Pologne : l’hommage à une unité accusée de collaborationnisme a bien eu lieu
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Pologne : l’hommage à une unité accusée de collaborationnisme a bien eu lieu

Le grand rabbin de Pologne, Michael Schudrich s'était dit "insulté" par une invitation à assister à la cérémonie. qui a été cautionné par le président Andrzej Duda

Le président polonais Andrzej Duda donne une conférence de presse le 6 février 2018 à Varsovie pour annoncer qu'il signera un projet de loi controversé sur l'Holocauste qui a déclenché des tensions avec Israël, les Etats-Unis et l'Ukraine. (AFP PHOTO / JANEK SKARZYNSKI)
Le président polonais Andrzej Duda donne une conférence de presse le 6 février 2018 à Varsovie pour annoncer qu'il signera un projet de loi controversé sur l'Holocauste qui a déclenché des tensions avec Israël, les Etats-Unis et l'Ukraine. (AFP PHOTO / JANEK SKARZYNSKI)

Des responsables du parti conservateur au pouvoir en Pologne ont assisté dimanche à une cérémonie controversée en l’honneur d’une unité clandestine nationaliste accusée d’avoir collaboré avec les nazis pendant le Deuxième guerre mondiale.

Cette cérémonie a été organisée à l’occasion du 75e anniversaire de la création de Brygada Swietokrzyska (Brigade des montagnes de la Sainte croix) par le ministère des Anciens combattants sous le patronage du président Andrzej Duda.

Des responsables de l’opposition et des descendants de combattants de la résistance ont accusé le président Duda d’avoir cautionné cet évènement tandis que le grand rabbin de Pologne, Michael Schudrich s’était dit « insulté » par une invitation à assister à la cérémonie.

« Il y a eu des tentatives de diviser la communauté des vétérans », avait alors répondu, selon l’agence PAP, le ministre des Anciens combattants Jan Kasprzyk lors de la cérémonie.

Michael Schudrich, grand rabbin de Pologne. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Mais il est impossible de diviser la communauté des vétérans, parce que vous avez tous combattu pour la même cause : une Pologne libre », a-t-il déclaré aux participants réunis dimanche.

La semaine dernière, il avait nié toute collaboration entre l’unité incriminée et les nazis.

Cette unité faisait partie des Forces armées nationales (NSZ), un groupe armé ultra-nationaliste et anti-communiste qui à l’époque de la Deuxième guerre mondiale avait combattu aussi bien les nazis, l’Armée rouge soviétique, que la résistance communiste polonaise anti-nazie.

La brigade a été accusée de collaboration avec les nazis contre l’URSS lorsque les forces soviétiques ont progressé sur le territoire polonais en provenance de l’est vers la fin de la guerre.

Elle a refusé de se joindre à l’Armée de l’intérieur (AK), la principale formation clandestine polonaise de la résistance qui était alliée au gouvernement polonais en exil à Londres.

En 2018, le Premier ministre Mateusz Morawiecki a suscité des commentaires critiques en Pologne et en Israël lorsqu’il a déposé des fleurs sur les tombes de membres de la brigade Swietokrzyska Brigade, devenant ainsi le premier responsable polonais à la reconnaître publiquement.

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, s’entretient avec la presse lors de sa visite du 2 janvier 2018 au musée de la famille Ulma, qui documente le sort de la famille polonaise Ulma, tuée en mars 1944 par les Allemands nazis pour avoir sauvé des Juifs pendant l’Holocauste, dans le village de Markowa, au sud-est de la Pologne. (AFP/Janek Skarzynski)
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