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Nucléaire iranien : Des particules enrichies juste en-deçà du seuil de la bombe

L'AIEA a confirmé avoir détecté en Iran des particules d'uranium enrichi à 83,7 %, soit juste en deçà des 90 % nécessaires pour produire une bombe atomique

Archives : Un réacteur de recherche nucléaire au siège de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, le 1er septembre 2014. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi/Dossier)
Archives : Un réacteur de recherche nucléaire au siège de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, le 1er septembre 2014. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi/Dossier)

L’AIEA a détecté en Iran des particules d’uranium enrichi à 83,7 %, soit juste en deçà des 90 % nécessaires pour produire une bombe atomique.

Ces particules ont été découvertes à la suite de la collecte d’échantillons en janvier dans l’usine souterraine de Fordo, a précisé l’instance onusienne dans un rapport consulté mardi par l’AFP, qui confirme ainsi des informations données par des sources diplomatiques.

L’Agence internationale de l’énergie atomique a demandé « des clarifications » et « les discussions sont toujours en cours » pour déterminer l’origine, ajoute le texte qui sera présenté la semaine prochaine lors du Conseil des gouverneurs à Vienne.

L’Iran, qui nie vouloir se doter de l’arme atomique, a de son côté fait état « de fluctuations involontaires » au cours du processus d’enrichissement, dans une lettre citée par l’AIEA.

La semaine dernière, Téhéran avait assuré « n’avoir pas fait de tentative pour enrichir au-delà de 60 % ».

« La présence de particules au-delà de 60 % ne signifie pas qu’il y ait un enrichissement (d’uranium) à plus de 60 % », avait réagi le porte-parole de l’Organisation de l’énergie nucléaire iranienne, Behrouz Kamalvandi.

Mohammad Eslami, nouveau directeur de l’agence nucléaire iranienne (AEOI), s’exprimant sur la scène de la conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (Crédit : Lisa Leutner/AP/Dossier)

Le chef de l’AIEA attendu à Téhéran

Ces informations surviennent alors que le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, est attendu en Iran dans les jours à venir, dans un contexte de détérioration des relations.

La République islamique a fortement limité les inspections et débranché des caméras de surveillance l’an dernier, plongeant l’Agence dans le flou.

Et ce, alors même que les négociations destinées à ranimer l’accord conclu en 2015 pour limiter les activités atomiques de l’Iran en échange d’une levée des sanctions internationales sont au point mort depuis l’été 2022.

Elles avaient débuté en avril 2021 à Vienne entre Téhéran et les grandes puissances, mais elles sont bloquées depuis août 2022 dans un contexte de tensions croissantes.

L’accord, connu sous l’acronyme de JCPOA, est moribond depuis le retrait des États-Unis décidé en 2018 par le président Donald Trump.

La République islamique s’est dans la foulée progressivement affranchie de ses engagements.

Son stock total d’uranium enrichi s’élevait ainsi à 3760,8 kg à la date du 12 février (contre 3673,7 kg en octobre), soit plus de 18 fois la limite autorisée par le JCPOA, d’après les calculs de l’AIEA.

Illustration : Le directeur général de l’Organisation internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, à gauche, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, se serrant la main avant leur réunion, à Téhéran, le 5 mars 2022. (Crédit : AP)

« Coup de semonce »

Surtout, l’Iran enrichit toujours plus à des niveaux élevés, loin de la limite fixée à 3,67 % : il dispose ainsi de 434,7 kgs à 20 % (contre 386,4 kgs auparavant) et de 87,5 kgs à 60 % (contre 62,3 kgs).

Quant au taux de 83,7 % détecté, « même si c’est accidentel, cela n’en est pas moins préoccupant », estime Kelsey Davenport, experte de l’Arms Control Association.

« Cela devrait être un coup de semonce » pour la communauté internationale, a-t-elle estimé lors d’un récent briefing en ligne, appelant les États-Unis et l’Iran à « définir une nouvelle stratégie pour désamorcer la crise ».

Le chef de la CIA, William Burns, s’est inquiété dimanche de l’avancée fulgurante du programme nucléaire des Iraniens, jugeant qu’il leur suffirait de quelques semaines pour atteindre les 90 %, s’ils décidaient de franchir cette ligne ».

Il y a cependant d’autres paliers à atteindre et les États-Unis « ne pensent pas que le leader suprême en Iran ait pris la décision de reprendre la militarisation du programme suspendu ou terminé fin 2003 ».

Dans cette même interview diffusée sur la chaîne CBS, le patron du renseignement américain s’était aussi alarmé d’une « dangereuse » escalade dans la coopération militaire entre Téhéran et Moscou.

Colin Kahl lors d’une table ronde dans le cadre du US-Islamic World Forum dans la capitale qatarie de Doha, le 1er juin 2015. (Crédit : AFP via Getty Images)

Colin Kahl, sous-secrétaire américain à la politique de Défense, a lui aussi affirmé mardi que l’Iran pourrait produire suffisamment de matières fissiles pour une bombe nucléaire en moins de deux semaines.

Le responsable a déclaré lors d’une audience à la Chambre des représentants que le programme nucléaire iranien avait considérablement progressé depuis que l’administration Trump s’était retirée de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018.

Il lui a été demandé pourquoi l’administration Biden avait tenté de relancer l’accord officiellement connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA).

« Parce que les progrès nucléaires de l’Iran depuis que nous avons quitté le JCPOA ont été remarquables. En 2018, quand l’administration précédente a décidé de quitter le JCPOA, il aurait fallu environ 12 mois à l’Iran pour produire l’équivalent d’une bombe de matière fissile. Maintenant, cela prendrait environ 12 jours », a déclaré Kahl.

« Donc je pense qu’il y a toujours l’idée que, si on peut résoudre ce problème diplomatiquement et remettre des contraintes sur leur programme nucléaire, c’est mieux que les autres options. Mais en ce moment, le JCPOA se trouve gelé », a déclaré Kahl.

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