Netanyahu veut débarrasser des migrants illégaux un quartier de Tel Aviv
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Netanyahu veut débarrasser des migrants illégaux un quartier de Tel Aviv

"Israël a le droit de protéger ses frontières et d'en tenir éloignés ceux qui s'infiltrent illégalement", a souligné le Premier ministre

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu parle avec les résidents du sud de Tel Aviv lors d'une visite dans la ville, le 31 août 2017 (Crédit : AFP PHOTO / Menahem KAHANA)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu parle avec les résidents du sud de Tel Aviv lors d'une visite dans la ville, le 31 août 2017 (Crédit : AFP PHOTO / Menahem KAHANA)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est engagé à débarrasser des immigrants illégaux un quartier de Tel Aviv comptant une forte population africaine dans lequel il s’est rendu jeudi.

Il a promis que le gouvernement « restituera » le quartier à ses habitants israéliens.

« Nous rendrons le sud de Tel Aviv aux citoyens d’Israël », a lâché Netanyahu devant les caméras de télévision.

« Nous avons à faire face à des gens qui se sont infiltrés illégalement, pas à des réfugiés. Et Israël a le droit de protéger ses frontières et d’en tenir éloignés ceux qui s’infiltrent illégalement », a-t-il poursuivi.

Netanyahu, qui a annoncé son intention de créer une commission ministérielle pour régler le problème, était accompagné du ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, et de la ministre de la Culture, Miri Regev.

Ce déplacement ministériel dans ce quartier de Tel Aviv est intervenu après que la Cour suprême eut jugé lundi que l’Etat ne pouvait indéfiniment détenir les migrants illégaux qui refusent d’être envoyés dans des pays tiers, fixant la limite de ces détentions à deux mois.

« Nous sommes ici en mission pour rendre le sud de Tel Aviv aux citoyens israéliens », a déclaré le Premier ministre. « J’ai entendu les résidents, et ce que j’entends c’est la douleur et la crise. Les gens ont peur de sortir de leur maison. »

Regev a déclaré que les résidents du sud de Tel-Aviv sont des « réfugiés dans leur propre pays. »

En dénonçant l’afflux de migrants africains dans le quartier, Regev a déclaré que les nouveaux arrivants « ne sont pas des réfugiés ».

« Ce sont des infiltrations », a-t-elle poursuivi en se référant aux migrants en grande partie soudanais et érythréens.

« Les résidents du sud de Tel Aviv sont ceux qui sont devenus des réfugiés dans leur propre pays », a-t-elle déclaré.

Regev a demandé au gouvernement de contourner la décision de la Cour suprême de cette semaine avec une loi votée à la Knesset.

« Nous avons besoin d’une loi [pénale] contre les employeurs qui versent ses salaires aux infiltrés qu’ils emploient », a-t-elle ajouté. « Nous avons besoin de déployer des efforts pour plaider auprès des propriétaires qui louent leurs appartements aux infiltrés pour ne pas leur permettre de faire comme ils le souhaitent, sans surveillance, comme diviser les appartements. »

Ces mesures comprennent une clôture de sécurité le long de la frontière avec l’Égypte qui a déjà permis de réduire considérablement le nombre de migrants qui rentrent en Israël en provenance de pays africains, une poursuite accrue de ceux qui emploient des migrants clandestins et des migrants qui enfreignent la loi et une commission ministérielle que le Premier ministre dirigera lui-même.

Les résidents ont applaudi leurs commentaires et ont scandé des slogans contre la Cour suprême.

Beaucoup de résidents locaux ont manifesté contre les demandeurs d’asile, qui aurait commis des crimes et ont accusé le gouvernement de « les abandonner ».

Netanyahu et Erdan ont également inauguré un nouveau bâtiment qui accueillera une patrouille policière, composée d’une cinquantaine de policiers, dans le sud de Tel-Aviv.

L’expulsion vers un pays tiers est une mesure en grande partie sans précédent dans le monde occidental. L’Italie et l’Australie ont signé des accords similaires avec des pays tiers – l’Italie avec la Libye et l’Australie avec la Malaisie – mais les projets de loi mettant en oeuvre deux accords ont été annulés par les tribunaux locaux. Dans les deux cas, les tribunaux ont statué que les projets de loi étaient incompatibles avec le droit international et la Convention des Nations unies de 1951 sur les réfugiés – dont Israël est également signataire.

Cependant, la Cour suprême a également jugé que, puisque les expulsions ne peuvent être qu’ordonnées qu’avec l’accord des migrants, le refus de quitter Israël ne peut être considéré comme un comportement non coopératif.

Nombre d’entre eux ne souhaitant pas regagner leur pays d’origine ou ayant peur de le faire, Israël a en effet passé des accords secrets avec d’autres Etats africains, dont les noms n’ont pas été divulgués, qui acceptent de les accueillir, à la condition qu’ils acceptent de s’y rendre.

Des dizaines de milliers d’Africains, pour la plupart des Erythréens et des Soudanais, sont arrivés en Israël ces dernières années, principalement en traversant à partir de l’Egypte des zones frontalières désertiques.

Israël n’accorde le statut de réfugiés qu’à une poignée d’entre eux.

Selon le Centre africain de développement des réfugiés, il y a environ 46 437 Africains en Israël qui se considèrent comme demandeurs d’asile. La majorité, 73 %, proviennent d’Érythrée et environ 19 % viennent du Soudan.

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