Décès de Hanna Kamieniecki, résistante juive et communiste de Paris
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Décès de Hanna Kamieniecki, résistante juive et communiste de Paris

Agent de liaison des FTP-MOI durant la guerre, elle était plus tard devenue spécialiste de la psychosomatique ; elle est décédée à l'âge de 95 ans

Hanna Kamieniecki, résistante juive et communiste de Paris. (Crédit : Ville de Paris / YouTube)
Hanna Kamieniecki, résistante juive et communiste de Paris. (Crédit : Ville de Paris / YouTube)

Hanna Kamieniecki, résistante juive d’origine polonaise et communiste parisienne, est décédée vendredi à l’âge de 95 ans, a rapporté le site actu.fr.

Vivant dans le 11e arrondissement de Paris, elle avait 19 ans à la Libération de la ville. Elle était, durant la guerre, agent de liaison des Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI).

En 2014, à l’occasion des 70 ans de la Libération de Paris, elle expliquait à France Info avoir « échappé à la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1942, grâce à un camarade de classe dont le père policier lui avait demandé de prévenir ses copains juifs de ne pas rentrer chez eux. Le lendemain, la porte était sous scellés et la gardienne m’a menacée d’appeler la police. Il y avait de la haine dans son regard ».

La même année, elle était contrainte de quitter l’appartement qu’elle occupait avec sa mère, dans le 20e arrondissement, après l’arrestation de son père survenue en juin 1942.

Elle explique avoir rejoint la résistance car elle « souhaitait se rendre utile », mais indique qu’elle « ne voulait pas tuer ».

Sa mission, effectuée sous l’alias « Sylvie Laisne », a consisté à récolter de l’argent, transmettre des lettres et des journaux clandestins ou encore acheminer des armes pour des attentats, cachées notamment dans des « cartons à musique où l’on roulait les partitions pour les transporter », puis dans son soutien-gorge après un contrôle d’identité.

« On m’a demandé de récolter de l’argent auprès des Juifs français détenteurs d’un ‘Ausweis’, une carte de légitimation qui leur permettait encore d’avoir leur propre appartement et de circuler. L’argent était redistribué à la communauté et nous permettait de nous aider financièrement », disait-elle à France Info.

Sylvie Laisne était « le nom de [sa] cousine qui avait épousé un non-Juif », précisait-elle.

De la Libération, elle expliquait en « garder un bon souvenir. Les flics étaient avec nous à ce moment. Il y avait une bonne ambiance… Ça me rappelait les romans de Victor Hugo… »

Après la guerre, elle est devenue spécialiste de la psychosomatique – les troubles physiques causés par des facteurs psychiques –, et a publié plusieurs livres et articles.

Elle a également œuvré pour le devoir de mémoire, ce que Patrick Bloche, maire-adjoint de Paris, a souligné sur Twitter. Le responsable a ainsi salué une « femme remarquable », qui a pris « une part décisive dans l’apposition des plaques en mémoire des enfants juifs déportés dans les établissements scolaires du 11e arrondissement de Paris ».

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