Quantum Machines soulève 50 millions de dollars d’investissement
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Quantum Machines soulève 50 millions de dollars d’investissement

La start-up israélienne dit vouloir apporter des technologies quantiques utiles ; elle travaille déjà avec des multinationales et des laboratoires du gouvernement

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Photo d'illustration : Un ordinateur quantique. (Crédit : sakkmesterke; iStock by Getty Images)
Photo d'illustration : Un ordinateur quantique. (Crédit : sakkmesterke; iStock by Getty Images)

La start-up israélienne Quantum Machines, qui développe un langage universel standard pour les ordinateurs quantiques ainsi qu’une plateforme unique qui les aide à fonctionner, a soulevé 50 millions de dollars dans une série B de financement dirigée par des investisseurs israéliens et étrangers, selon une annonce qui a été faite lundi.

Cette série d’investissement a été conduite par l’entreprise de capital-risque israélienne dirigée Red Dot Capital Partners, avec la participation d’Exor, une société de portefeuille néerlandaise ; de Claridge Israel ; de Samsung NEXT ; de Valor Equity Partners, dont le siège est à Chicago ; de TLV Partners ; de Battery Ventures ; et de 2i Ventures, une firme affiliée à la compagnie d’investissement israélienne Altshuler Shaham.

Fondée en 2018 par les experts en électronique quantique lauréats Itamar Sivan, Yonatan Cohen et Nissim Ofek, la start-up Quantum Machines est à l’origine de la construction d’une plateforme, QOP (Quantum Orchestration Platform), solution logiciel d’exploitation des systèmes quantiques pour faciliter les recherches et permettre de futures innovations, selon la firme.

Elle a aussi développé le QUA, un langage universel standard pour les ordinateurs quantiques qui, selon la start-up, permettra aux chercheurs et aux scientifiques d’écrire des programmes pour des ordinateurs quantiques variés à l’aide d’un code unifié.

En résumé, les ordinateurs quantiques traitent des données plus exponentielles que les ordinateurs classiques, utilisant des bits quantiques – ou qubits – comme unité de base d’information quantique. Tandis que les ordinateurs classiques réalisent des opérations logiques sur la base d’une position sur un total de deux – 1 ou 0, on ou off, en haut ou en bas – les ordinateurs quantiques peuvent conserver des qubits en « superposition », un principe de mécanique quantique où les deux positions fonctionnent simultanément. Ainsi, les ordinateurs quantiques « peuvent traiter un nombre très important de conclusions potentielles simultanées », explique la revue technologique du MIT.

Il y a aussi le concept d’intrication – ou des qubits existent dans un seul état quantique. « Les ordinateurs quantiques exploitent des qubits intriqués dans une sorte de guirlande quantique où ils agissent par enchantement. La capacité des machines à accélérer les calculs en utilisant des algorithmes quantiques spécialement créés pour cela est à l’origine de l’enthousiasme entraîné par leur potentiel », ajoute le journal.

Le secteur est relativement nouveau et d’une complexité extrême, mais les experts expliquent que l’informatique quantique pourra être très bénéfique dans des domaines comme la cybersécurité, les matériaux, l’industrie pharmaceutique, la finance, le secteur bancaire et la fabrication de pointe.

Des géants hi-tech comme Google, Microsoft, IBM, et Intel tentent tous actuellement de rendre l’informatique quantique plus accessible et de construire leurs propres systèmes. Selon de récentes projections, le marché des ordinateurs quantiques devrait valoir 487,4 millions de dollars en 2021 et atteindre les 3,7 milliards de dollars d’ici 2030.

Le Quantum System One d’IBM, premier système d’informatique quantique intégré dans le monde. (Crédit : IBM)

L’ambition de Quantum Machines est celle de pouvoir développer « des ordinateurs quantiques utiles ». La firme précise que sa QOP lui donne les capacités « de réaliser le potentiel de tous les processeurs quantiques ».

La start-up déclare qu’elle fournit d’ores et déjà des systèmes de contrôle et d’orchestration à des clients dans quinze pays, notamment à des multinationales, à des laboratoires gouvernementaux, à des institutions universitaires et à des entreprises spécialisées dans le développement de technologies quantiques.

Cette dernière série de financement représenterait le plus important investissement réalisé dans une compagnie qui ne crée pas un ordinateur quantique en tant que tel, explique le docteur Sivan, qui est directeur-général de Quantum Machines, dans un communiqué qui a été diffusé lundi.

« Les processeurs quantiques ont le potentiel d’une puissance informatique gigantesque – bien au-delà de tous les processeurs classiques que nous pourrions développer, aujourd’hui ou demain – et ils auront un impact sur tous les aspects de notre vie. Dans la mesure où nous travaillons avec un grand nombre de leaders du secteur dans le monde, nous sommes dans cette position incroyable de pouvoir concrétiser ce travail bien plus tôt qu’on l’aurait cru possible », a-t-il ajouté.

Sivan note que ces investissements sont « un pas en avant majeur vers la mise en place d’une infrastructure du cloud efficace pour les ordinateurs quantiques ».

Le docteur Cohen, directeur de la technologie au sein de Quantum Machines, affirme que « le développement des technologies quantiques accélère rapidement et les chercheurs doivent avoir des outils qui leur permettront d’amener leurs capacités à un niveau encore supérieur ».

Quantum Machines veut « résoudre un obstacle critique dans la recherche et le développement en offrant la meilleure infrastructure, une infrastructure qui ait les algorithmes les plus avancés et qui s’adapte à la vitesse du développement du secteur ».

La start-up a précisé qu’elle utiliserait les fonds pour élargir ses offres actuelles, pour renforcer ses équipes et pour ouvrir des bureaux dans de nouvelles capitales.

Au mois de mars, Quantum Machines avait été l’une des sept entreprises israéliennes intégrées dans le classement des « entreprises les plus innovantes » en 2021 par le magazine économique américain Fast Company. La firme occupait la quatrième place dans la liste MENA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) parce que « l’informatique quantique est la prochaine frontière ».

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