Policier poignardé en Allemagne : une adolescente liée à l’EI devant ses juges
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Policier poignardé en Allemagne : une adolescente liée à l’EI devant ses juges

L'adolescente avait poignardé au cou un policier en gare de Hanovre le 26 février dernier avant d'être maîtrisée

Illustration d'une voiture de police allemande (Crédit : CC BY-SA 3.0)
Illustration d'une voiture de police allemande (Crédit : CC BY-SA 3.0)

Une adolescente germano-marocaine comparaît jeudi en Allemagne pour avoir grièvement blessé un policier au couteau en février, une action menée « sur ordre » du groupe Etat islamique, selon l’accusation, mais qui n’a jamais été revendiquée contrairement à deux autres attentats en juillet.

Le tribunal de Celle, dans le nord du pays, doit décider au début de l’audience si la jeune fille de 16 ans, identifiée comme Safia S., sera jugée à huis-clos ou non du fait de son jeune âge.

Elle risque 10 ans de prison pour « tentative de meurtre, coups et blessures volontaires et soutien à une organisation terroriste étrangère ». L’adolescente avait poignardé au cou un policier en gare de Hanovre le 26 février dernier et avait été maîtrisée sur place par un autre agent.

L’accusée était passée à l’acte lors d’un contrôle d’identité, les policiers ayant remarqué qu’elle les suivait. Aux yeux de l’accusation, elle a « provoqué » le contrôle pour pouvoir commettre son crime.

Départ avorté en Syrie

Avant cette attaque, Safia S. était déjà connue de la police qui l’avait interrogée après que sa mère est allée chercher sa fille à Istanbul en janvier 2016 alors qu’elle tentait de rejoindre les jihadistes de l’EI en Syrie.

A son retour, la police avait même saisi son téléphone. A l’intérieur, les enquêteurs ont retrouvé des instructions en arabe pour commettre une « attaque martyre » mais celles-ci n’ont été traduites qu’en mars, après l’agression de Hanovre.

Un co-accusé germano-syrien de 20 ans, identifié comme Mohamed Hasan K., qui selon le parquet était au courant des intentions de Safia, 15 ans au moment des faits, sera lui aussi jugé.

Le jeune homme, qui est poursuivi pour non-dénonciation de crime, est parvenu à fuir l’Allemagne mais a été arrêté en Grèce. Il a été extradé mardi soir et pourra comparaître.

La radicalisation de Safia n’était pas chose nouvelle. Dès 2008, âgée de sept ou huit ans, elle apparaissait dans une vidéo en ligne d’un prédicateur salafiste connu en Allemagne, Pierre Vogel. Mais c’est en novembre 2015 qu’elle aurait fait allégeance à l’EI, selon les enquêteurs.

Selon l’agence allemande DPA, son frère a aussi tenté de rejoindre le groupe jihadiste en Syrie, avant d’être arrêté et incarcéré en Turquie.

Des précédents

L’Allemagne a été jusqu’ici épargnée par des attaques jihadistes d’ampleur du groupe EI, du type de celles qui ont ensanglanté Paris ou Bruxelles. Par contre, plusieurs attentats islamistes ont été récemment commis par des personnes isolées. D’autres projets ont été déjoués, le dernier en date la semaine dernière par un réfugié visant un aéroport, qui s’est suicidé en prison.

Si l’attaque attribuée à Safia n’a jamais été revendiquée, l’EI a annoncé en juillet avoir organisé un attentat commis par un Syrien de 27 ans, débouté de sa demande d’asile, qui a fait 15 blessés, puis une attaque à la hache perpétrée aussi par un demandeur d’asile, probablement afghan, de 17 ans qui a fait cinq blessés.

Le danger que représenteraient des « terroristes » infiltrés dans le flot des 890.000 demandeurs d’asile arrivés en Allemagne en 2015 fait d’ailleurs débat depuis des mois. Il a contribué à plusieurs succès électoraux des populistes de droite et miné la popularité d’Angela Merkel.

Précédemment, en septembre 2015, un Irakien de 41 ans, en liberté conditionnelle après avoir été détenu pour appartenance à une organisation « terroriste » et un projet d’attentat contre un Premier ministre irakien en 2004, a été tué par la police après avoir blessé une policière à Berlin. Là aussi, l’arme utilisée par l’agresseur, Rafik Youssef, était un couteau.

Un mois plus tôt, deux combattants germanophones revendiquant leur appartenance au groupe EI en Syrie avaient pour leur part menacé dans une vidéo l’Allemagne et la chancelière Angela Merkel.

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