Noa Eshkol à l’honneur au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme organise à Paris, du 16 au 30 avril 2026, une exposition consacrée à l’artiste israélienne - une première en France

Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, qui retrace l’histoire des Juifs de France, d’Europe et de Méditerranée de l’Antiquité à nos jours, présente une exposition intitulée Noa Eshkol (1924-2007) – Danse et compositions. Celle-ci met en lumière le parcours d’une danseuse et chorégraphe qui fut aussi « une prodigieuse artiste textile ». En particulier, c’est son œuvre des années 1950 aux années 2000 qui est mise en avant, notamment ses Wall Carpets ainsi que ses compositions chorégraphiques, à travers des dessins, des photographies et des vidéos.
Née au kibboutz Degania Bet en 1924, puis formée à Tel Aviv et à Manchester, la fille de l’ancien Premier ministre israélien Levi Eshkol s’est fait connaître pour la conception, dans les années 1950, d’un système révolutionnaire de notation du mouvement, dont l’utilisation dépassera largement le domaine de la danse.
En 1951, Noa Eshkol fonde le Chamber Dance Quartet pour interpréter ses chorégraphies. Celles-ci sont dansées sans musique, au seul rythme du métronome, mettant en avant l’esprit du collectif, à l’instar de la vie au kibboutz, un monde de pionniers dont elle est issue.
En octobre 1973, pendant la Guerre du Kippour, alors qu’un membre de sa troupe est mobilisé, Noa Eshkol abandonne la danse pour réaliser, avec l’aide de ses danseurs, de grands Wall Carpets (tapis muraux). Constituées de chutes de tissu et de vêtements de récupération, cousus sur de grandes toiles selon la technique de l’appliqué, ces compositions oscillent entre abstraction, nature morte et paysage. Cette activité, née d’un besoin de travailler de ses mains pour faire face à une actualité anxiogène, donnera naissance à un corpus de près de deux mille œuvres, plaçant Noa Eshkol parmi les artistes textiles les plus originales et les plus prolifiques du XXe siècle.
Cette rétrospective révèle une créatrice interdisciplinaire méconnue en France, dont le travail dans les domaines de la danse et du textile inspire encore aujourd’hui des danseurs et des artistes, comme l’Américaine Sharon Lockhart ou l’Israélienne Yael Bartana, dont des œuvres sont présentées dans l’exposition. Son parcours singulier met en lumière la place de la danse dans les premières années de l’État hébreu, ainsi que ses liens avec les avant-gardes européennes et américaines. Il souligne également l’impact des événements historiques sur la création en Israël.
Autour de l’exposition, plusieurs activités sont organisées, notamment des rencontres, des projections, une Nuit blanche ainsi qu’un atelier d’écriture. Certaines de ces propositions se dérouleront pendant l’exposition, tandis que d’autres auront lieu après, courant juin.
L’achat des billets sera possible prochainement en ligne sur le site du musée ou directement sur place, aux horaires d’ouverture.







