Pas de « geste unilatéral » américain dans les négociations nucléaires avec l’Iran
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Pas de « geste unilatéral » américain dans les négociations nucléaires avec l’Iran

Le département d'État fait savoir que l'administration Biden veut "le respect contre le respect" et "rallonger et renforcer" le pacte nucléaire signé en 2015

Le porte-parole du département d'État américain Ned Price s'exprime pendant un point-presse au département d'État de Washington, le 25 février 2021. (Crédit : Nicholas Kamm/Pool via AP)
Le porte-parole du département d'État américain Ned Price s'exprime pendant un point-presse au département d'État de Washington, le 25 février 2021. (Crédit : Nicholas Kamm/Pool via AP)

L’administration Biden a répété jeudi qu’elle n’accorderait aucune faveur unilatérale à l’Iran dans le but de relancer les pourparlers concernant la réintégration des États-Unis dans l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 qui limite le programme nucléaire de la République islamique.

« Nous n’offrirons aucun geste unilatéral ni aucune incitation visant à faire venir les Iraniens à la table. Si les Iraniens ont l’impression qu’en l’absence de tout mouvement de leur part pour se conformer pleinement au JCPOA, nous offrirons des faveurs ou des gestes unilatéraux, eh bien, c’est une mauvaise impression », a déclaré le porte-parole du département d’État Ned Price aux journalistes, se référant à l’accord par les initiales de son nom officiel – le Joint Comprehensive Plan of Action.

Il a ajouté « qu’en fin de compte, nous voulons en arriver à cette idée : respect contre respect ».

Price a aussi affirmé que la remise en conformité de la conduite de l’Iran vis-à-vis du pacte était « nécessaire mais insuffisante » pour prendre en compte les inquiétudes qui planent sur le programme nucléaire de la République islamique et ses autres activités régionales.

« Insuffisante, parce que nous allons chercher à rallonger et à renforcer les conditions de l’accord, l’utiliser comme plateforme… pour nous attaquer aussi à d’autres problématiques qui nous préoccupent profondément concernant le comportement de l’Iran dans la région », a noté Price.

Ses propos ont été tenus après que le New York Times a fait savoir que des discussions informelles entre les États-Unis et l’Iran consacrées à la réintégration des États-Unis dans l’accord sur le nucléaire pourraient commencer dans les prochaines semaines.

Le président iranien Hassan Rouhani visite la centrale nucléaire de Bushehr, aux abords de Bushehr, en Iran, le 13 janvier 2015. (Crédit : AP Photo/Bureau de la présidence iranienne, Mohammad Berno, File)

Lorsque ces entretiens non-officiels commenceront, les États-Unis et l’Iran pourraient accepter de prendre des initiatives simultanées marquant leur retour dans l’accord et leur mise en conformité avec ce dernier, a expliqué le journal, citant des diplomates américains et européens qui n’ont pas été identifiés.

Le président américain Joe Biden et son administration ont déclaré de manière répétée qu’ils reviendraient dans le JCPOA si Téhéran se conformait au préalable à leurs conditions. L’Iran, de son côté, a insisté sur la nécessité, pour les États-Unis, de supprimer leurs sanctions avant de revenir aux termes du pacte, plaçant les deux parties dans l’impasse.

L’ex-président américain Donald Trump s’était retiré de l’accord en 2018 et avait imposé dans la foulée de dures sanctions contre l’Iran.

Depuis que les États-Unis ont quitté l’accord sous Trump, l’Iran a cessé de respecter les limitations précisées dans le pacte sur ses réserves d’uranium et a commencé à enrichir ce dernier jusqu’à 20 % – à un pas technique de distance du niveau nécessaire pour fabriquer une arme nucléaire.

Les responsables israéliens, avec parmi eux le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont d’ores et déjà commencé à exprimer leur opposition au désir de l’administration Biden de réintégrer le pacte, plaçant Jérusalem et Washington en désaccord sur cette question. Certains éminents responsables israéliens ont, ces derniers mois, brandi la menace de l’action militaire pour mettre un terme au programme nucléaire de l’Iran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, rencontre Joe Biden, alors vice-président américain, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 9 mars 2016. (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)

Ces derniers mois, l’Iran a pris des initiatives répétées visant à violer l’accord et à mettre la pression sur les États-Unis, notamment en enrichissant de l’uranium et en interdisant les inspections des Nations unies dans ses structures nucléaires.

De plus, l’Iran a blâmé Israël concernant l’assassinat de son scientifique nucléaire en chef, Mohsen Fakhrizadeh, et menacé de représailles.

L’État juif a attribué à l’Iran la responsabilité d’une explosion survenue sur un cargo israélien qui naviguait dans le Golfe persique, le mois dernier.

Jeudi, les responsables israéliens et américains se sont réunis pour la première fois dans le cadre d’un groupe stratégique bilatéral dont l’objectif est une collaboration visant à empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire.

Suite à la réunion de jeudi, la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki a souligné qu’Israël aurait des informations régulières concernant « l’évolution de cette voie diplomatique ».

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