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Pas de visa d’entrée en Israël pour un groupe de chrétiens

Un groupe de chrétiens du Moyen Orient s’est vu interdit d'entrée par les autorités

Mitch Ginsburg est le correspondant des questions militaires du Times of Israel

L'aéroport Ben Gourion (Crédit photo : Flash90)
L'aéroport Ben Gourion (Crédit photo : Flash90)

Peu de temps avant d’accueillir le pape François dimanche, le ministère de l’Intérieur israélien a interdit à plusieurs dizaines de chrétiens du Moyen Orient l’organisation d’une conférence à Jérusalem, refusant des visas à la moitié des 40 candidats et refoulant finalement six ressortissants britanniques d’origine iranienne, ont affirmé les organisateurs.

Le « Carrefour 2014 », dirigé par le vicaire David Pileggi, à la tête de l’Église du Christ de Jérusalem, la plus ancienne église protestante du Moyen Orient [une église avec des idées « sionistes » qui précèdent Theodor Herzl] devait accueillir 100 chrétiens d’Egypte, de Jordanie et d’Irak (ainsi que plusieurs réfugiés arméniens et iraniens).

Le « Vicaire de Bagdad », Andrew White, était l’invité d’honneur de cet événement.

Les participants, dont deux parlementaires kurdes qui avaient été autorisés à se rendre en Israël par le président kurde irakien Jalal Talabani, un avocat copte et plusieurs dirigeants de l’église, devaient prendre part à une conférence qui avait pour but d’« encourager la présence chrétienne dans les terres d’Islam » et à « faire en sorte que ces chrétiens puissent sortir de leurs ghettos », a confié  Pileggi au Times of Israel dans un entretien.

David Pileggi, un chrétien sioniste qui connait chacun des participants personnellement [la même conférence a eu lieu en 2012], a déposé une requête le 23 mars pour obtenir 40 visas d’entrée.

Mais pendant des semaines, malgré des pressions constantes, aucune des demandes n’a été traitée, ont affirmé les militants.

« Deux semaines avant la conférence, les organisateurs ont été surpris de découvrir que les enveloppes pour les demandes de visa n’avaient même pas été ouvertes » a déclaré le Dr Elihu Richter, un professeur de médecine retraité de l’Université hébraïque de Jérusalem, qui a écrit au ministre de l’Intérieur Gideon Saar.

Deux jours avant le début de la conférence, les citoyens turcs et cinq parmi les dix ressortissants égyptiens ont été autorisés à entrer.

Richter, cependant, dans sa lettre au ministre ainsi que dans un entretien téléphonique, a déclaré qu’il estimait que la procédure s’était déroulée de manière totalement aléatoire.

De gros doutes sur l’intégrité et la qualité professionnelle de la procédure apparaissent du fait que tous ceux qui ont été expulsés étaient déjà là auparavant – sans aucun problème – deux ans, et tous ceux qui sont approuvés n’ont jamais été ici » écrivait-il.

Le ministère de l’Intérieur contacté à plusieurs reprises a déclaré qu’il n’était pas responsable de ces questions et qu’il ne trouvait aucune trace des événements décrits. Le service de sécurité interne du Shin Bet, lui, n’a pas encore répondu à la requête.

Pileggi estime que des dizaines de milliers d’Iraniens se sont convertis au christianisme au cours des dernières années et a déclaré que le changement de religion « faisait disparaître le sentiment d’hostilité à Israël ». Cherchant à tirer parti de cette ouverture, il a invité six citoyens britanniques d’origine iranienne à prendre part à la conférence.

Ils sont arrivés à l’aéroport Ben Gourion  le 9 mai et ont été arrêtés au contrôle des passeports. Bien que chacun ait eu une invitation de Pileggi, tous ont été placés en détention.

Une jeune femme dans le groupe, détenue pendant 10 heures, a été décrite par Richter comme « inconsolable pendant des jours ». Elle lui aurait affirmé « qu’elle n’avait jamais été traitée de manière aussi inhumaine dans sa vie ».

Les citoyens britanniques se sont plaints de mauvaises conditions d’hygiène et d’une alimentation insuffisante.

Richter, l’un des fondateurs du Centre pour la prévention des génocides basé à Jérusalem, a affirmé que les six ont été empêchés de communiquer entre eux et d’avoir un contact avec l’extérieur.

Ils auraient été soumis à un interrogatoire agressif et humiliant.

Pileggi a affirmé que le problème dépassait celui de son propre groupe, et que, le centre de gravité du monde chrétien se déplaçant vers les pays en développement, Israël devait améliorer son système de demande de visa s’il était intéressé à continuer à attirer le tourisme chrétien.

« Ces gens mettent aussi leur réputation en jeu en venant en Israël » a-t-il poursuivi, « et le gouvernement israélien doit donc prendre la peine de leur donner une réponse ».

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