Reconnaissance d’un État palestinien : Caroline Yadan se désolidarise de Macron
En désaccord avec la décision du président, l'élue dénonce une « faute politique, morale et historique » et affirme rester fidèle à ses principes et à ses électeurs
Dans une tribune publiée jeudi soir dans L’Opinion Internationale, la députée des Français établis hors de France Caroline Yadan a annoncé prendre ses distances avec le président de la République.
En désaccord profond avec la décision d’Emmanuel Macron de reconnaître un État palestinien lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies, elle déclare qu’elle siègera désormais parmi les députés apparentés Renaissance, quittant ainsi le groupe majoritaire.
Elle a qualifié cette décision présidentielle de « faute politique, morale et historique ».
Pour l’élue, aucune des conditions que le président avait lui-même posées en juin dernier ne sont aujourd’hui remplies : ni la libération des otages, ni la démilitarisation du Hamas, ni son exclusion de la gouvernance palestinienne, ni la réforme de l’Autorité palestinienne, ni la reconnaissance mutuelle entre les deux États.
Elle a également rappelé qu’un récent sondage Ifop montre que 78 % des Français rejettent une reconnaissance immédiate et sans condition de la Palestine, un chiffre qu’elle juge révélateur de la lucidité de l’opinion face à la complexité du conflit.
Caroline Yadan insiste sur le fait que reconnaître un État palestinien dans le contexte actuel revient à envoyer un signal très dangereux, notamment à l’organisation terroriste Hamas qui, dit-elle, n’a pas tardé à saluer la décision du président français. Elle dénonce également le silence face aux tirs de roquettes quotidiens sur Israël et souligne que cette reconnaissance intervient moins de deux ans après le massacre du 7 octobre, qu’elle qualifie de plus grand pogrom antisémite depuis la Shoah. Cette date, dit-elle, ne peut en aucun cas devenir un mythe fondateur pour une Nation.
Je prends acte, avec gravité, de la décision du Président de la République, Emmanuel Macron, d’annoncer unilatéralement, lors du prochain Conseil général des Nations unies, la reconnaissance par la France d’un État palestinien.
Cette perspective me heurte profondément. Elle…
— Caroline Yadan (@CarolineYADAN) July 24, 2025
Elle se dit fidèle à ses valeurs, à ses électeurs et à la mission qu’ils lui ont confiée, rappelant qu’elle représente de nombreux Français vivant en Israël. Elle exprime sa solidarité avec les familles des otages toujours détenus, avec les victimes du 7 octobre, et avec les Français juifs confrontés à une recrudescence glaçante de la haine antisémite.
En quittant le groupe Renaissance, Caroline Yadan assure ne pas renier son engagement politique. Elle affirme agir par cohérence, responsabilité et loyauté, saluant au passage les propos de Gabriel Attal, qu’elle juge à la hauteur de la situation.
Libre de sa parole, mais fidèle à ses convictions, elle conclut sa tribune en réaffirmant son attachement à la France, à ses principes et à ceux qu’elle représente : « Agir pour la France, pour nos principes, pour les Français de ma circonscription – c’est ainsi que je conçois ma mission de députée. Et je n’y renoncerai pas. »








