Patrick Timsit émouvant de justesse dans Livre de ma mère
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'Aucun fils ne sait que sa mère mourra'

Patrick Timsit émouvant de justesse dans Livre de ma mère

Le texte à fleur de peau du petit juif de Corfou immigré à Marseille à 5 ans avec ses parents résonne avec l'histoire familiale de l'acteur

Patrick Timsit (Crédit : Capture d’écran YouTube)
Patrick Timsit (Crédit : Capture d’écran YouTube)

C’est dans un registre inhabituel que l’humoriste et acteur Patrick Timsit propose une interprétation sensible du Livre de ma mère d’Albert Cohen au Théâtre de l’Atelier.

Le texte à fleur de peau du petit juif de Corfou immigré à Marseille à 5 ans avec ses parents résonne avec l’histoire familiale de Patrick Timsit, né à Alger en 1959 et rapatrié en France à l’âge de deux ans.

L’humoriste a ouvert Livre de ma mère il y a trente ans, mais a attendu la rencontre avec le metteur en scène Dominique Pitoiset pour le porter à la scène.

Il se glisse comme dans un gant dans le texte lyrique d’Albert Cohen. « Les mots, ça console, ça venge, mais ils ne me rendront pas ma mère », dit-il, dans la scénographie très sobre de Dominique Pitoiset.

Sur scène, un grand bureau et un écran sur lequel est projeté un film d’enfance : un gamin aux yeux rieurs à la plage, une jolie maman en maillot de bain en arrière-plan … On retrouve le grain des films super 8 des années 1960, celles de l’enfance de Patrick Timsit.

S’il semble parfois lire quelques feuillets, c’est pour relier le spectateur à la magie du texte écrit, car ce texte, il le possède sur le bout des doigts.

« Aucun fils ne sait que sa mère mourra », écrit Albert Cohen, inconsolable fils unique d’une maman à l’amour absolu. Pendant une heure, il décrira cette mère aimante jusqu’au ridicule, et le couple maladroit qu’il forme, enfant, avec elle, deux étrangers dans cette France d’adoption.

On pense forcément à la mère de Romain Gary dans La Promesse de l’aube, à toutes les mères, juives ou pas, qui ne vivent que dans le sourire, le regard du fils aimé.

Le texte se déroule gravement, sans être jamais larmoyant, avec quelques pointes d’humour : une mère aime son fils même laid, même gringalet. Imagine-t-on Ophélie amoureuse d’un Hamlet maigrichon ? Non « l’amour d’Ophélie a besoin de 60 kg de bifteck ».

Le comédien est bouleversant de sincérité lorsqu’il interpelle le public à la fin, met en garde tous les fils : oui, les mères sont mortelles, et il convient de les aimer comme elles nous aiment, sans restriction.

Le spectacle joue au théâtre de l’Atelier jusqu’au 6 janvier, puis du 23 janvier à fin mars (19h, samedi 16h et 19h, relâche dimanche et lundi).

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