« Piste du terrorisme islamiste » privilégiée selon Scotland Yard
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« Piste du terrorisme islamiste » privilégiée selon Scotland Yard

Londres a été visée mercredi par un acte terroriste, qui a fait au moins quatre morts devant le Parlement de Westminster, symbole de la démocratie britannique

Les policiers britanniques et les services d'urgence travaillent sur le pont Westminster, adjacent aux Chambres du Parlement, dans le centre de Londres le 22 mars 2017, après un attentat. (Crédit : AFP / Niklas Halle'n)
Les policiers britanniques et les services d'urgence travaillent sur le pont Westminster, adjacent aux Chambres du Parlement, dans le centre de Londres le 22 mars 2017, après un attentat. (Crédit : AFP / Niklas Halle'n)

Le bilan provisoire de l’attentat survenu mercredi à Londres est passé de trois à quatre morts, dont un policier et 40 blessés, a annoncé Mark Rowley, le commandant de l’unité anti-terrorisme dans une déclaration devant Scotland Yard.

« Je ne vais pas faire de commentaires sur l’identité de l’assaillant (…) mais nous privilégions la piste du terrorisme islamiste », a ajouté le haut responsable de la police britannique.

L’assaillant a également été tué.

Un an jour pour jour après les attentats de Bruxelles, Londres a été visée mercredi par un acte terroriste, qui a fait au moins quatre morts devant le Parlement de Westminster, symbole de la démocratie britannique.

Environ quarante personnes ont également été blessées lorsqu’un terroriste, vêtu de noir et portant une barbe, a lancé en début d’après-midi sa voiture contre la foule sur le pont de Westminster, face à Big Ben, avant de poignarder à mort un policier en essayant de pénétrer dans le Parlement.

L’assaillant, qui aurait agi seul selon les premiers éléments de l’enquête et dont l’acte n’avait toujours pas été revendiqué, a ensuite été « abattu par un autre policier », a confirmé M. Rowley.

L’attaque a entraîné un vent de panique dans le centre de Londres : les passants qui s’affolent, certains se ruant dans le métro le plus proche, la police qui se déploie en masse, le Parlement qui se barricade, la Première ministre Theresa May évacuée à tout vitesse…

Theresa May en juillet 2016 (Crédit : AFP/OLI SCARFF)
Theresa May en juillet 2016 (Crédit : AFP/OLI SCARFF)

Parmi les blessés figurent trois élèves français, en voyage scolaire, dont deux sont dans un état grave. Deux ressortissants roumains ont également été blessés, a annoncé Bucarest, ainsi que cinq touristes sud-coréens, d’après l’agence Yonhap.

Toute de noire vêtue, Theresa May a dénoncé dans la soirée un attentat « pervers » lors d’une allocution solennelle devant sa résidence du 10, Downing Street.

« Le terroriste a choisi de frapper en plein coeur de notre capitale où les gens de toutes nationalités, religions et cultures convergent pour célébrer les valeurs de liberté, de démocratie et de liberté de parole (…) les forces du mal ne nous diviseront pas », a-t-elle lancé, à la sortie d’une réunion inter-ministérielle de crise.

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière au Royaume-Uni depuis les attentats suicide revendiqués par des sympathisants d’Al-Qaïda qui avaient fait 56 morts le 7 juillet 2005 dans les transports en commun londoniens.

Mme May a cependant indiqué que le niveau d’alerte terroriste restait fixé à « grave », le quatrième sur une échelle de 5, comme depuis août 2014.

Les présidents français François Hollande et américain Donald Trump ont appelé Mme May, et la Tour Eiffel devait être éteinte dès minuit en hommage. La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé son soutien à ses « amis britanniques ».

L’attaque est survenue le jour même où la Belgique commémorait les attentats qui ont fait 32 morts à Bruxelles il y a un an.

Elle rappelle les attentats de Nice (84 morts) et Berlin (12 morts), également en 2016, commis en lançant un véhicule contre la foule. Elle s’inscrit dans un contexte de menace terroriste en Europe, notamment des jihadistes de l’Etat islamique (EI).

Les gens déposent des fleurs dans les rues de Nice pour rendre hommage aux victimes le lendemain de l'attaque, le 15 juillet 2016. (Crédit : AFP/Anne-Christine Poujoulat)
Les gens déposent des fleurs dans les rues de Nice pour rendre hommage aux victimes le lendemain de l’attaque, le 15 juillet 2016. (Crédit : AFP/Anne-Christine Poujoulat)

Selon le commandant Mark Rowley, l’assaillant a d’abord renversé plusieurs piétons, dont trois policiers, sur le pont.

Au moins deux personnes y sont mortes et plus d’une dizaine ont été soignées sur place, selon les services ambulanciers. Une femme, qui a sauté dans la Tamise pour échapper au véhicule, a été repêchée grièvement blessée.

Après avoir embouti son SUV gris contre des grilles peu après la sortie du pont, l’assaillant a couru vers une entrée du Parlement toute proche, avant de poignarder un policier, a ajouté M. Rowley.

La police a fait feu sur lui alors qu’il essayait de s’attaquer à un deuxième officier.

Des images montrent le député conservateur Tobias Ellwood, qui a perdu son frère dans un attentat à Bali en 2002, pratiquer en vain un massage cardiaque sur le policier, un père de famille de 48 ans, mortellement blessé.

https://twitter.com/RupertMyers/status/844595450300829696

« Nous étions en train de prendre des photos de Big Ben lorsque tout le monde s’est mis à courir, nous avons vu un homme d’une quarantaine d’années portant un couteau d’environ vingt centimètres. Ensuite on a entendu trois coups de feu. Nous avons traversé la rue et on a vu l’homme en sang par terre », a raconté Jayne Wilkinson à l’agence britannique Press Association.

« J’ai vu trois corps allongés sur le sol et énormément de policiers. C’était terrifiant », a déclaré à l’AFP Jack Hutchinson, 16 ans, un touriste américain. Il est resté coincé trois heures sur la grande roue du London Eye située à l’autre bout du pont, avant d’être évacué. L’attraction touristique a été fermée pour le reste de la journée.

Les députés ont été confinés à l’intérieur du Parlement et dans Westminster Abbey, toute proche, avant de pouvoir sortir dans la soirée. « C’était la panique », a raconté à l’AFP la députée britannique travailliste Mary Creagh.

Theresa May a quitté à grande vitesse le Parlement, où elle s’était exprimée devant les députés, à bord de sa voiture officielle.

Au Parlement écossais à Édimbourg, les débats sur un référendum d’indépendance ont été suspendus sine die.

Londres avait été épargnée ces dernières années par les attentats de grande ampleur. Scotland Yard a cependant annoncé début mars que les services de sécurité britanniques avaient déjoué treize tentatives d’attentats depuis juin 2013.

Mercredi soir, le message « nous n’avons pas peur » a été relayé des milliers de fois sur les réseaux sociaux.

« Les Londoniens ne se laisseront pas intimider par le terrorisme », a lancé le maire de Londres, Sadiq Khan.

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