Pays-Bas: Une faculté ferme un centre militant qui a invité Rasmea Odeh
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Pays-Bas: Une faculté ferme un centre militant qui a invité Rasmea Odeh

L'université Vrije d'Amsterdam a aussi pris cette initiative car le centre avait interdit l'entrée à des journalistes juifs parce qu'ils étaient "sionistes"

Rasmea Odeh lors d'un événement pour la Journée internationale de la femme en 2016 à Chicago (Crédit : YouTube via JTA)
Rasmea Odeh lors d'un événement pour la Journée internationale de la femme en 2016 à Chicago (Crédit : YouTube via JTA)

AMSTERDAM, Pays-Bas — Une université néerlandaise a fait fermer un centre militant après qu’il a accueilli une conférence donnée par une Palestinienne au lourd passé terroriste et où des Juifs n’ont pas eu l’autorisation d’entrer.

L’université de Vrije à Amsterdam a fait fermer le centre Verrekijker – dont le nom signifie « Jumelles » – dans la journée de mercredi suite à l’organisation là-bas d’une conférence donnée par Rasmea Odeh. Des journalistes de l’hebdomadaire juif néerlandais NIW n’ont pu pour leur part pénétrer dans la salle sous le prétexte qu’ils étaient « sionistes », selon les médias du pays.

Odeh a passé dix ans dans une prison israélienne pour son rôle dans un attentat à la bombe survenu en 1969 dans un supermarché de Jérusalem qui avait tué deux étudiants de l’Université hébraïque, Leon Kanner et Eddie Joffe.

« Le collectif de Verrekijker responsable de l’utilisation [des locaux] a été prié de quitter les lieux et de les laisser vides », a fait savoir un communiqué de l’université qui, dans le passé, avait résisté à des pressions exercées pour faire interdire la venue d’individus considérés comme antisémites ou incitant aux violences contre Israël.

Mais l’université n’a pas cité l’implication d’Odeh dans des activités terroristes ou ses appels répétés à la violence comme étant à l’origine de la sanction du centre Verrekijker, se référant plutôt au fait que les responsables n’ont pas informé l’université de la tenue de la conférence. Ce qui, selon un porte-parole, a été une violation du contrat de confiance.

« L’université Vrije a pris cette mesure drastique après que le centre Verrekijker, le 27 février, a accueilli un rassemblement secret qui avait été convenu avec le collectif. Le centre a délibérément omis d’informer l’université sur l’organisation de cet événement », a ajouté le communiqué.

Israël avait condamné Odeh à la prison à vie, mais elle avait été libérée lors d’un échange de prisonniers avec le Front populaire pour la libération de la Palestine en 1980. La jeune femme avait alors immigré aux Etats-Unis via la Jordanie. Elle a ultérieurement affirmé que ses confessions lui avaient été arrachées lors de graves actes de torture commis par les forces sécuritaires israéliennes.

Odeh avait obtenu son visa d’immigrant américain en 1984 et la citoyenneté américaine en 2004. Lors des deux candidatures, elle n’avait pas mentionné son arrestation et sa condamnation dans l’attentat à la bombe. Elle a plaidé coupable en reconnaissant avoir falsifié ses dossiers de candidature et elle a été expulsée vers la Jordanie au mois de septembre.

Avant de prendre la parole devant le centre Verrekijker, elle avait été invitée par une église et une association de travailleurs formée d’immigrants turcs aux Pays-bas. Ces rencontres avaient été annulées.

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