Rejet israélien d’une demande française de reprise du transfert fiscal à l’AP
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Rejet israélien d’une demande française de reprise du transfert fiscal à l’AP

Paris a demandé à Israël de reprendre les paiements, gelés à cause du soutien aux familles des terroristes ; pour Jérusalem, cette démarche violerait l'antiterrorisme européen

Le président français Emmanuel Macron, à gauche, serre la main du Premier ministrte Benjamin Netanyahu à son arrivée au palais de l'Elysée à Paris, le 10 décembre 2017 (Crédit :   / AFP PHOTO / ludovic MARIN)
Le président français Emmanuel Macron, à gauche, serre la main du Premier ministrte Benjamin Netanyahu à son arrivée au palais de l'Elysée à Paris, le 10 décembre 2017 (Crédit : / AFP PHOTO / ludovic MARIN)

Israël aurait rejeté une demande officielle soumise par le gouvernement français concernant la reprise du transfert des paiements de taxes à l’Autorité palestinienne, fustigeant Paris pour ce que Jérusalem a qualifié de demande « immorale ».

La France aurait envoyé une lettre officielle à Israël la semaine dernière, recommandant vivement au pays de « changer [la] décision portant sur le gel des transferts à l’Autorité palestinienne des fonds issus des prélèvements de taxes », a fait savoir la Douzième chaîne dimanche. Ce courrier a été envoyé après l’annonce faite par Israël, au mois de février, que l’Etat juif bloquerait le versement de 138 millions de dollars mensuels à l’AP en déduction des sommes versées par l’Autorité aux Palestiniens détenus en Israël pour terrorisme et violence, et aux familles des terroristes tués.

En signe de protestation contre l’initiative israélienne, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, avait fait savoir qu’il n’accepterait plus aucun argent de la part d’Israël et, depuis, l’AP n’a versé à ses fonctionnaires qu’une partie seulement de leurs salaires mensuels. Israël, qui collecte les taxes au nom de l’AP, estime que les « salaires du terrorisme » encouragent à la violence. Pour l’Autorité palestinienne, ces paiements sont une forme d’allocation versée aux familles ayant perdu la personne qui assurait leurs besoins quotidiens.

Rejetant l’appel lancé par la France, Israël a répondu que sa politique serait maintenue en l’état. Utilisant un langage inhabituellement teinté d’amertume, le pays aurait également déclaré à Paris : « Votre requête n’est ni juste moralement, ni juste au niveau diplomatique, et elle contredit même les principes de la politique européenne dans la lutte antiterroriste. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’une réunion du cabinet qui a eu lieu dimanche, a répété que la politique de rétention des fonds resterait en vigueur, a noté la Douzième chaîne.

La semaine dernière, un haut-responsable de l’AP aurait averti que le Hamas voulait exploiter la situation économique en Cisjordanie et verser de l’argent aux agents de l’Autorité et aux forces de sécurité afin de prendre le contrôle du territoire.

Cet effort pourrait ressembler au coup d’Etat réalisé par le Hamas, à Gaza, en 2007, a noté le responsable, selon un reportage diffusé sur la Douzième chaîne. Le Hamas avait renversé la faction du Fatah de Mahmoud Abbas à Gaza, prenant la tête du territoire deux ans après le retrait unilatéral d’Israël. Le groupe terroriste dirige depuis lors l’enclave côtière.

« Nous craignons que le Hamas n’exploite la situation économique qui ne cesse de se détériorer pour nos officiers et pour les membres de nos forces de sécurité et qu’il ne les achète en leur versant des fonds », aurait poursuivi le responsable lors d’une réunion à huis-clos qui aurait eu lieu cette semaine. « C’est ainsi que le Hamas a pris le contrôle de Gaza lors du coup d’Etat de 2007, avec des pots-de-vins versés en dessous-de-table. »

Le ministre palestinien des Finances a annoncé des coupes de salaires pour les fonctionnaires quelques jours après qu’Israël a fait savoir que le pays gèlerait des dizaines de millions de dollars en transferts fiscaux à l’AP.

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