Pompeo demande à l’Iran de « se comporter comme une nation normale »
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Pompeo demande à l’Iran de « se comporter comme une nation normale »

Le secrétaire d'État américain affirme que ses exigences fixées cette semaine ne sont pas un "fantasme" ; il se dit "confiant" que les sanctions seront coordonnées avec l'Europe

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo durant une conférence de presse à Amman, en Jordanie, le 30 avril 2018 (Crédit :  AFP Photo/Stringer)
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo durant une conférence de presse à Amman, en Jordanie, le 30 avril 2018 (Crédit : AFP Photo/Stringer)

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré mardi soir que l’ensemble des exigences qu’il a posées à l’Iran, menaçant d’imposer les « pires sanctions de l’histoire », n’étaient pas un « fantasme » comme l’ont accusé certains critiques, mais un point de référence de base également exigé de tous les autres pays.

« J’ai lu des articles indiquant que ces exigences sont un fantasme et qu’elles ne sont pas réalisables, mais nous demandons des choses assez simples dans lesquelles, franchement, la plupart des pays du monde s’engagent », a déclaré M. Pompeo lors d’une conférence de presse à Washington.

« Nous leur demandons d’arrêter de tirer des missiles sur Ryad », a-t-il ajouté. « Ce n’est pas un fantasme que d’imaginer les Iraniens prenant la décision de ne pas lancer des missiles sur un autre pays et menaçant la vie des Américains qui transitent par cet aéroport. Ce n’est pas un fantasme de leur demander de cesser de soutenir le terrorisme. »

« Il s’agit d’un ensemble d’exigences, les mêmes exigences que nous demandons au reste du monde, et le peuple iranien en bénéficierait énormément », a poursuivi M. Pompeo.

Lundi, M. Pompeo a déclaré que l’administration Trump se préparait à imposer « les sanctions les plus sévères de l’histoire » à Téhéran après s’être retiré de l’accord nucléaire iranien plus tôt ce mois-ci, alors qu’il présentait une liste de conditions pour négocier un nouveau traité.

« Si d’autres pays du Moyen-Orient souhaitaient se doter d’un système d’armes nucléaires, nous nous efforcerions également de les arrêter », a-t-il déclaré mardi. « Il n’y a pas une catégorie spéciale de personnes autorisées à tirer des missiles sur Ryad. Nous leur demandons simplement de se comporter comme une nation normale. »

A la question de savoir si les sanctions pourraient être appliquées puisque les pays d’Europe, ainsi que la Russie et la Chine, s’y opposent et ne veulent pas les appliquer, M. Pompeo a répondu : « Je suis convaincu que nous pourrons élaborer ensemble une solution diplomatique qui permettra d’obtenir les résultats simples que nous proposons. »

Le nouveau membre du parti Yesh Atid Ram Ben Barak assiste à une réunion de faction au Parlement israélien le 15 janvier 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ram Ben Barak, ancien directeur adjoint de l’agence d’espionnage du Mossad en Israël, a déclaré mardi que les exigences de Pompeo avaient pour but de renverser le régime des ayatollah.

« Je pense que c’est le projet de Washington », a déclaré Ben Barak à la radio de l’armée lorsqu’on lui a demandé si l’immense pression financière que Pompeo a demandée créerait une crise économique si grave qui renverserait le régime islamique.

Dans son discours, Pompeo a affirmé que l’Iran avait progressé dans son avancée à travers le Moyen-Orient précisément en raison de l’accord nucléaire, qui a vu l’Occident lever les sanctions sur Téhéran en échange de la limitation par l’Iran de son programme nucléaire.

« Qassem Soleimani a joué avec l’argent des ménages qui s’est transformé en argent de sang. La richesse créée par l’Occident a servi à financer ses campagnes », a-t-il ajouté.

« Nous allons exercer une pression financière sans précédent sur le régime iranien », a déclaré M. Pompeo à la Heritage Foundation, un groupe de réflexion conservateur basé dans la capitale nationale, dans son premier grand discours décrivant la stratégie de Washington pour mettre un terme aux ambitions nucléaires de l’Iran et à son comportement régional « malveillant ».

Le commandant des forces Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Soleimani (Crédit : YouTube/BBC Newsnight)

« L’aiguillon des sanctions ne deviendra plus douloureux que si le régime ne change pas de cap par rapport à la voie inacceptable et improductive qu’il a choisie pour lui-même et pour le peuple iranien », a-t-il ajouté.

« Les sanctions sont de nouveau pleinement appliquées et de nouvelles sanctions arrivent », a-t-il averti plus avant. « Le régime iranien doit savoir que ce n’est que le début. »

Le nouveau diplomate du président américain Donald Trump a également fait allusion à la possibilité d’une action militaire au cas où les dirigeants iraniens décideraient de reprendre leur programme nucléaire.

« S’ils redémarrent leur programme nucléaire, ils auront de gros problèmes, de plus gros problèmes qu’ils n’en ont jamais eu auparavant », a-t-il dit. Pompeo a également menacé d’“écraser” les mandataires terroristes de l’Iran dans le monde entier.

Pompeo a exigé que l’Iran révèle tous ses travaux nucléaires passés, arrête complètement son enrichissement d’uranium, donne à l’Agence internationale de l’énergie atomique « un accès sans réserve à tous les sites du pays », arrête le développement et les essais de missiles balistiques, cesse son soutien aux groupes terroristes du Moyen-Orient et respecte la souveraineté du gouvernement irakien.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif lors d’un discours durant la conférence sécuritaire de Munich le 18 février 2018 à Munich, dans le sud de l’Allemagne (Crédit : AFP Photo/Thomas Kienzle)

Ismail Kowsari, un officier supérieur des Gardiens de la révolution iraniens, a répondu lundi que Pompéo mérite un « coup de poing dans la figure » pour avoir menacé d’augmenter les sanctions.

« Le peuple iranien devrait être uni face à cette situation et ils donneront un bon coup de poing dans la figure du secrétaire d’État américain et de tous ceux qui le soutiennent », a-t-il déclaré, selon Reuters.

Le site d’information iranien ILNA a également publié lundi une déclaration du ministère des Affaires étrangères à Téhéran, selon laquelle les remarques de Pompeo ont révélé « la faiblesse du renseignement, de la surveillance, du retard analytique et de la confusion dans les processus décisionnels aux États-Unis ».

Les Etats-Unis, poursuit la déclaration, n’ont « pas le droit » de dire à l’Iran quelles politiques il doit adopter dans sa propre région, étant donné que « tous les problèmes auxquels est confronté le Moyen-Orient… émanent de l’ingérence et de l’empiétement de Washington et des gouvernements dictatoriaux médiévaux de ses alliés ».

L’Iran, en revanche, apporte des « mesures de stabilisation et de lutte contre le terrorisme » dans la région et dans le monde.

La déclaration disait que Téhéran considérait les « remarques effrontées » de Pompeo comme « une ingérence flagrante dans ses affaires intérieures et une menace illégale contre un membre des Nations Unies ».

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