Trump annonce une reprise des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël
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Trump annonce une reprise des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël

Le président américain a également fait savoir sur Twitter qu'il avait signé une proclamation reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump et le roi du Maroc Mohammed VI (Crédit : Abir Sultan, Evan Vucci et Palais royal du Maroc / AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump et le roi du Maroc Mohammed VI (Crédit : Abir Sultan, Evan Vucci et Palais royal du Maroc / AP)

Donald Trump a annoncé jeudi que le Maroc s’était engagé à normaliser ses relations avec Israël, comme l’avaient déjà fait récemment trois autres pays arabes, les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan.

Le président américain a également fait savoir sur Twitter qu’il avait signé une proclamation reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Une reconnaissance d’Israël par l’Arabie saoudite est « inéluctable », a ensuite jugé le conseiller et gendre de Donald Trump Jared Kushner.

« Un rapprochement entre Israël et l’Arabie saoudite et une pleine normalisation sont à ce stade inéluctables mais le calendrier doit encore être défini », a estimé M. Kushner auprès de journalistes.

Proclamation officielle de la Maison Blanche :

« Les États-Unis affirment, comme l’ont déclaré les administrations précédentes, leur soutien à la proposition d’autonomie du Maroc comme seule base pour une solution juste et durable du différend sur le territoire du Sahara occidental. Par conséquent, à compter d’aujourd’hui, les États-Unis reconnaissent la souveraineté marocaine sur l’ensemble du territoire du Sahara occidental et réaffirment leur soutien à la proposition d’autonomie sérieuse, crédible et réaliste du Maroc comme seule base pour une solution juste et durable du différend sur le territoire du Sahara occidental. Les États-Unis estiment qu’un État sahraoui indépendant n’est pas une option réaliste pour résoudre le conflit et qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine est la seule solution possible. Nous exhortons les parties à engager des discussions sans délai, en utilisant le plan d’autonomie du Maroc comme seul cadre pour négocier une solution mutuellement acceptable. Pour faciliter les progrès vers cet objectif, les États-Unis encourageront le développement économique et social avec le Maroc, y compris dans le territoire du Sahara occidental, et à cette fin ouvriront un consulat dans le territoire du Sahara occidental, à Dakhla, afin de promouvoir les opportunités économiques et commerciales pour la région.

Par conséquent, je, DONALD J. TRUMP, Président des États-Unis d’Amérique, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la Constitution et les lois des États-Unis, proclame par la présente que les États-Unis reconnaissent que l’ensemble du territoire du Sahara occidental fait partie du Royaume du Maroc.

EN FOI DE QUOI, j’ai apposé ma signature en ce quatrième jour de décembre, en l’an de grâce deux mille vingt, et de l’indépendance des États-Unis d’Amérique le deux cent quarante-cinquième. »

« Une autre avancée HISTORIQUE aujourd’hui! », a écrit sur Twitter le président américain. « Nos deux GRANDS amis, Israël et le Royaume du Maroc, ont accepté de normaliser complètement leurs relations diplomatiques – un grand pas en avant pour la paix au Moyen-Orient! ».

Dans leurs premières réactions à l’annonce de Trump, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le roi marocain Mohammad VI ont salué le dernier accord de normalisation.

« Ce sera une paix très chaleureuse. Sur ce Hanoukka, la lumière de la paix n’a jamais brillé plus fort qu’aujourd’hui au Moyen-Orient », a déclaré Netanyahu lors d’une cérémonie d’allumage des bougies de Hanoukka au mur Occidental.

Il ne s’agit pas d’une « reconnaissance » d’Israël, a souligné un haut responsable diplomatique marocain, même si des liens existent entre les deux pays, notamment du fait de l’importante communauté juive d’origine marocaine en Israël, qui compte environ 700 000 personnes.

« Le Maroc a reconnu Israël en 1994, il y a eu une présence diplomatique pendant huit ans à Rabat et Tel-Aviv », jusqu’à leur fermeture au début des années 2000, a rappelé le haut responsable.

Le roi a déclaré dans un communiqué que le Maroc prendrait trois mesures dans un proche avenir.

Premièrement, faciliter les vols directs entre Israël et le Maroc.

La nation nord-africaine cherchera également à « reprendre les relations bilatérales officielles et les relations diplomatiques [avec Israël] dès que possible ».

Le Maroc cherchera également « à développer des relations innovantes dans les domaines économique et technologique. Dans le cadre de cet objectif, des travaux seront menés sur le renouvellement des bureaux de liaison dans les deux pays, comme ce fut le cas par le passé pendant de nombreuses années, jusqu’en 2002 », a déclaré le roi Mohammad.

Le roi a remercié Trump d’avoir reconnu la souveraineté marocaine sur la région contestée du Sahara occidental.

Expliquant sa décision, le roi Mohammad a cité entre autres raisons « le rôle historique que le Maroc a joué dans le rapprochement des peuples de la région et le soutien à la sécurité et à la stabilité au Moyen-Orient, et compte tenu des liens particuliers qui unissent la communauté juive du Maroc, y compris en Israël, à la personne de Sa Majesté le Roi. »

Israël et le Maroc ont établi des relations diplomatiques de faible niveau au cours des années 1990 à la suite des accords de paix intérimaires d’Israël avec les Palestiniens, mais ces liens ont été suspendus après le déclenchement du deuxième soulèvement palestinien en 2000. Depuis lors, cependant, les liens informels se sont poursuivis et on estime que 50 000 Israéliens se rendent chaque année au Maroc lors de voyages destinés notamment à découvrir la communauté juive et à retracer les histoires familiales.

Le roi du Maroc préside le « Comité Al-Qods » (Jérusalem en arabe), créé par l’Organisation de la coopération islamique pour oeuvrer à la préservation du patrimoine religieux, culturel et urbanistique de la Ville sainte. La visite du pape François en mars 2019 avait été l’occasion pour lui de réaffirmer sa volonté de « préserver » Jérusalem comme « lieu de rencontre et symbole de coexistence pacifique ».

Le mouvement terroriste islamiste palestinien du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a qualifié jeudi soir de « péché politique » l’accord entre Israël et le Maroc. « C’est un péché politique qui ne sert pas la cause palestinienne et encourage l’occupation (nom donné par les responsables palestiniens à Israël) à continuer de nier les droits de notre peuple », a déclaré à l’AFP Hazem Qassem, le porte-parole du Hamas.

La Maison Blanche a déclaré que Trump et le roi du Maroc Mohammed VI avaient convenu lors d’une conversation que le Maroc « reprendrait les relations diplomatiques entre le Maroc et Israël et élargirait la coopération économique et culturelle pour faire progresser la stabilité régionale ».

La Republican Jewish Coalition a été l’une des premières organisations juives américaines à saluer la nouvelle.

Le site d’information Axios rapporte que l’accord était en préparation depuis environ deux ans, mais qu’il s’est accéléré ces derniers mois, sous l’impulsion de Jared Kushner, assistant principal de la Maison Blanche, et de l’envoyé spécial Avi Berkowitz.

Bahreïn et les Emirats arabes unis avaient déjà accepté ces derniers mois de normaliser leurs relations avec Israël, dans le cadre des accords dits d’Abraham, menés par la Maison Blanche représentée par Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump.

Le Soudan a également donné son accord de principe pour en faire de même.

La question de la normalisation des relations entre Rabat et Israël avait été relancée en février dernier à l’occasion d’une visite officielle au Maroc du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

A l’époque, des médias israéliens assuraient que le Maroc serait prêt à faire un geste en contrepartie d’un soutien américain à la position du Maroc sur le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole que se disputent les Marocains et les indépendantistes du Polisario soutenus par l’Algérie.

Donald Trump, qui quittera la Maison Blanche le 20 janvier, a ainsi annoncé dans le même temps sur Twitter qu’il avait signé jeudi une proclamation reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

« La proposition sérieuse, crédible et réaliste du Maroc sur le plan d’autonomie est la seule base pour une solution juste et pérenne afin d’assurer paix et prospérité! », a-t-il écrit.

« Le Maroc a reconnu les Etats-Unis en 1777. Il est donc approprié que nous reconnaissions leur souveraineté sur le Sahara occidental », a-t-il ajouté.

« Les Etats-Unis estiment qu’un Etat sahraoui indépendant n’est pas une option réaliste pour résoudre le conflit et qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine est la seule solution possible », affirme la Maison Blanche dans un communiqué, qui ne mentionne pas d’accord visant à établir des relations avec Israël.

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