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Paris : Inauguration de l’allée Hanna Kamieniecki, en hommage à la résistante juive

Hanna Kamieniecki, grande résistante juive et communiste, est décédée il y a deux ans à l’âge de 95 ans

La cérémonie d’inauguration de la nouvelle « Allée Hanna Kamieniecki », à Paris, le 30 juin 2022. (Crédit : François Vauglin / Twitter)
La cérémonie d’inauguration de la nouvelle « Allée Hanna Kamieniecki », à Paris, le 30 juin 2022. (Crédit : François Vauglin / Twitter)

Le 30 juin dernier, au niveau du 123 boulevard de Ménilmontant dans le 11e arrondissement de Paris, la nouvelle « Allée Hanna Kamieniecki » a été inaugurée.

Celle-ci vient rendre hommage à cette résistante juive et communiste, décédée en 2020 à l’âge de 95 ans.

La cérémonie a été organisée sous les auspices de Laurence Patrice, adjointe à la maire de Paris en charge de la mémoire et du monde combattant, du maire du 11e arrondissement François Vauglin et en présence notamment de Patrick Bloche, adjoint à la maire de Paris, du président du Consistoire de France, Élie Korchia, ainsi que de membres de la famille.

Originaire du 11e arrondissement et devenue figure de la Résistance juive, Hanna Kamieniecki avait tout juste 19 ans lorsqu’elle s’est engagée comme agent de liaison du réseau de résistance FTP-MOI pour libérer la France du joug nazi et participer à la Libération de Paris.

Parmi les actions qu’elle a menées, elle a transmis des documents et des lettres, transporté des armes et trouvé des fonds auprès de notables afin d’aider à financer son réseau.

En 2014, à l’occasion des 70 ans de la Libération de Paris, elle expliquait à France Info avoir « échappé à la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1942, grâce à un camarade de classe dont le père policier lui avait demandé de prévenir ses copains juifs de ne pas rentrer chez eux ». « Le lendemain, la porte était sous scellés et la gardienne m’a menacée d’appeler la police. Il y avait de la haine dans son regard », dira-t-elle.

La même année, elle était contrainte de quitter l’appartement qu’elle occupait avec sa mère, dans le 20e arrondissement, après l’arrestation de son père survenue en juin 1942.

Elle explique avoir rejoint la résistance car elle « souhaitait se rendre utile », mais indique qu’elle « ne voulait pas tuer ».

Sa mission, effectuée sous l’alias « Sylvie Laisne », a consisté à récolter de l’argent, transmettre des lettres et des journaux clandestins ou encore acheminer des armes pour des attentats, cachées notamment dans des « cartons à musique où l’on roulait les partitions pour les transporter », puis dans son soutien-gorge après un contrôle d’identité.

« On m’a demandé de récolter de l’argent auprès des Juifs français détenteurs d’un ‘Ausweis’, une carte de légitimation qui leur permettait encore d’avoir leur propre appartement et de circuler. L’argent était redistribué à la communauté et nous permettait de nous aider financièrement », disait-elle à France Info.

Sylvie Laisne était « le nom de [sa] cousine qui avait épousé un non-Juif », précisait-elle.

De la Libération, elle expliquait en « garder un bon souvenir. Les flics étaient avec nous à ce moment. Il y avait une bonne ambiance… Ça me rappelait les romans de Victor Hugo… »

Après la guerre, elle est devenue spécialiste de la psychosomatique – les troubles physiques causés par des facteurs psychiques –, et a publié plusieurs livres et articles.

Elle a également œuvré pour le devoir de mémoire, prenant part à l’apposition des plaques en mémoire des enfants juifs déportés dans la capitale. Elle avait également fondé l’association pour la mémoire des enfants juifs du 11e arrondissement.

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