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Réforme judiciaire : Gantz exhorte les citoyens « à faire trembler le pays »

Le Premier ministre assure avoir reçu un mandat clair pour procéder à cette refonte notamment décriée par les experts en droit

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, s'exprimant lors d'une réunion de faction à la Knesset, à Jérusalem, le 9 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, s'exprimant lors d'une réunion de faction à la Knesset, à Jérusalem, le 9 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Défendant le programme de réforme judiciaire que son parti, le Likud, propose, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi que les récentes élections ont donné à sa coalition un mandat pour poursuivre les changements qui, selon lui, créeront un bon équilibre entre les autorités judiciaires et politiques.

« Ce que nous essayons de faire, c’est de ramener Israël à un équilibre correct entre les autorités politiques et judiciaires », a déclaré Netanyahu, affirmant que les réformes de son gouvernement rendront la division des pouvoirs en Israël plus similaire à celle que l’on trouve aux États-Unis et dans des pays européens. Le plan, en plusieurs points visant à accroître le pouvoir politique sur le pouvoir judiciaire, « ne détruit pas la démocratie », mais la « réhabilite », a-t-il affirmé.

S’exprimant au début de la réunion de faction du Likud à la Knesset lundi, Netanyahu a ajouté « nous avons reçu un mandat clair du public pour exécuter » les plans que sa coalition a présentés pendant les élections législatives, y compris la réforme judiciaire. « Nous n’avons pas peur de la campagne médiatique unilatérale menée contre nous », a déclaré le Premier ministre.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, s’en est aussi pris lundi aux politiciens de l’opposition qui ont accusé son camp d’inciter à la « guerre civile », et a aussi assuré que le plan de réforme judiciaire du gouvernement vise à « renforcer la démocratie israélienne » et à restaurer la confiance du public dans les tribunaux.

Le chef du parti d’extrême-droite, Bezalel Smotrich, lors d’un débat à la Knesset diffusé à la télévision israélienne, le 21 novembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

S’exprimant quelques minutes après que le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz a averti que le plan de réforme judiciaire présenté la semaine dernière pousserait la société israélienne au bord du gouffre.

« Il est doublement triste que des mots durs et des menaces de guerre civile viennent des échelons les plus élevés », a déclaré Smotrich.

S’exprimant au début de la réunion de la faction de son propre parti, HaTzionout HaDatit, Smotrich a demandé « que chacun cesse immédiatement de tenir des discours incendiaires et incitatifs ». « Depuis des temps immémoriaux, hier comme aujourd’hui, le camp nationaliste a dit non à la guerre civile », a-t-il ajouté.

Simcha Rothman, député du parti HaTzionout HaDatit, est un personnage clé dans la promotion du plan de réforme judiciaire de la coalition mené par le ministre de la Justice du Likud, Yariv Levin.

Le ministre de la Justice Yariv Levin lors d’un entretien télévisé, le 7 janvier 2023. (Capture d’écran : Douzième chaîne)

Smotrich a rappelé qu’il avait présenté des éléments du programme de refonte judiciaire lors d’une conférence de presse peu avant les élections législatives, et a affirmé que le public avait voté en sa faveur.

« Je ne vivrai pas un jour de plus dans un pays sans un système judiciaire fort et indépendant : un système judiciaire qui protégera les droits individuels mais qui ne fera pas avancer un programme de gauche radicale », a-t-il ajouté.

« Nous commençons la réparation. Nous voulons un tribunal qui a la confiance du public, un tribunal diversifié et fort qui défende les faibles et protège le citoyen ordinaire. »

Le ministre sortant de la Justice et député du parti HaMahane HaMamlahti, Gideon Saar, a affirmé lundi que les réformes prévues par le gouvernement concernant les nominations judiciaires ajouteront « des arrière-pensées et des considérations politiques » à la désignation des arbitres de la justice israélienne.

Le député HaMahane HaMamlahti, Gideon Saar, lors d’une réunion de faction du parti à la Knesset, à Jérusalem, le 9 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Toute personne qui connaît le système politique comprend immédiatement ce qui va se passer. Des arrière-pensées et des considérations politiques dicteront qui sera choisi pour être juge en Israël », a déclaré Saar au début de la réunion de faction du parti HaMahane HaMamlahti.

« Chaque juge saura à qui il est redevable et chaque plaideur se présentant devant lui saura également qui est son créancier », a-t-il ajouté. « C’est un moyen infaillible de transformer notre système judiciaire en un système corrompu. »

En tant que ministre de la Justice, Saar avait accru la transparence du panel en rendant publiques les audiences de la commission de sélection des juges. En tant que député du Likud, il avait équilibré le pouvoir de nomination entre les politiciens et les représentants professionnels.

Saar a également affirmé que la clause dite « dérogatoire » de la Haute Cour devrait nécessiter une « majorité spéciale », bien qu’il n’ait pas fixé de chiffre précis.

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Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, a affirmé lundi que le projet de réforme judiciaire du gouvernement conduira à une « guerre civile » en Israël.

« Si vous continuez sur cette voie, vous serez responsables de la guerre civile dans la société israélienne », a déclaré Gantz lors de la réunion de la faction de son parti HaMahane HaMamlahti à la Knesset.

Le ministre sortant de la Défense a ajouté que le plan de réforme judiciaire « aura un impact fatal sur la sécurité nationale – à la fois sur la résilience des citoyens de toutes les parties de la société, et sur la capacité de la Haute Cour de justice et du système juridique à être notre dôme de fer juridique vis-à-vis du monde ».

Selon lui, les « libéraux de droite, qui aiment l’État », devraient être « les premiers à sortir et à protester ».

Il a exhorté le public à descendre dans la rue. « Sortez et luttez pour ce en quoi vous croyez – contre la démolition de la démocratie et ce mouvement débridé. »

« Il est temps de sortir en masse et de manifester ; il est temps de faire trembler le pays », a-t-il déclaré, soulignant que toute action de ce type doit être conforme à la loi.

Jeudi, le ministre de la Justice, Yariv Levin, a annoncé le plan du cabinet visant à établir un mécanisme juridique permettant à la Knesset de rétablir les lois invalidées par la Cour, à réorganiser le mode de sélection des juges, à éliminer l’indépendance des conseillers juridiques du gouvernement et à réduire la capacité de la Cour à évaluer le « caractère raisonnable » des décisions gouvernementales.

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Selon Gantz, les ennuis judiciaires du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui ont atteint leur paroxysme avec les procès pour corruption en cours, ont poussé son parti, le Likud, à poursuivre une réforme judiciaire qui conduira le pays à être « démocratiquement handicapé ».

« Si vous pensez qu’une injustice juridique vous a été faite, ne la corrigez pas par une injustice envers l’État d’Israël et la société israélienne. C’est un acte anti-patriotique et anti-sioniste », a ajouté Gantz.

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S’exprimant lors d’une réunion de faction du parti Yesh Atid, le leader de l’opposition, Yair Lapid, a poursuivi ses critiques sévères lundi à l’égard des projets de réforme judiciaire du gouvernement.

« Ce n’est pas une réforme judiciaire – c’est un changement de régime extrémiste, c’est l’annulation de la Déclaration d’Indépendance, c’est l’exclusion d’Israël de la famille des pays libéraux », a déclaré Lapid.

« Ce n’est pas réparer la démocratie – c’est éliminer la démocratie. »

« Un pays dans lequel le gouvernement peut faire n’importe quoi n’est pas une démocratie », a-t-il ajouté. « Un gouvernement qui, en l’espace d’une matinée, annule tous les freins et contrepoids qui existent sur le pouvoir, n’est pas démocratique. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirigeant une réunion de faction de son parti, le Likud à la Knesset, à Jérusalem, le 9 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Répondant aux appels du député Benny Gantz à descendre dans la rue et aux accusations selon lesquelles le Premier ministre incite à une guerre civile, Netanyahu a ensuite estimé que Gantz « plante les graines du désastre » en ne condamnant pas les manifestants qui comparent son gouvernement au régime nazi.

« J’ai entendu ce que le député Gantz a dit et je dois dire que je suis choqué », peut-on entendre Netanyahu déclarer lors de la réunion de faction à huis clos de son parti, le Likud, dans une vidéo publiée par les porte-parole du Likud. Netanyahu a ajouté que les déclarations de Gantz étaient « un appel à la sédition au sein de la Knesset ».

Une grande manifestation contre le plan de réforme judiciaire du gouvernement à Tel Aviv samedi comprenait des pancartes comparant le gouvernement et ses ministres de la Justice à des nazis, comportement que Gantz n’a pas encore condamné publiquement.

« Quelqu’un qui ne condamne pas la comparaison du ministre de la Justice à un nazi et du gouvernement d’Israël au Troisième Reich, est celui qui plante les graines du désastre », a ajouté Netanyahu, appelant Gantz à revenir « immédiatement » sur ses propos.

Des Israéliens protestent contre le gouvernement israélien actuel, sur la place Habima à Tel Aviv, le 7 janvier 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90

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