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Onze inhumations d’officiers et de soldats de Tsahal dans tout un pays en deuil

Les militaires ayant trouvé la mort dans des incidents distincts à Gaza ont été inhumés lors de cérémonies qui ont eu lieu sur tout le territoire ; le village druze de Beit Jann a reporté la fête de l'Aïd al-Adha pour pleurer l'un de ses fils

Les soldats transportent le cercueil du capitaine Wassem Mahmoud pendant ses funérailles dans le village de Beit Jann, dans le nord d'Israël, le 16 juin 2024. (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)
Les soldats transportent le cercueil du capitaine Wassem Mahmoud pendant ses funérailles dans le village de Beit Jann, dans le nord d'Israël, le 16 juin 2024. (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)

Ce sont onze cérémonies de funérailles qui se sont déroulées, dimanche, suite à la mort de soldats tombés ce week-end à l’occasion de trois incidents distincts, des incidents survenus dans le cadre des combats qui déchirent la bande de Gaza.

La majorité des défunts qui ont été enterrés dimanche ont perdu la vie dans une explosion meurtrière qui a eu lieu samedi matin à Rafah, une ville du sud de Gaza – l’incident le plus meurtrier à avoir été enregistré dans les rangs de l’armée depuis le mois de janvier dernier. Ces troupes appartenaient au 601e Bataillon du Corps du Génie de combat. Sept cérémonies marquées par la tristesse et par le recueillement se sont tenues dimanche et huit se dérouleront lundi.

A ce bilan terrible est venue s’ajouter la mort de deux réservistes qui ont été tués samedi au sein de l’enclave côtière, et celle d’un militaire qui a finalement succombé à ses blessures cinq jours après avoir été touché, au début de la semaine dernière. Par ailleurs, un soldat est tombé au champ d’honneur à Rafah dans la journée de dimanche.

Le capitaine Wassem Mahmoud, 23 ans, qui était commandant-adjoint au sein de Tsahal, a été inhumé dans son village de Beit Jann – Beit Jann où la fête de l’Aïd al-Adha a été reportée pour que ses habitants puissent rendre hommage au jeune homme disparu trop tôt.

« C’est une journée tragique pour la population d’Israël, pour l’État d’Israël ; c’est une grande perte », a commenté Sharif, son oncle, dimanche. « Wassem devait partir étudier ; cela avait été la dernière conversation que j’avais eue avec lui. Il avait été choisi comme représentant de son Bataillon pour partir étudier ».

Sheikh Muakfak Tarif, un guide spirituel druze, a prononcé l’éloge funèbre du jeune soldat – un jeune homme dévoué qui avait combattu sans relâche pour son pays depuis le début de la guerre et depuis le massacre commis par le groupe terroriste du Hamas, le 7 octobre, dans le sud d’Israël.

La famille et les amis du capitaine Wassem Mahmoud, mort sur le front dans le sud de Gaza, lors de ses funérailles dans le village de Beit Jann, le 16 juin 2024. (Crédit : David Cohen/Flash90)

« Wassem a dirigé ses soldats du Corps du génie de combat dès le début de la guerre, il n’a pas abandonné et il a gardé la tête haute, il n’a pas abandonné et il a continué à se battre même lorsqu’il a été blessé », a commenté le chef spirituel.

Mahmoud avait été blessé alors qu’il se battait contre les terroristes du Hamas, le 7 octobre – mais il était retourné sur le front sans dire à sa famille qu’il avait été hospitalisé. Il avait choisi « de rester sur le front, parce qu’il avait la foi et qu’il croyait dans les objectifs poursuivis par la guerre, dans la nécessité de protéger la frontière sud et dans la nécessité d’empêcher de nouveaux carnages terribles à l’image de ceux qui étaient survenus dans les communautés frontalières de Gaza, le 7 octobre », a dit Tarif.

Il a ajouté que la communauté druze « assume sa part s’agissant de porter le fardeau du service et toutes les responsabilités qui en incombent – et notamment une part indéniable de souffrance ».

Le sergent Eliyahu Moshe Zimbalist, qui a également perdu la vie dans l’explosion survenue samedi à Rafah, a été enterré au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem.

Zimbalist, 21 ans, était arrivé en Israël avec sa famille, qui vivait jusqu’alors aux États-Unis, lorsqu’il était encore petit garçon, en 2005, et il avait grandi à Beit Shemesh. Les membres de la communauté sont descendus dans les rues pour lui rendre hommage lors de ses funérailles, brandissant les couleurs israéliennes, soucieux d’apporter leur soutien aux proches du jeune homme qui se rendaient au cimetière, à Jérusalem.

« Eliyahu Moshe, ce héros… C’était toi qui devais prendre la parole lors de mon enterrement, ce n’était pas moi qui devais prendre la parole au tien », a dit son père Simmy, s’exprimant en anglais, à côté de sa tombe. « C’est toi qui devais dire le kaddish [la prière juive des morts] en mon nom, pas le contraire. Aujourd’hui, c’est l’une des journées les plus difficiles que moi et ma famille avons été amenés à vivre. Aucun mot ne peut traduire nos sentiments ».

La famille et les amis du sergent Eliyahu Moshe Zimbalist, mort sur le front dans le sud de Gaza, lors de ses funérailles au cimetière du mont Herzl à Jérusalem, le 16 juin 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon des informations préliminaires qui ont été rendues publiques par l’armée, les troupes ont été tuées alors qu’elles se trouvaient à l’intérieur d’un véhicule blindé chenillé de type Namer (CEV). Il n’y a pas eu de survivant. Les soldats étaient intégrés dans un convoi qui rejoignait des bâtiments capturés par Tsahal, pour que les forces qui venaient de participer à une opération nocturne puissent prendre un peu de repos. Leur véhicule était le 5e ou le 6e du convoi et il avait été frappé par un explosif sur la route.

Il est encore difficile de dire, au vu de l’enquête préliminaire, si la bombe se trouvait sur le chemin ou si ce sont des hommes du Hamas ont pris l’initiative de s’approcher et de placer l’explosif sur le véhicule.

Pour sa part, le sergent-chef Stanislav Kostarev, 21 ans, qui appartenait lui aussi au 601e Bataillon, a été enterré à Ashdod, dimanche.

Le principal de l’école Eva Tevet, où Kostarev avait fait ses études, s’est souvenu d’un jeune « discret et introverti, toujours respectueux de l’Humanité, un jeune garçon plaisant et qui avait bon cœur », a fait savoir le site d’information Ynet.

La famille et les amis du sergent Itay Amar, mort sur le front dans le sud de Gaza, lors de ses funérailles au cimetière militaire du Kochav Yair, le 16 juin 2024. (Crédit :Oren Ben Hakoon/Flash90)

Lui aussi décédé dans l’explosion de Rafah, le sergent Itay Amar, 19 ans, a été enterré au Kochav Yair, dimanche.

« Itay était un jeune garçon qui donnait le sourire à tout le monde », a confié Ohad, l’un de ses amis proches, au site d’information Walla. « C’était impossible d’être triste avec lui. Il s’accrochait à vous et il ne vous laissait pas partir avant de vous avoir fait sourire. Il avait une personnalité stellaire. »

Une vidéo d’Amar qui a circulé dimanche sur les réseaux sociaux l’a montré en train de danser dans une maison de retraite avec Liri Albag – une jeune femme qui a été kidnappée, le 7 octobre, sur sa base militaire et qui est encore retenue en captivité à Gaza.

« Itay nous avait dit que l’une de ses amies, Liri Albag, avait été enlevée et que c’était difficile pour lui. Il a eu l’honneur de mourir pour défendre le peuple d’Israël », a commenté son frère, Ofir, devant les caméras de la chaîne publique Kan.

Le sergent-chef Oz Yeshaya Gruber, 20 ans, qui était originaire de Tal Menashe, a été inhumé à Shaked, une implantation située au nord de la Cisjordanie, dimanche. Il laisse derrière lui ses parents et cinq frères et sœurs.

Yuval Butzer, le président de Tal Menashe, a évoqué Gruber, « un héros sur le champ de bataille qui conservait toujours le sourire, qui dégageait toujours une énergie positive. Il était toujours heureux de tendre la main aux autres ».

Les huit soldats tués dans une explosion dans le sud de Gaza, à Rafah, le 15 juin 2024 : de gauche à droite, en haut : le sergent Eliyahu Moshe Zimbalist, le sergent Itay Amar, le sergent-chef Stanislav Kostarev, le sergent Shalom Menachem; En bas : le sergent-chef Or Blumovitz, le sergent-chef Oz Yeshaya Gruber, le capitaine Wassem Mahmoud, le sergent Yakir Yaakov Levi

Les funérailles du sergent-chef Or Blumovitz, 20 ans, ont eu lieu dimanche à Pardes Hanna-Karkur. Ses frères et sœurs se sont souvenus qu’il était « un rat de bibliothèque » qui avait lu plus d’un millier d’ouvrages sur l’Histoire d’Israël, selon le site d’information Ynet.

« Mon frère tombé au combat était un grand spécialiste de l’Histoire, une sorte de ‘rat de bibliothèque’. Il était un héros et je n’arrive pas à réaliser qu’il ne reviendra plus à la maison », aurait déclaré son jeune frère, Tal.

Le sergent Yakir Yaakov Levi, 21 ans, qui habitait Hafetz Haim, a été enterré au cimetière du mont Herzl, à Jérusalem. Il laisse derrière lui ses parents et quatre frères et sœurs.

Le rabbin Zachariah Rabinovitch, l’un des professeurs de Levi dans le cadre du programme hesder – un programme qui permet aux soldats religieux de faire un service militaire plus court en le combinant à l’étude de la Torah – lui a rendu hommage en disant qu’il était « une personnalité très lumineuse, sociable et agréable. Yakir était très brillant, il était d’une netteté remarquable. La dernière fois qu’il était venu à la yeshiva, Yakir s’était assis à mes côtés pour étudier, une lumière dans les yeux… Il était très déterminé à l’emporter et à ignorer l’obscurité, à garder la tête haute et à donner tout ce qu’il avait en lui. »

Le huitième militaire à avoir trouvé la mort lors de l’explosion, le sergent Shalom Menachem, 21 ans, qui était originaire de Beit El, devait être enterré à Jérusalem dimanche, en fin de soirée. Il avait servi dans le cadre du programme hesder en compagnie de Levi et de Zimbalist. Il laisse derrière lui ses parents et sept frères et sœurs.

« Ce chagrin est insupportable. Il est tombé en héros pour nous permettre d’exister. Toutes nos pensées accompagnent la famille plongée dans ce deuil tragique », a commenté le chef du Conseil de Beit El, Shay Alon, en rendant hommage au soldat mort au champ d’honneur.

Eitan Koplovich, capitaine réserviste, et Elon Weiss, adjudant qui servait, lui aussi, dans la réserve -et qui tous deux appartenaient au 129e Bataillon de la Brigades des Blindés – ont aussi été tués ce week-end par un explosif alors que leur char circulait dans le nord de la bande de Gaza. Un incident qui a fait également deux blessés graves.

Les funérailles de Koplovich, 28 ans, ont eu lieu dimanche à Hoshaya, dans le nord d’Israël. Il laisse derrière lui son épouse et un tout petit enfant.

« Eitan était capitaine dans la Brigade des Blindés de la réserve et il commandait les troupes dans le cadre de l’opération qui lui a coûté la vie », a commenté Golan, son oncle, des propos qui ont été rapportés par le journal Maariv. « Il était entré à Gaza il y a environ dix jours – après quatre mois de combats dans le nord du pays depuis le début de la guerre ».

« Il est entré à Gaza à la dernière minute et il n’a donc pas eu le temps de nous dire beaucoup de choses sur ce qu’il vivait là-bas. Il avait été diplômé, avec les honneurs, à l’Université Hébraïque et il était sur le point de commencer des entretiens pour faire des stages », a-t-il continué.

Weiss, 49 ans, a lui aussi été inhumé dimanche au cimetière du mont Herzl de Jérusalem. Il laisse derrière lui sept enfants et une petite-fille.

La famille et les amis d’Elon Weiss, adjudant dans la réserve, mort sur le front dans le sud de Gaza, lors de ses funérailles au cimetière du mont Herzl de Jérusalem, le 16 juin 2024. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Son commandant, le lieutenant-colonel Ariel Ben Baruch, s’est souvenu « d’un soldat vétéran dévoué… un éducateur à la fois pendant les opérations de routine et dans les moments d’urgence. Tu faisais toujours preuve d’une grande patience dans tes actes ».

« Merci pour ta bravoure. Je te salue à l’occasion de ce dernier voyage », a-t-il ajouté.

Le frère de Weiss, Asaf, a fait son éloge funèbre lors de son enterrement à Jérusalem : « Mon frère, ce héros. Mon frère, Elon, tu aurais eu 50 ans dans quatre mois, avec tes sept adorables enfants et ton adorable petite-fille. Tu n’avais pas hésité à te présenter pour ton devoir de réserve ».

Le capitaine de réserve Eitan Koplovich, à gauche, et l’adjudant réserviste Elon Weiss, morts dans la bande de Gaza, le 15 juin 2024. (Autorisation)

Le sergent Yair Roitman, qui avait été grièvement blessé, la semaine dernière, dans la bande de Gaza, a finalement succombé dimanche à ses blessures. Il a été inhumé dimanche à Karnei Shomron.

Roitman, 19 ans, qui appartenait à l’unité de reconnaissance de la Brigade Givati, avait été blessé dans une explosion survenue dans un bâtiment piégé, le 10 juin. Quatre soldats avaient trouvé la mort lors de cet incident et six avaient été blessés, dont quatre grièvement.

Des personnes venues à l’enterrement du capitaine Wassem Mahmoud, membre de la communauté druze tombé samedi sur le front à Rafah, dans la bande de Gaza, portent des tee-shirts à son effigie lors de ses funérailles à Beit Jann, le 16 juin 2024. (Crédit :Menahem Kahana/AFP)

Lors de ses funérailles, sa mère Ricki a évoqué « un fils parfait… mais j’ai toujours eu le sentiment que tu étais trop grand pour ce monde. Tu étais un enfant qui n’abandonnait jamais, qui faisait ce qu’il voulait et tu entraînais les autres à la poursuite de tes rêves… Tu étais plus grand que la vie ».

Le sergent-chef Tzur Abraham, 22 ans, qui appartenait à l’unité de reconnaissance de la Brigade Nahal et qui vivait à Modiin, a été tué dimanche à Rafah – et il devait être enterré dans sa ville d’origine dimanche dans la soirée.

Ses parents, Shamir et Yifat, ont déclaré que « la lumière dans ses yeux, la bonté de son âme et sa joie de vivre nous accompagneront pour l’éternité. »

C’est un total de 311 soldats qui ont perdu la vie au cours de l’offensive terrestre menée contre le Hamas et dans le contexte des opérations à la frontière avec la bande. Un bilan humain qui comprend un policier qui est mort lors d’un raid de sauvetage d’otages qui s’est déroulé dans le camp de réfugiés de Nuseirat et qui a permis de rapatrier en Israël quatre captifs. Un entrepreneur civil qui travaillait pour le ministère de la Défense a aussi perdu la vie au sein de l’enclave côtière.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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