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Polémique autour de la vente d’une manette d’un F-16 de l’Opération Opéra

Les pilotes ayant pris part à l'opération, en 1981, en Irak sont divisés sur la vente de l'objet offert par un anonyme ; le chef de mission ne s'y oppose pas

Le réacteur nucléaire irakien tel qu'il était apparu sur l'écran de l'un des F-16s ayant participé à l'Opération opéra. (Crédit : IDF/AF via Tsahi Ben-Ami/Flash90)
Le réacteur nucléaire irakien tel qu'il était apparu sur l'écran de l'un des F-16s ayant participé à l'Opération opéra. (Crédit : IDF/AF via Tsahi Ben-Ami/Flash90)

Le levier de commande d’un avion de guerre qui avait pris part à une célèbre mission de bombardement d’un réacteur nucléaire irakien en 1981 va être vendu aux enchères.

Cette manette de F-16 – elle comprend le bouton rouge commandant le lancer de bombe – va être vendue à la fin de la semaine avec une mise à prix de 50 000 dollars.

Les pilotes ayant participé à l’Opération Opéra sont divisés sur le bien-fondé de cette vente, a fait savoir mercredi le site Ynet.

Le colonel réserviste Zeev Raz, qui commandait l’escadron au moment de la mission qui avait détruit le réacteur de Saddam Hussein à Osirak, dit pour sa part ne pas avoir d’avis.

« Je ne suis pas opposé à la vente du levier de commandement mais je n’y suis pas favorable non plus », explique-t-il à Ynet. « Si quelqu’un veut le vendre, pas de problème. »

Raz note avoir lui aussi une manette d’avion ayant pris part à l’opération en sa possession.

« Je ne la vendrai jamais parce qu’en ce qui me concerne, c’est un souvenir bouleversant, elle n’a pas de prix », ajoute-t-il.

De son côté, le général de brigade réserviste Amir Nachumi, pilote lors du raid, explique désapprouver « totalement » cette mise aux enchères.

« Il est très malheureux que quelqu’un vende un objet comme celui-là », s’exclame-t-il. « Il y a tant de gens qui peuvent accéder à ce type d’objets ou exploiter cette capacité pour gagner de l’argent – et c’est quelque chose qui m’attriste véritablement. »

Nachumi présume que le vendeur a, à l’époque, fait jouer certaines relations pour obtenir le levier de commande.

Capture d’écran d’un levier de commande de F-16. (Crédit : YouTube)

La manette mise à la vente appartient actuellement à un ancien haut membre du 117è escadron de l’armée de l’air israélienne qui avait mené la mission contre le réacteur.

Au total, huit F-16s avaient participé à ce raid du 7 juin 1981.

Selon Ynet, le levier de commande provient de l’avion numéro 129 qui était piloté par le colonel Hagai Katz.

Le vendeur, qui a demandé à conserver l’anonymat, a déclaré à Ynet qu’il était entré en possession du levier de commande « par le biais des membres de l’escadron et je ne souhaite pas en dire plus parce que le sujet est sensible ».

Il a justifié la mise à prix en affirmant qu’au début de l’année, une pièce de jet arborant le symbole d’un escadron israélien qui s’était écrasé dans les années 1950 avait été vendu en Europe au prix de 60 000 dollars.

La vente sera faite par Pentagon Auctions en collaboration avec Garage Sale Collection.

Eyal Ilya, de Pentagon Auctions, dit s’attendre à ce que le levier dépasse de beaucoup le prix de départ et qu’il a d’ores et déjà reçu une offre de 100 000 dollars, qu’il a choisi de décliner.

La manette, qui semble abîmée, arbore deux séries de numéro. La première est une date, le 5.6.81, veille du bombardement du réacteur nucléaire. La seconde, partiellement effacée, indiquerait la date à laquelle le levier de commande a été mis hors-service.

L’avion 129 a été vendu au début de l’année à une entreprise des États-Unis qui offre des services de formation à l’armée de l’air américaine, selon le site Ynet.

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