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Nucléaire iranien : Israël dispose de capacités difficiles à concevoir, dit Lapid

Le ministre des Affaires étrangères dit qu'Israël se protégera face à la menace de Téhéran et promet que justice sera faite dans le dossier Pegasus

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, s'exprime lors d'une réunion de faction à la Knesset à Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, s'exprime lors d'une réunion de faction à la Knesset à Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a évoqué les capacités militaires d’Israël dans le cadre des négociations qui sont actuellement en cours entre les puissances mondiales et Téhéran, visant à faire revivre l’accord sur le nucléaire (JCPOA) qui avait été conclu en 2015, aujourd’hui moribond.

Dans un entretien diffusé vendredi à l’occasion du dixième anniversaire de son entrée en politique, Lapid a été interrogé sur les capacités d’Israël à frapper les structures d’enrichissement de l’uranium et/ou les sites d’armement en Iran.

« Israël a des capacités – des capacités que le monde, et même certains experts dans ce domaine, ne peuvent même pas concevoir. Et Israël se protégera contre la menace iranienne », a-t-il affirmé devant les caméras de la Douzième chaîne.

Il a aussi indiqué que l’État juif pourrait frapper l’Iran si nécessaire et ce, sans avertir nécessairement l’administration Biden qui cherche actuellement à réintégrer l’accord sur le nucléaire iranien. Israël s’oppose avec vigueur à cet accord.

Des images de l’installation nucléaire de Natanz diffusées par la télévision d’État iranienne, le 17 avril 2021. (Capture d’écran/Twitter)

« Israël fera le nécessaire pour protéger sa sécurité. Et nous n’avons besoin pour cela de la permission de personne. C’est ainsi depuis le tout premier jour de l’établissement de cet État », a-t-il expliqué.

Lapid a aussi commenté les négociations actuellement en cours à Vienne pour redonner vie à l’accord sur le nucléaire, dont l’ex-président américain Donald Trump s’était retiré en 2018. L’Iran a depuis repris ses activités nucléaires de manière accrue, en violation du JCPOA.

Le ministre des Affaires étrangères a estimé qu’il n’y avait pas eu de « capitulation » face à l’Iran au cours des négociations, en soulignant qu’Israël « n’est pas défavorable à un bon accord – mais que le pays est défavorable à un mauvais accord ».

Il a ajouté qu’Israël avait montré des informations « prouvant que les Iraniens mentent » sur leurs activités nucléaires aux grandes puissances.

Le Palais Coburg, où ont lieu les négociations nucléaires à huis-clos avec l’Iran à Vienne, en Autriche, le 9 décembre 2021. (Crédit : AP Photo/Michael Gruber)

Lapid a aussi été interrogé sur la firme privée israélienne du NSO Group dont le logiciel-espion Pegasus, qui aurait été utilisé par les pays pour traquer les politiciens d’opposition, les dissidents, les journalistes et d’autres, est actuellement au cœur d’un scandale.

« Les critères exigeants d’Israël à l’égard de NSO et de toutes les autres entreprises spécialisées dans la cyber-sécurité sont simples : les logiciels ne peuvent être utilisés que dans la lutte contre le terrorisme et les crimes graves », a-t-il affirmé.

« Si Pegasus, le logiciel-phare de NSO, a été utilisé à d’autres fins, alors les coupables seront traduits en justice et nous ne cacherons et ne couvrirons personne », a continué Lapid.

Pendant l’entretien, Lapid a aussi défendu la prise en charge par le gouvernement de la pandémie de COVID-19. Le gouvernement a été accusé d’hésiter dans sa réponse à l’émergence du nouveau variant Omicron.

« Quand je compare ce qui se passe en Israël à ce qui est en train d’arriver en France, en Allemagne, aux États-Unis, aux nations développées, Israël gère le COVID bien mieux que la moyenne dans le monde », a-t-il dit.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid à la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)

Lapid a salué le rôle tenu par le Premier ministre Naftali Bennett, disant que ce dernier prenait en charge la pandémie « de manière avisée, avec minutie ».

« Il faut parfois répondre rapidement à une situation changeante », a-t-il répondu alors qu’il était interrogé sur les divers changements de politiques et de restrictions.

« Nous n’avons pas eu un seul confinement, nous avons conservé l’économie ouverte », a-t-il ajouté au nom de la coalition qui a pris le pouvoir en juin dernier.

Le chef de la diplomatie israélienne a aussi fait remarquer que le nombre de cas graves était inférieur à cent.

Le personnel médical de l’hôpital Hadassah Ein Kerem porte des équipements de sécurité alors qu’il travaille dans le service COVID de l’hôpital, récemment rouvert, à Jérusalem, le 27 décembre 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Interrogé sur sa conviction que Bennett lui cédera le poste de Premier ministre en septembre 2023, comme les deux parties l’ont convenu dans le cadre de l’accord de partage du pouvoir, Lapid a également répondu qu’il était convaincu que Bennett lui céderait le poste.

« Oui… J’ai confiance en Naftali, oui », a-t-il déclaré.

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