Poutine invite des descendants des résistants de Sobibor à Moscou
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Poutine invite des descendants des résistants de Sobibor à Moscou

Le président russe va faire venir des proches de rebelles qui ont tué 11 gardes allemands et libéré 300 prisonniers en juillet 1943 à la parade du Jour de la Victoire à Moscou

Des plaques signalétiques en huit langues, mais pas en russe, sur le site du camp de la mort de Sobibor en Pologne. (Flickr/Sgvb)
Des plaques signalétiques en huit langues, mais pas en russe, sur le site du camp de la mort de Sobibor en Pologne. (Flickr/Sgvb)

Le président russe Vladimir Poutine a invité les familles des résistants juifs qui se sont rebellés au camp de la mort de Sobibor au défilé de Moscou commémorant la défaite de l’Allemagne nazie.

Le bureau de Poutine a invité 12 personnes liées à sept insurgés de Sobibor au défilé du Jour de la Victoire le 9 mai dans la capitale du pays. Son bureau prend en charge les frais de voyage et d’hébergement des visiteurs en provenance d’Israël, selon l’une des invitées, Lea Hirsch.

Ce sera la première fois que les descendants du soulèvement de Sobibor sont invités à la parade officielle à Moscou.

« C’est un grand honneur et une reconnaissance formidable », a confié Mme Hirsch au sujet de ce geste en l’honneur de son oncle, Josef Kopf.

Le président russe Vladimir Poutine en visite au Centre national de recherche à Moscou le 10 avril 2018. (AFP Photo/Sputnik/Alexey Nikolsky)

En juillet 1943, Kopf et un autre prisonnier ont organisé un événement précurseur du principal soulèvement qui a eu lieu en octobre de la même année, lorsqu’un petit groupe de Juifs a tué 11 nazis et aidé à libérer 300 détenus dans un soulèvement audacieux et méticuleusement planifié au camp nazi dans l’est de la Pologne.

Kopf et Shlomo Podchlebnik ont tué un garde ukraïnien alors qu’il travaillait dans une forêt à proximité du camp, permettant ainsi à 14 hommes de s’échapper. Parmi eux, seuls cinq ont survécu à l’Holocauste.

Kopf, un juif polonais, a été assassiné dans sa ville natale de Turobin par un homme qui a volé ses biens pendant l’Holocauste, a expliqué Mme Hirsch. Son oncle a été enterré dans une tombe anonyme. Ses assassins n’ont jamais été identifiés ni jugés. Un homme à Turobin a caché la mère de Hirsch, la sœur de Kopf, chez lui, au péril de sa vie.

Le soulèvement de Sobibor en octobre, qui a pris les gardes allemands par surprise avec le recours à des outils dont ils avaient utilisé l’usage, est largement considéré comme un symbole, à la fois du courage des combattants de la résistance juive et la suffisance, de la confiance des Nazis dans leur capacité à empêcher ou à réprimer leurs actions. Elle a été menée par des hommes avec de l’expérience de combat dans l’Armée soviétique.

Le soulèvement de Sobibor en octobre, qui a surpris les gardes allemands avec des outils dont ils avaient autorisé l’utilisation, est largement considéré comme un symbole à la fois du courage des résistants juifs et de la suffisance et de la confiance des nazis dans leur capacité à empêcher ou à réprimer toute action de leur part. Il était dirigé par des hommes ayant de l’expérience de combat dans l’armée soviétique.

La célébration annuelle à Moscou comprend un défilé militaire, incluant des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, et un discours de Poutine.

En janvier, Poutine a assisté à une cérémonie commémorative spéciale au Musée juif et au Centre de tolérance. Hirsch et d’autres familles étaient présentes à l’invitation du musée. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu était également présent.

Parmi les détenus qui ont fui le camp, seuls 53 ont échappé aux opérations de recherche et de destruction menées par les nazis en représailles. De ce nombre, trois seulement sont encore en vie aujourd’hui, selon Ilya Vasiliev, le chef de la Fondation Alexander Pechersky, qui porte le nom d’un des principaux organisateurs du soulèvement.

Le mois dernier, un film intitulé « Sobibor », produit et réalisé par le célèbre réalisateur Konstantin Khabenskiy a été présenté en première en Russie.

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