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Réactions internationales après les heurts au mont du Temple

La France a appelé à la "plus grande retenue" ; Le roi Mohammed VI a ordonné de communiquer cette « condamnation » « directement au chef du bureau de liaison israélien à Rabat »

Des Palestiniens se heurtent aux forces israéliennes à la mosquée al-Aqsa, sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)
Des Palestiniens se heurtent aux forces israéliennes à la mosquée al-Aqsa, sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Ce samedi, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc ont condamné d’une même voix les violences, survenues la veille, dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa. Des centaines de Palestiniens se sont affrontés à la police israélienne, dans une redite des scènes qui avaient précédé la guerre de Gaza, en mai 2021.

Le Maroc, pays arabe ayant normalisé ses relations avec Israël, a ainsi dénoncé ce qu’il a appelé une « agression flagrante » des « forces d’occupation israéliennes » au mont du Temple à Jérusalem, théâtre de violents heurts la veille entre policiers israéliens et émeutiers palestiniens.

Le royaume « exprime sa ferme condamnation et sa forte dénonciation de l’incursion des forces d’occupation israéliennes dans la mosquée al-Aqsa, la fermeture de ses portes et l’agression des fidèles désarmés dans l’enceinte de la mosquée et sur ses esplanades », a indiqué le ministère marocain des Affaires étrangères dans un communiqué.

Rabat « considère que cette agression flagrante et cette provocation méthodique durant le mois sacré du ramadan ne fera qu’attiser les sentiments de haine et d’extrémisme et réduire à néant les chances de relance du processus de paix dans la région », est-il ajouté.

Le roi Mohammed VI – président du comité Al-Qods, chargé de contribuer à la sauvegarde des lieux saints musulmans à Jérusalem – a ordonné de communiquer cette « condamnation » « directement au chef du bureau de liaison israélien à Rabat », a précisé le ministère.

Rabat a par ailleurs appelé l’ONU et la communauté internationale « à intervenir d’urgence pour mettre un terme à ces violations et agressions contre le peuple palestinien ».

Le Maroc et Israël ont rétabli leurs relations diplomatiques fin 2020 dans le cadre d’un processus de normalisation entre l’Etat hébreu et plusieurs pays arabes, soutenu par l’administration américaine de l’ancien président Donald Trump.

« Les Émirats arabes unis condamnent avec la plus grande fermeté l’attaque, par les forces de l’ordre israéliennes, de la mosquée Al-Aqsa, au terme de laquelle plusieurs civils ont été blessés », a déclaré le ministère des Affaires étrangères de l’État du Golfe dans un communiqué, invitant à « faire preuve de retenue et protéger les fidèles ».

Le communiqué rappelle la position des Émirats arabes unis suivant laquelle les autorités israéliennes doivent respecter le droit des Palestiniens à pratiquer leurs rites religieux, et mettre fin à toute pratique susceptible de profaner la mosquée Al-Aqsa.

Évoquant les autorités musulmanes du Waqf chargées d’administrer les sites religieux sur le mont du Temple, il précise : « En outre, les Émirats arabes unis rappellent la nécessité de respecter le rôle de gardien dévolu au royaume hachémite de Jordanie, conformément au droit international et au contexte historique, et de ne pas compromettre l’autorité de la fondation hiérosolymitaine gestionnaire de la mosquée Al-Aqsa ».

Le ministère bahreïni des Affaires étrangères a publié une déclaration similaire affirmant que « la prise d’assaut de la mosquée Al-Aqsa par la police israélienne » et les blessures et arrestations d’émeutiers palestiniens étaient « une provocation pour les musulmans, en particulier pendant le mois sacré du Ramadan ».

La réaction des États du Golfe fait suite à celle des États-Unis, qui se sont dits « très préoccupés » par les violences à Jérusalem, ainsi que de voisins d’Israël au Moyen-Orient – la Jordanie, l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Turquie -qui ont tous publié des déclarations condamnant fermement les événements.

L’ONU et l’UE ont fait preuve de davantage de mesure dans leur réaction, appelant au calme et exhortant les parties à agir avec retenue.

La France a aussi appelé à la « plus grande retenue ».

« Nous appelons à la plus grande retenue et à éviter toute forme de violence », a déclaré le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères. « La France appelle au respect et à la préservation du statu quo historique sur les Lieux saints à Jérusalem et rappelle le rôle essentiel de la Jordanie à cet égard », a-t-il ajouté.

La France a aussi rappelé sa « ferme condamnation des attaques terroristes qui ont fait quatorze morts en Israël, dont une de nos compatriotes », Shirel Aboukrat.

Yazan Falah et Shirel Aboukrat, deux agents de la police des frontières tués dans une attaque terroriste à Hadera, photographiés à leur base, quelques heures avant d’être tués le 27 mars 2022. (Crédit : Police israélienne)

Les Etats-Unis se sont eux dits « profondément préoccupés par la violence à Jérusalem ».

« Nous appelons toutes les parties à la retenue, à éviter toute provocation par des paroles ou des actes et à préserver le statu quo historique sur l’esplanade des Mosquées/le Mont du Temple », a déclaré dans un communiqué le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price.

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