Rassemblements pour réclamer « justice » pour Sarah Halimi et un procès
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Rassemblements pour réclamer « justice » pour Sarah Halimi et un procès

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche en France pour réclamer "justice pour Sarah" Halimi et exiger un procès pour son meurtrier, déclaré irresponsable

La statue de la place de la République, à Paris, ce dimanche 5 janvier, lors de la marche pour réclamer justice pour Sarah Halimi. (Crédit : Twitter / @DXWEISS92300)
La statue de la place de la République, à Paris, ce dimanche 5 janvier, lors de la marche pour réclamer justice pour Sarah Halimi. (Crédit : Twitter / @DXWEISS92300)

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris et Marseille pour réclamer « justice pour Sarah » Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017, et pour exiger un procès pour son meurtrier, déclaré pénalement irresponsable, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le 19 décembre, la cour d’appel de Paris a déclaré Kobili Traoré, mis en examen pour le meurtre, pénalement irresponsable. Les juges ont estimé que ce consommateur de cannabis était alors en proie à une « bouffée délirante ». Il ne pourra donc pas être jugé aux assises.

Cette décision a provoqué la colère des parties civiles et de représentants de la communauté juive.

« Justice pour Sarah », ont scandé plusieurs centaines de manifestants réunis Place de la République à Paris, tandis que d’autres, venus en scooters et motos, faisaient retentir leurs klaxons. Autour du socle de la statue, une banderole proclamait : « Sarah tuée car Juive. »

À la tribune, William Attal, le frère de Lucie Attal, la victime, – aussi appelée Sarah Halimi – a dénoncé les « incohérences et les dysfonctionnements » à ses yeux de l’enquête menée depuis deux ans, jugeant que sa sœur avait été victime « d’un crime religieux antisémite ».

Muriel Ouaknine Melki, l’avocate de M. Attal, a qualifié la décision du 19 décembre de « décision de la honte », réclamant un procès aux assises.

L’écrivain Marek Halter, lui aussi présent au rassemblement parisien, a mis en garde contre une décision qui pourrait, selon lui, « introduire une nouvelle jurisprudence ».

À Marseille, ce sont 2 500 personnes selon la police qui ont défilé de la préfecture au Palais de justice, brandissant des pancartes ironiques : « Fume des joints, il t’arrivera rien. »

Parmi eux, de nombreux élus, dont plusieurs candidats aux municipales de mars.

« Je suis très inquiet de cette décision de justice qui vient d’être prise (…) Face à une situation aussi injuste, si tout le monde peut se retrouver derrière la bannière bleu-blanc-rouge, c’est tant mieux ! », a estimé auprès de l’AFP Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Un pasteur évangélique, Frédéric Baudin, est venu exprimer son « soutien » aux Juifs : « Je m’indigne avec vous de l’absence de procès et de jugement », a-t-il lancé à la foule.

Léa, la soixantaine, était venue en famille pour ce rassemblement, « en tant que Juive et en tant que citoyenne ».

« Il a massacré Sarah Halimi, il l’a défenestrée, et tout ça dans l’indifférence ? Je ne pouvais pas rester chez moi aujourd’hui », a-t-elle expliqué.

Fin décembre, le grand rabbin de France Haïm Korsia, qui ne participait pas au rassemblement dimanche, avait rendu publique une lettre ouverte adressée à la ministre de la Justice Nicole Belloubet, s’indignant que le « suspect puisse échapper à la justice » et craignant que cette décision ne revienne à délivrer « un permis de tuer les Juifs ».

S’appuyant sur plusieurs expertises, la Cour d’appel avait estimé en décembre qu’il existait « des charges suffisantes contre Kobili Traoré d’avoir (…) volontairement donné la mort » à Mme Halimi, avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme, tout en le déclarant « irresponsable pénalement en raison d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ».

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