Beit Hanasi, à Jérusalem, le 5 décembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le président Isaac Herzog, à droite, parle avec l'ambassadeur américain en Israël Thomas Nides à Beit Hanasi, à Jérusalem, le 5 décembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le président Isaac Herzog a déclaré dimanche au nouvel ambassadeur américain que l’État d’Israël prendrait des initiatives pour « se protéger seul » si la communauté internationale devait échouer à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

Ces propos, tenus lors de la cérémonie traditionnelle au cours de laquelle Tom Nides a présenté ses lettres de créances au chef de l’État israélien, ont souligné les tensions entre l’État juif et les États-Unis dans le contexte des négociations de Vienne qui ont pour objectif de réintégrer l’Amérique dans l’accord qui avait été conclu en 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales.

S’exprimant en anglais aux côtés de Nides, Herzog a qualifié la menace iranienne de « plus grand défi qu’affrontent Israël et les États-Unis ».

« Nous suivons avec beaucoup d’attention les dernières négociations entre la communauté internationale et l’Iran », a dit Herzog. « Israël ne pourra que se réjouir d’une solution diplomatique approfondie qui résoudra de manière définitive la menace nucléaire iranienne ».

« En cas d’échec à trouver une telle solution, Israël envisage toutes les options et il faut savoir que si la communauté internationale n’adopte pas un positionnement fort sur cette question – Israël le fera. Israël se protègera », a-t-il averti.

Ces propos entrent dans le cadre d’une série de mises en garde à peine voilées de la part des responsables israéliens, qui insistent sur le fait qu’une reprise de l’accord sur le nucléaire laissera l’Iran en mesure de construire des capacités nucléaires. Ils affirment également que l’État juif est prêt à prendre toutes les initiatives nécessaires – notamment militaires – pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

Le président Isaac Herzog, à droite, reçoit les lettres de créances du nouvel ambassadeur en Israël, Tom Nides, à Jérusalem, le 5 décembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Nides a expliqué que les deux pays travailleraient de concert pour contrer la menace iranienne qui plane sur Israël et sur la région, répétant que les États-Unis étaient déterminés à garantir que la république islamique « ne développera jamais une arme atomique ».

Un responsable américain a déclaré samedi que l’Iran – le pays est dorénavant placé sous l’autorité d’un nouveau gouvernement issu de la ligne ultra-radicale – refusait dorénavant tous les compromis antérieurs qui avaient été déterminés pour faire revivre l’accord sur le nucléaire de 2015 (connu sous le nom de JCPOA) après des pourparlers qui ont eu lieu à Vienne pendant plusieurs jours suite à une longue pause.

Les États-Unis ne permettront pas à l’Iran de « ralentir » les négociations internationales tout en renforçant ses activités atomiques, a dit le responsable.

La veille, Washington avait fait savoir que les négociations avec les puissances mondiales sur la reprise de l’accord sur le nucléaire étaient dans l’impasse parce que les autorités de Téhéran « ne semblent pas être sérieuses ».

L’ambassadeur américain en Israël Thomas Nides, à droite, présente ses lettres de créances au président israélien Isaac Herzog à Beit Hanasi à Jérusalem, le 5 décembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Les délégations sont retournées dans leur pays et elles devraient revenir en Autriche, cette semaine.

Nides, ancien secrétaire d’État-adjoint et cadre de longue date du parti Démocrate, a pris son poste alors que les désaccords entre Jérusalem et Washington ont menacé de créer des tensions dans une relation ouvertement chaleureuse entre l’administration du président américain Joe Biden et le gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett.

Israël a exercé d’intenses pressions sur les États-Unis et sur ses autres alliés occidentaux de manière à stopper les pourparlers nucléaires, que Bennett a qualifiés la semaine dernière lors d’un entretien avec le secrétaire d’État Anthony Blinken de « chantage nucléaire » – et ce, même si les États-Unis continuent à chercher à trouver un terrain d’entente avec l’Iran tout en avertissant le pays que la patience des Américains est à bout.

Les deux parties sont également en conflit concernant le projet de Joe Biden de rouvrir un consulat à Jérusalem qui se concentrerait sur les affaires palestiniennes. Le consulat avait été fermé par l’ancien président américain Donald Trump quand il avait transféré l’ambassade américaine à Jérusalem, créant une simple unité dédiée aux affaires palestiniennes au sein de la mission.

Herzog a remercié Biden pour « son soutien sans faille et son engagement sans compromis en faveur des relations entre les États-Unis et Israël, des relations à toute épreuve ».

Le président a déclaré que Nides arrivait dans une région « plus confiante » suite à la conclusion des Accords d’Abraham, qui avaient été signés en 2020 et qu’il était déterminant que les États-Unis aident les différentes parties concernées à réaliser le potentiel de ces accords.

De son côté, Nides a promis « d’œuvrer sans relâche en faveur du renforcement des accords de paix de longue date qui ont été signés avec l’Égypte et la Jordanie, et en faveur du développement de cette réalisation formidable des Accords d’Abraham ».

« Le président Biden et le secrétaire d’État Blinken soutiennent sans équivoque possible ces accords innovants », a-t-il ajouté.

Il a néanmoins souligné que ces accords de normalisation ne sauraient remplacer la paix nécessaire entre Israël et les Palestiniens.

« Nous allons plutôt chercher à exploiter les accords existants et futurs pour améliorer la vie des Palestiniens, avec le désir de préserver la vision d’une solution négociée à deux États », a-t-il poursuivi.

Le président Isaac Herzog, au centre, et la première dame Michal Herzog allument la bougie de Hanoukka aux côtés de l’ambassadeur américain en Israël Thomas Nides, le 5 décembre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Nides a ajouté qu’il ferait en sorte d’intégrer Israël au programme de dispense de visa américain et il a rejeté le mouvement de propagande anti-israélien du BDS (Boycott Divestment Sanctions).

« Je m’opposerai à tous les efforts visant à isoler et à ôter sa légitimité à Israël à l’international », a-t-il affirmé, terminant son discours en remerciant ses hôtes et en souhaitant un joyeux Hanoukka en hébreu. Lui et Herzog ont allumé deux bougies pour la dernière nuit de Hanoukka.

Nides est né dans un foyer juif en 1961 à Duluth, dans le Minnesota. Son père, Arnold Nides, était le président du Temple Israel et de la Fédération juive de Duluth et il a fondé une compagnie spécialisée dans la finance, Nides Finance.

Herzog a surpris Nides en invitant Elizabeth Aloni, sa professeure d’hébreu au Temple Israel de Duluth, à la cérémonie.

« Je me souviens de lui », a dit Aloni au Times of Israel. « Et quand on l’a vu aujourd’hui, on s’est dit : ‘C’est bien lui’. »

Elizabeth Aloni, à gauche, la professeur d’hébreu du nouvel ambassadeur américain Thomas Nides quand il était enfant, lors de la cérémonie de présentation des lettres de créances de l’envoyé, aux côtés de son mari à Beit Hanasi, le 5 décembre 2021. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

Nides est arrivé au sein de l’État juif il y a six jours, puis il a passé trois jours en quarantaine dans sa nouvelle résidence de Jérusalem.

Dans une vidéo enregistrée quelques heures après son atterrissage, Nides avait évoqué son tout premier voyage en Israël à l’âge de 15 ans – « Un rêve qui se réalise », expliquait-il.

« Les liens entre nos deux pays, comme l’a dit le président Joe Biden, sont indestructibles », déclarait Nides dans la vidéo. « Il n’y a pas de privilège plus grand que ce qui m’a été demandé de faire – représenter les États-Unis d’Amérique au sein de l’État d’Israël ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...