ONU : Abbas loue les martyrs, les Palestiniens « n’utilisent jamais la violence »
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Abbas aux Nations unies : "Jérusalem n’est pas à vendre"

ONU : Abbas loue les martyrs, les Palestiniens « n’utilisent jamais la violence »

"Nous resterons des partisans de la paix parce que Dieu est avec nous et notre peuple a fait beaucoup de sacrifices," a dit le chef de l'AP qui avait condamné le meurtre d'Ari Fuld

Mahmoud Abbas à l'assemblée générale de l'ONU, à New York, le 27 septembre 2018 (Crédit : Thimothy A. Clary/AFP)
Mahmoud Abbas à l'assemblée générale de l'ONU, à New York, le 27 septembre 2018 (Crédit : Thimothy A. Clary/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a accusé jeudi le président américain Donald Trump de mettre « en péril » la solution à deux Etats, israélien et palestinien, depuis la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York.

Abbas a commencé son discours en déclarant que « Jérusalem n’est pas à vendre ». « Et, les droits du peuple palestinien ne sont pas négociables », a-t-il poursuivi.

Abbas a affirmé que les Palestiniens « resteront des partisans de la paix ».

« Nous maintiendrons notre État et nous resterons des partisans de la paix parce que Dieu est avec nous et notre peuple a fait beaucoup de sacrifices. Dieu s’oppose toujours à ceux qui nous font subir des injustices », a-t-il déclaré.

Abbas a fustigé la loi de l’Etat-nation votée par la Knesset plus tôt cette année. Il a affirmé qu’elle violait le droit international et qu’elle finirait pas créer un seul « état raciste ».

Selon lui, elle « légalise la discrimination des citoyens arabes » qui représentent 20 % de la population d’Israël.

« Nous rejetons cette loi et la condamnons dans les termes les plus forts. Nous demandons à la communauté internationale de la rejeter et de la condamner comme une loi illégale », a-t-il déclaré.

Abbas a fortement critiqué Trump pour ses politiques envers les Palestiniens, les qualifiant d’ »attaque contre le droit international ».

« Nous nous sommes félicités de l’élection de Trump et avons salué l’annonce de son plan de paix, mais nous avons été choqués par ses actions concernant le processus », a dit Abbas.

« Il [Trump] a décidé de fermer la mission diplomatique de l’AP à Washington, puis a reconnu Jérusalem comme étant la capitale israélienne, et il a déplacé l’ambassade américaine à Jérusalem. Il s’est même vanté d’avoir retiré de la table des négociations la question de Jérusalem et des réfugiés palestiniens ».

« Il a même poursuivi son attaque sur le droit international en coupant l’aide humanitaire aux réfugiés et les fonds alloués à l’Autorité palestinienne », a-t-il continué.

Abbas a déclaré que les politiques américaines envers les Palestiniens ont sapé la solution à deux États.

Il a appelé Trump à revoir ses décisions « pour sauver les chances de paix et prospérité pour les générations futures ». « Les Etats-Unis agissent comme médiateurs mais nous (les) voyons maintenant sous un oeil neuf », a déclaré Abbas.

« Les Etats-Unis ne sauraient être un médiateur unique », a ajouté M. Abbas, alors que Donald Trump a promis mardi de dévoiler un plan de paix pour le Proche-Orient dans les « quatre mois ».

Il a rejeté les affirmations de la Maison Blanche selon lesquelles elle avait rompu ses liens avec l’AP parce que les Palestiniens refusaient de négocier.

« Je répète que nous ne sommes pas contre les négociations, et nous n’avons jamais rejeté les négociations. Nous continuerons à tendre nos mains vers la paix. Nous croyons uniquement à la paix. La paix est l’unique chemin. Nous ne croyons pas au terrorisme et à la violence », a-t-il déclaré.

« Avec toutes ses décisions, le gouvernement américain est revenu sur tous les engagements qui avaient précédemment été pris par son pays et a même mis en péril la solution à deux Etats », a-t-il déclaré à la tribune de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU.

« Nous résistons à l’occupation israélienne par des moyens légitimes décidés par des résolutions internationales. Uniquement des moyens pacifiques. Nous n’utilisons jamais la violence », a déclaré Abbas à l’Assemblée générale des Nations unies.

« En revanche, les habitants des colonies [implantations] utilisent des armes contre notre peuple. Nous continuerons à rejeter la violence et le recours aux armes », a-t-il déclaré.

« Nous avons à notre disposition un Quartette, très bien ! Les Etats-Unis peuvent participer au Quartette », a-t-il ajouté, en référence à cet organisme sur le Proche-Orient qui réunit Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU.

Après avoir critiqué l’administration Trump, Abbas a déclaré que les Nations unies sont aussi responsables car elles ont donné une carte blanche à Israël.

« Aucune résolution des Nations unies n’a été respectée par Israël parmi les centaines qui ont été passées au fil des années. Dites-nous s’il vous plaît, comment pouvons faire respecter ces résolutions, c’est votre responsabilité », a-t-il attaqué.

« Jusqu’à quand Israël pourra-t-il agir avec impunité ? »

S’exprimant au sujet du mont du Temple, Abbas a affirmé que la Cour suprême d’Israël « prévoit de passer une décision divisant Al Aqsa dans le temps et l’espace ».

« Chaque jour cette cour prend des décisions comme si nous n’existions pas », a-t-il affirmé. Nous ne savons pas à quelle décision il faisait référence.

« Nous voulons un Etat avec des frontières bien définies. C’est ensuite que nous pourrons coexister pacifiquement avec Israël », a-t-il dit.

« C’est Jérusalem-Est dans son ensemble qui est notre capitale », a insisté Mahmoud Abbas, après une rencontre avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres où ils ont réaffirmé leur « engagement commun » pour la solution à deux Etats, avec Jérusalem comme capitale partagée.

Quelque « 183 pays » sur les 193 des Nations unies « ont reconnu » l’Etat de Palestine, a rappelé Abbas. « J’appelle tous les pays du monde, et ceux qui ne l’ont pas fait, à effectuer cette reconnaissance ».

Le président de l’AP a aussi annoncé que « l’Etat de Palestine avait été élu pour présider en 2019 le Groupe des 77 et la Chine » à l’ONU, s’attirant des applaudissements de la salle.

A l’origine créée pour favoriser les intérêts économiques de ses membres, cette coalition d’Etats en développement, qui garde le nom de Groupe des 77 en dépit des 134 pays qu’elle réunit aujourd’hui, est devenue une force de négociation au sein de l’ONU.

En conclusion de sa déclaration à l’Assemblée générale des Nations unies, Abbas a rejeté les critiques formulées à l’encontre de l’Autorité palestinienne qui verse des salaires mensuels aux terroristes, déclarant qu’Israël applique un double standard aux Palestiniens et aux Israéliens.

« Pourquoi rend-on hommage à l’homme qui a tué Rabin alors que l’on rejette nos martyrs ? », a-t-il déclaré, en référence à Yigal Amir, qui a été presque unanimement critiqué par la grande majorité des Israéliens de l’ensemble du spectre politique.

« Je veux rendre hommage à nos héros martyrs et à nos prisonniers de guerre », a-t-il conclu sous les applaudissements de l’auditoire des Nations unies.

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