Pandémie : La majorité des démolitions de maisons palestiniennes seront arrêtées
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Pandémie : La majorité des démolitions de maisons palestiniennes seront arrêtées

Une instance du ministère de la Défense a dit qu'elle ne démolira pas les structures habitées, sauf pour des raisons de sécurité ou de sûreté publique

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Les forces israéliennes de sécurité démolissent un bâtiment près de Beit Jala, en Cisjordanie, le 26 août 2019 (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)
Les forces israéliennes de sécurité démolissent un bâtiment près de Beit Jala, en Cisjordanie, le 26 août 2019 (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

Les autorités israéliennes ont convenu, mardi, de mettre un terme à presque toutes les démolitions de structures palestiniennes illégales en Cisjordanie tant que durera la pandémie de coronavirus.

Cette décision a été relayée par l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI) qui avait interpellé l’Administration civile, instance responsable de l’exécution des démolitions au sein du ministère de la Défense. L’ACRI avait qualifié la pratique « d’inhumaine », particulièrement dans un contexte de crise sanitaire publique majeure.

L’ACRI avait fait savoir que plusieurs démolitions et saisies de matériels avaient eu lieu, à la fin du mois dernier, dans la vallée du Jourdain – et notamment la confiscation d’une tente qui, selon les Palestiniens, allait être utilisée comme clinique de terrain. Le groupe de défense des droits de l’Homme BTselem avait également indiqué que les démolitions avaient continué, depuis le début du mois d’avril, dans deux villages bédouins.

« Il n’y a aucune justification à la confiscation de cliniques et de matériels médicaux en ce moment et il n’y a certainement pas de justification à la saisie de ce qui aurait pu être transformé en clinique dans une communauté privée de ressources médicales alors que le monde entier fait face à une pandémie dont l’ampleur reste inconnue », avait écrit l’avocat de l’ACRI, Roni Pelli.

Cette photo prise le 22 juillet 2019 montre des bâtiments démolis par Israël dans la zone de Sur Baher à Jérusalem-Est. (HAZEM BADER / AFP)

Dans un courrier en réponse à Pelli, mardi, l’agent des enquêtes publiques de l’Administration civile, Bar Yehuda, a écrit « qu’en règle générale, les actions de démolition se concentreront en ce moment sur les nouvelles constructions illégales, et en particulier celles qui ont été menées en profitant de la situation d’urgence ».

« La règle sera qu’aucune ordonnance de démolition finale issue pour des bâtiments habités ne sera exécutée en ce moment et des initiatives seront prises pour réduire les frictions avec la population palestinienne », a-t-il ajouté dans sa missive.

Il a noté que des exceptions seraient faites pour les structures promises à la destruction pour des raisons de sécurité ou de sûreté publique.

De plus, des prolongations seront accordées pour les ordonnances d’arrêt des travaux – un décret qui précède souvent une ordonnance de démolition finale.

Dans un communiqué, Pelli a salué cette décision tout en critiquant les démolitions récentes d’un réservoir d’eau et d’une ligne d’électricité – des destructions que l’agent de l’Administration civile a reconnu dans son courrier.

« La démolition des structures essentielles d’approvisionnement en eau et en électricité sont des actions qui peuvent potentiellement mettre en jeu des vies pendant cette crise, la directive la plus significative pour prévenir la propagation du virus après la distanciation sociale étant le maintien de l’hygiène », a estimé Pelli.

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