Ralliant le Likud, Netanyahu défie Gantz de rejoindre un gouvernement de droite
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Ralliant le Likud, Netanyahu défie Gantz de rejoindre un gouvernement de droite

Le Likud ne me lâchera pas, a dit le Premier ministre au chef de Kakhol lavan qui lui reproche les 2 dernières élections et a averti Israël qu'il pourrait y en avoir une troisième

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours à Tel Aviv devant les membres de son parti, le Likud, le 18 septembre 2019, après les élections à la 22e Knesset. (Gili Yaari/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours à Tel Aviv devant les membres de son parti, le Likud, le 18 septembre 2019, après les élections à la 22e Knesset. (Gili Yaari/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rallié jeudi ses partisans contre le parti Kakhol lavan, tout en exhortant son adversaire Benny Gantz à « faire preuve de leadership » et à rejoindre une alliance dirigée par le Likud entre partis de droite et ultra-orthodoxes.

S’exprimant lors d’un événement du Likud à Tel Aviv en l’honneur de la nouvelle année juive, qui commence dimanche soir, le Premier ministre a dénoncé l’appel lancé par Gantz au Likud de rejoindre un gouvernement d’unité sans le scandaleux Netanyahu à sa tête et accusé le parti Kakhol lavan d’essayer de diviser son parti.

« L’autre camp a toutes sortes de fantasmes, je dirais même des hallucinations », a chargé Netanyahu. « D’abord, ils pensaient qu’ils pourraient briser le partenariat dans le camp nationaliste entre nous et nos partenaires [Shas, Yamina et Yahadout HaTorah]. »

« Ce n’est pas ce qui s’est passé. Nous avons des partenaires solides. Notre partenariat est plus fort que jamais. »

« Sur quoi est-ce qu’ils fantasment en ce moment ? Maintenant, ils pensent qu’ils seront capables de briser le Likud. Je vous le demande – allez-vous les laisser déchirer le Likud ? Allez-vous les laisser évincer le président du Likud ? »

Le public, composé de plusieurs centaines de personnes réunies à l’Expo de Tel Aviv, a crié « Non ! »

« Benny Gantz », continua Netanyahu, « écoutez attentivement ces voix. Je veux que vous compreniez quelque chose à propos des gens assis ici ensemble : nous marchons sur ce chemin ensemble depuis plus d’un jour ou deux. Nous avons marché ensemble à travers le feu et l’eau. Je vais vous dire autre chose, nous ne voulons pas marcher dans le feu et l’eau, nous voulons marcher sur une terre ferme. Nous voulons un gouvernement d’unité nationale. »

Le dirigeant de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche), le Président Reuven Rivlin (C) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) se rencontrent à la résidence du Président à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Amos Ben Gershom/GPO)

Il a ajouté : « Maintenant, je vous le dis – Benny, la balle est dans votre camp. Je sais que vous avez toutes sortes de conseillers qui vous disent diverses choses, mais parfois la bonne chose à faire est aussi la chose la plus simple. Levez-vous et faites preuve de leadership, et rejoignez un gouvernement d’unité. »

Netanyahu a été mandaté  mercredi pour former un gouvernement, sur la base de la force de son pacte avec Yamina, Shas et Yahadout HaTorah pour négocier en bloc. Toutefois, faute de sièges suffisants pour une coalition au pouvoir, on s’attend généralement à ce qu’il redonne le mandat au président Reuven Rivlin, ce qui laisse supposer qu’un troisième tour d’élections pourrait être en vue alors que l’impasse politique se poursuit.

Le discours de Netanyahu est arrivé quelques heures seulement après que Gantz eut lancé un appel similaire pour que Netanyahu et son parti, le Likud, entament des pourparlers pour former un gouvernement d’unité, mais dirigé par Gantz et son parti Kakhol lavan.

Lors d’une réunion du parti Kakhol lavan à Tel Aviv, M. Gantz a déclaré que les pourparlers de coalition ne devraient pas porter sur la répartition des portefeuilles ministériels, mais sur les politiques du prochain gouvernement.

« Le poste n’est pas important. Pourquoi est-il important de savoir qui détient quel portefeuille ? Cela ne devrait être discuté qu’après le fond », a-t-il dit. « Je ne cherche pas à être Premier ministre pour l’honneur. J’ai demandé la confiance du public pour mener à bien une mission. »

M. Gantz a ajouté que sa faction n’avait pas d’animosité personnelle à l’égard de Netanyahu, mais que son refus de s’associer au Likoud tant que ce dernier serait le chef du parti était dû aux accusations en instance auxquelles le Premier ministre fait face dans une série d’enquêtes pour corruption.

M. Gantz a exclu que son alliance Kakhol lavan se joigne à un gouvernement dirigé par un premier ministre qui fait face à de graves accusations pénales.

« Ce n’est pas juste ‘Pas Bibi’. Nous ne l’attaquons pas sur le plan personnel. Nous recherchons l’intégrité publique », a dit Gantz, utilisant le surnom de Netanyahu. « Nous cherchons à agir contre la corruption et nous ne pouvons pas siéger avec un Premier ministre contre lequel des inculpations actives ont été signifiées. »

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz fait une déclaration à Tel Aviv, le 26 septembre 2019 (Crédit : Avshalom Shoshoni/Flash90)

L’échange de jeudi a mis en lumière la situation difficile des deux hommes. Après l’échec de Netanyahu à former une coalition après les élections du 9 avril, il a forcé un nouveau vote pour éviter de laisser Gantz avoir une chance de former le gouvernement. La deuxième élection a eu lieu le 17 septembre, mais les électeurs ont obtenu un résultat encore plus bloqué.

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