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Refonte judiciaire : L’effondrement financier pourrait être pire que prévu – experts

Une seconde lettre signée par des centaines d'économistes indique qu'il pourrait y avoir "des dommages à long-terme pour la croissance économique et le niveau de vie des Israéliens"

Des Israéliens bloquant une route et se heurtant à la police alors qu'ils protestent contre la réforme du système  judiciaire prévue par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 1er mars 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des Israéliens bloquant une route et se heurtant à la police alors qu'ils protestent contre la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 1er mars 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Une centaine d’économistes israéliens ont lancé jeudi un nouvel avertissement selon lequel un effondrement financier pourrait se produire « plus puissamment et plus rapidement » qu’ils ne l’avaient initialement prévu, en rédigeant une seconde « lettre d’urgence » dans laquelle ils mettent en garde contre les graves conséquences de la réforme radicale du système judiciaire proposée par le gouvernement.

« Depuis que nous avons publié notre première lettre, de nombreuses indications croissantes montrent que les dommages causés à l’économie pourraient se manifester plus puissamment et plus rapidement que nous ne l’avions prévu », ont-ils prévenu dans leur seconde lettre. « Ces dernières semaines, nous observons les premiers signes d’une fuite des capitaux qui contraint la Banque d’Israël à continuer de relever les taux d’intérêt à un rythme rapide. »

« Même si les marchés finissent par se stabiliser à court-terme, l’expérience d’autres pays où les institutions judiciaires et financières ont été mises à mal, ainsi que les recherches menées au cours des dernières décennies, montrent que nous pouvons nous attendre à des dommages à long-terme sur la croissance économique et le niveau de vie des Israéliens », ont averti les experts.

« Il n’est pas encore trop tard pour arrêter le train avant qu’il ne quitte la gare », ont-ils ajouté.

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Ces dernières semaines, le shekel a atteint son plus bas niveau depuis trois ans, la bourse de Tel-Aviv a enregistré des performances médiocres et de grandes entreprises ont retiré leur argent des comptes israéliens.

Parmi les signataires de la lettre figurent d’éminents universitaires de droite et de gauche – notamment le professeur Daniel Kahneman, lauréat du Prix Nobel ; le professeur Eugene Kandel, ancien conseiller économique de Netanyahu et ancien président du Conseil national économique ; le professeur Omer Moav, ancien conseiller au ministère des Finances ; le professeur Avi Ben Bassat, ancien directeur du ministère des Finances et le professeur Manuel Trajtenberg, qui a occupé une série de postes déterminants au sein du gouvernement.

L’ancien gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Jacob Frenkel, qui avait été nommé par Netanyahu lors de son retour à ce poste en 2013, a également signé la lettre.

L’ancien gouverneur de la Banque centrale d’Israël Jacob Frenkel, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse à la Knesset, à Jérusalem, le 24 juin 2013. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La seconde lettre est arrivée un jour après que l’agence Fitch Ratings a confirmé la note de crédit A+ d’Israël avec une perspective stable, citant les performances économiques « diversifiées et résilientes » du pays, tout en avertissant que la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement pourrait avoir un « impact négatif » sur la note de crédit du pays.

L’agence de notation a averti que la réforme pourrait avoir un impact négatif sur le profil de crédit d’Israël en affaiblissant l’indicateur de gouvernance ou si l’affaiblissement des contrôles institutionnels conduit à des résultats politiques moins bons ou à un sentiment négatif durable des investisseurs.

La coalition de droite radicale du Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné la priorité aux propositions controversées de remaniement du système judiciaire, dont le ministre de la Justice Yariv Levin est l’un des deux principaux instigateurs. Le projet de réforme accorderait au gouvernement un contrôle total sur la nomination des juges, y compris les juges de la Haute Cour, et limiterait sévèrement la capacité de la Haute Cour à invalider les lois.

Malgré les manifestations de masse et l’opposition des principales voix économiques et d’anciens responsables politiques appelant à la protection de la démocratie israélienne et du système de freins et contrepoids, le gouvernement s’est déclaré déterminé à faire avancer le paquet de révision à toute vitesse.

« Certains pays qui ont adopté des réformes institutionnelles majeures réduisant les contrôles et les équilibres institutionnels ont vu un affaiblissement significatif des indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale (WBGI), les indicateurs les plus influents dans notre modèle de notation souveraine (SRM) », a déclaré Fitch dans un communiqué. « Il n’est pas clair à ce stade si les réformes proposées en Israël auraient un impact de même ampleur. »

Des employés du secteur de la high-tech défilant à Tel Aviv pour protester contre le projet de remaniement du système judiciaire du gouvernement, le 31 janvier 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Dans leur première lettre, les économistes ont déclaré que les mesures radicales prévues – qui, selon les experts, élimineront l’équilibre des pouvoirs qui soutient les institutions démocratiques israéliennes – pourraient entraîner une baisse des investissements dans l’industrie technologique locale en plein essor, qui est l’un des moteurs de croissance les plus fiables du pays.

Ils ont également invoqué le risque réel de « fuite des cerveaux » et l’éventuelle délocalisation hors d’Israël des centres de recherche et de développement, ainsi que le danger d’une baisse de la notation du pays par les agences internationales.

Le plan de refonte du système judiciaire a suscité des semaines de protestations massives contre le gouvernement et des avertissements de la part d’avocats, d’économistes, d’hommes d’affaires, de professionnels et même de la communauté internationale, selon lesquels les réformes porteront atteinte à la démocratie, à l’économie et à la sécurité d’Israël.

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