Nucléaire : l’Iran exclut l’inspection de sites militaires
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Nucléaire : l’Iran exclut l’inspection de sites militaires

Le guide suprême iranien compare les entretiens avec les scientifiques à des "interrogatoires"

L'Ayatollah Ali Khamenei à l'occasion d'un discours à la nation à l'occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran, le 20 mars 2014. (Crédit : bureau du Guide suprême/AFP)
L'Ayatollah Ali Khamenei à l'occasion d'un discours à la nation à l'occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran, le 20 mars 2014. (Crédit : bureau du Guide suprême/AFP)

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré mercredi que l’inspection de sites militaires et les entretiens avec des scientifiques étaient exclus dans le cadre d’un accord sur le nucléaire iranien, a rapporté l’agence officielle Irna.

« Nous avons déjà dit que nous ne permettrons aucune inspection des sites militaires de la part des étrangers (…). Ils disent aussi qu’il faut autoriser des interviews avec les scientifiques nucléaires. C’est de l’interrogatoire », a déclaré M. Khamenei.

« Je ne permettrai pas que des étrangers viennent pour parler aux scientifiques qui ont fait progresser cette science à ce niveau », a ajouté le guide suprême iranien, qui s’exprimait lors d’une cérémonie de remise de diplômes à des cadets militaires.

Il y a deux jours, M. Zarif a toutefois précisé les contours des contrôles de l’AIEA sur le programme nucléaire du pays.

« Le protocole additionnel ne permet en aucune manière un accès sans limite et sans raison aux infrastructures du pays », a déclaré M. Zarif en faisant allusion aux sites militaires.

Il a affirmé que les règles du protocole additionnel permettaient « certains accès » et non des inspections des sites militaires, ajoutant que ces règles étaient définies de sorte à protéger « les secrets militaires ou économiques » du pays.

« Pour s’assurer du caractère pacifique du programme nucléaire, il n’y a pas besoin de violer la souveraineté et les règles de sécurité des pays », a ajouté M. Zarif.

En excluant aussi l’interview des scientifiques nucléaires iranien par les inspecteurs de l’AIEA, le guide suprême, qui a le dernier mot dans les grandes affaires du pays et notamment sur le dossier nucléaire, veut aussi protéger ce programme.

« L’ennemi insolent veut qu’on autorise qu’ils viennent parler avec nos scientifiques d’un progrès essentiel accompli à l’intérieur du pays, mais en aucune manière nous ne le permettrons pas », a martelé M. Khamenei, ajoutant que les autres pays « cachaient l’identité même de leurs scientifiques nucléaires ».

Plusieurs savants nucléaires iraniens ont été assassinés entre 2010 et 2012 lors d’attentats à Téhéran. L’Iran avait alors accusé les services de renseignements américains et israéliens d’avoir organisé ces attentats.

L’Iran et les grandes puissances (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Chine, France, Allemagne, Russie) ont conclu le 2 avril un accord-cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, étape fondamentale sur la voie d’un accord final d’ici au 30 juin.

Depuis plusieurs semaines, les experts politiques et techniques des deux parties négocient pour finaliser les termes d’un accord final. Ils devaient se retrouver ce mercredi à Vienne pour continuer les discussions.

La question des inspections est un des points délicats des négociations. Selon les Etats-Unis, l’Iran accepte un régime d’inspections renforcées de ses sites nucléaires par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), notamment sous le régime du protocole additionnel au Traité de non-prolifération.

Les Occidentaux demandent par ailleurs que Téhéran fasse la lumière sur la « possible dimension militaire » de travaux que l’Iran aurait mené pour se doter de l’arme atomique avant 2003, selon l’AIEA. Les réponses de la République islamique, qui réfute l’existence de ces travaux, ont jusqu’à présent été jugées insuffisantes par l’agence onusienne.

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