Options binaires : Liora Welles serait condamnée à 14 mois de prison aux US
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Options binaires : Liora Welles serait condamnée à 14 mois de prison aux US

Le procureur du département d'Etat à la Justice aurait dit au juge que l'enquête continue et que les fraudes dirigées depuis Israël perdurent sous de nouveaux noms

Simona Weinglass est journaliste d'investigation au Times of Israël

Liora Welles sur une photo téléchargée sur Facebook, au mois de décembre 2015 (Capture d'écran : Facebook)
Liora Welles sur une photo téléchargée sur Facebook, au mois de décembre 2015 (Capture d'écran : Facebook)

Une Israélo-Américaine ayant travaillé dans les options binaires, Liora Welles, aurait écopé d’une peine de 14 mois de prison dans la journée de vendredi pour sa participation à un plan frauduleux d’un montant de 145 millions de dollars qui avait été mis au point par Yukom Communications, une entreprise située en Israël, et d’autres firmes associées.

La cour fédérale des Etats-Unis n’a pas encore diffusé publiquement la condamnation mais Anne Gullen, journaliste pour le site Law360.com ayant assisté à l’audience du 20 septembre, a fait savoir que Welles avait éclaté en sanglots à la lecture du verdict, probablement parce qu’elle s’était attendue à une plus grande clémence de la part des magistrats.

Le juge de district américain Theodore D. Chuang aurait reconnu la jeunesse de Welles – elle avait alors 23 ans – lors de son entrée dans l’industrie des options binaires. Il aurait également reconnu qu’elle était venue en aide aux procureurs en témoignant contre son ancienne patronne, Lee Elbaz. Il a toutefois noté que l’escroquerie « a littéralement volé toutes leurs économies à des citoyens âgés » et que Welles avait été l’une des meilleures commerciales de la compagnie, allant au-delà de son travail en composant des scripts de vente qu’elle avait mis à la disposition des autres employés.

Welles avait personnellement volé 2,2 millions de dollars à ses investisseurs et elle devra s’acquitter du remboursement de cette somme, a également annoncé Law360.com.

Selon l’article, les procureurs ont déclaré au juge au cours de l’audience que leur enquête sur l’industrie des options binaires suivait encore son cours. Le procureur du département d’Etat américain de la Justice, Rush Atkinson, aurait clamé que la fraude avait changé de nom mais qu’elle continuait en Israël comme dans le monde entier. Atkinson aurait ajouté ne pas se sentir « à l’aise » à l’idée de détailler ses propos.

Sur cette photo du 16 juillet 2019, Lee Elbaz arrive à la cour fédérale pour la sélection du jury dans son procès à Greenbelt, Maryland. (AP Photo/Jose Luis Magana, File)

Welles avait plaidé coupable pour conspiration en vue de commettre une fraude électronique dans le cadre de l’accord judiciaire dans lequel elle avait convenu de coopérer avec les procureurs américains.

Le 22 et le 23 juillet, Welles avait témoigné au nom du procureur contre la directrice-générale de Yukom Communications, Lee Elbaz. Welles et Elbaz sont deux parmi quinze cadres travaillant dans le secteur des options binaires inculpés aux Etats-Unis en lien avec les sites présumés frauduleux BigOption.com et BinaryBook.com.

Cinq ont plaidé coupable tandis qu’Elbaz a été reconnue coupable par un jury du Maryland le 6 août. Neuf autres personnes ont été inculpées au mois de février. Les noms de six accusés sont encore placés sous scellés.

Lissa Mel candidate à une émission de télé-réalité en Israël en 2008

Welles est la deuxième des quinze personnes à être condamnée. Lissa Mel, elle aussi impliquée dans l’affaire à ses côtés, avait écopé pour sa part d’une peine d’un an d’emprisonnement.

Yair Hadar devrait connaître son sort lundi et Austin Smith et Shira Uzan devraient prendre connaissance de leur peine au mois d’octobre.

Au début du mois, c’est un ressortissant franco-israélien qui a été appréhendé en Hongrie en lien avec le dossier Yukom. Il est actuellement dans l’attente de son extradition aux Etats-Unis, selon l’AFP. Son nom n’a pas été rendu public.

Les fraudes aux options binaires ont prospéré en Israël pendant environ une décennie avant que toute l’industrie ne soit interdite par la législation de la Knesset en octobre 2017,. Au plus fort de cette vague économique, des centaines d’entreprises israéliennes étaient impliquées dans cette industrie largement frauduleuse, employant des milliers d’Israéliens, qui auraient fait des milliards de victimes dans le monde entier.

De nombreux cadres du secteur continuent à opérer depuis Israël et à l’étranger, certains offrant des investissements frauduleux dans le Forex, dans les crypto-devises et autres produits financiers à la place des options binaires.

C’est un grand nombre d’agents frauduleux qui se sont enrichis au détriment des victimes, dans le monde entier. Leurs actes n’ont pas été punis et leur statut, au sein de la société, ne semble guère avoir été ébranlé.

Les forces de l’ordre israéliennes se sont montrées incapables – ou non-désireuses – de s’attaquer au problème des fraudes sur internet dans le pays, en dépit du fait que, depuis plusieurs années, ces dernières se font à l’échelle industrielle.

La députée Karine Elharar préside une rencontre de la commission de contrôle de l’Etat consacrée aux options binaires à la Knesset, le 2 janvier 2017 (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)

La première parlementaire à passer à l’action contre l’industrie des options binaires en Israël avait été Karine Elharar, qui appartenait au parti d’opposition Yesh Atid avant d’intégrer Kakhol lavan.

Au mois de janvier 2017, elle avait convoqué la commission de contrôle de l’Etat pour s’attaquer à cette fraude largement répandue.

La législation qui avait finalement émergé du processus qu’elle avait initié avait été ensuite édulcorée, après avoir quitté la commission, par rapport au projet de loi initial qui aurait interdit aux sites de trading israéliens d’opérer dans les pays où ils n’auraient pas obtenu de permis préalable.

Kakhol lavan a émergé comme étant le parti le plus important au cours des élections nationales qui ont eu lieu mardi, devançant de peu la formation du Likud, qui domine la politique israélienne depuis une décennie.

Kakhol lavan a fait campagne sur la préservation de la démocratie israélienne, le maintien de l’Etat de droit et la lutte contre la corruption.

Un article récent publié dans Finance Magnates, publication consacrée au commerce pour l’industrie de trading en ligne, qui est lue par de nombreux cadres des options binaires et des crypto-devises, a clamé qu’en raison des poursuites intentées par le département américain de la Justice, de nombreux employés des options binaires craignaient de se rendre aux Etats-Unis ou même de partir à l’étranger.

« Le cas d’Elbaz a choqué tout le monde », aurait dit une source citée par Finance Magnates. Elle aurait ajouté que « beaucoup de gens annulent leurs déplacements hors des frontières d’Israël et en particulier aux Etats-Unis ».

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