Reliques d’une rébellion : visitez, pendant Hanoukka, le site des Maccabées
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Reliques d’une rébellion : visitez, pendant Hanoukka, le site des Maccabées

En allant à Modiin, où vivaient les rebelles à qui nous rendons hommage en cette fêtes, vous pourrez voir des vestiges, des sites historiques et autre curiosités naturelles

  • Un ancien aqueduc et une piscine dans le parc d'Ayalon Canada. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Un ancien aqueduc et une piscine dans le parc d'Ayalon Canada. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Des jonquilles dans le parc d'Ayalon Canada, où poussent également des cyclamens, des crocus et une variété d'arbres. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Des jonquilles dans le parc d'Ayalon Canada, où poussent également des cyclamens, des crocus et une variété d'arbres. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Une ancienne grotte dans le parc d'Ayalon Canada. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Une ancienne grotte dans le parc d'Ayalon Canada. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La vallée des sources, située à l'extérieur de Modiin, dispose d'un sentier de randonnée de 40 minutes. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La vallée des sources, située à l'extérieur de Modiin, dispose d'un sentier de randonnée de 40 minutes. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La vallée des sources, située à l'extérieur de Modiin, dispose d'un sentier de randonnée de 40 minutes. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La vallée des sources, située à l'extérieur de Modiin, dispose d'un sentier de randonnée de 40 minutes. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un ancien pressoir à vin dans le parc d'Ayalon Canada, près de Modiin. Le parc de deux acres abrite une variété de sites archéologiques et de sentiers naturels. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Un ancien pressoir à vin dans le parc d'Ayalon Canada, près de Modiin. Le parc de deux acres abrite une variété de sites archéologiques et de sentiers naturels. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un sentier pour les visiteurs près des ruines d'Aked, dans le centre d'Israël. (Crédit : shmuel Bar-Am)
    Un sentier pour les visiteurs près des ruines d'Aked, dans le centre d'Israël. (Crédit : shmuel Bar-Am)
  • Une vue de la vallée d'Ayalon, qui aurait été le site d'anciennes batailles entre les Maccabées et les Grecs. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Une vue de la vallée d'Ayalon, qui aurait été le site d'anciennes batailles entre les Maccabées et les Grecs. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La vallée des sources, à l'extérieur de Modiin, présente des vestiges archéologiques, notamment des grottes résidentielles de l'époque romaine et des aqueducs en pierre. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La vallée des sources, à l'extérieur de Modiin, présente des vestiges archéologiques, notamment des grottes résidentielles de l'époque romaine et des aqueducs en pierre. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Les Maccabées, représentés par l'artiste polonais Wojciech Stattler (1800-1875) (Domaine public via Wikimedia Commons)
    Les Maccabées, représentés par l'artiste polonais Wojciech Stattler (1800-1875) (Domaine public via Wikimedia Commons)
  • Une zone supposée être le lieu de sépulture des Maccabées en dehors de Modiin, dans le centre d'Israël. (Shmuel Bar-Am)
    Une zone supposée être le lieu de sépulture des Maccabées en dehors de Modiin, dans le centre d'Israël. (Shmuel Bar-Am)

7 décembre 1909. C’est le premier jour de Hanoukka et des lycéens sont en excursion. Leur professeur les emmène dans la ville antique de Modiin, célèbre pour avoir abrité, au 1er siècle avant l’ère commune, les Maccabées. On peut presque voir les enfants debout dans un petit champ parmi des dalles de roche évidées, alors qu’ils écoutent des histoires empreintes d’un héroïsme et d’une habileté incroyables. Imaginez-les ensuite regarder autour d’eux, désigner les pierres et déclarer solennellement que c’est là que la célèbre famille des Maccabées a été enterrée.

Les Juifs du monde entier affluent vers les « Tombeaux des Maccabées ». Tout comme les coureurs du marathon annuel de Hanoukka, qui viennent ici pour allumer leur torche avant de commencer la course vers Jérusalem. Pourtant, très peu d’entre eux se rendent compte que la tradition des « tombeaux des Maccabées » est née un après-midi de décembre au début du siècle dernier et n’est pas le résultat d’une découverte archéologique.

Peut-être s’agit-il vraiment des tombeaux des Maccabées ? Les experts rejettent cette idée, affirmant que les tombes sont d’une tout autre époque. En fait, personne ne sait avec certitude où repose la célèbre famille.

La saga des Maccabées remonte à l’époque ou le dirigeant grec Antiochus Epiphane est devenu roi d’Israël en 176 avant l’ère commune. Partant du principe qu’il était un dieu sous forme humaine, il s’attendait à être vénéré correctement et a même produit des pièces de monnaie à son effigie d’un côté et à celle du dieu Zeus de l’autre. Mais ses tentatives de détruire l’identité religieuse des Juifs en interdisant la circoncision et en sacrifiant des cochons sur l’autel du Temple étaient vouées à l’échec car de nombreux Juifs étaient prêts à mourir pour leurs croyances.

Une zone supposée être le lieu de sépulture des Maccabées en dehors de Modiin, dans le centre d’Israël. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Après avoir massacré une multitude de Juifs à Jérusalem, et fait 10 000 autres prisonniers, Antiochus envoya ses hommes dans les villages environnants. Un jour fatidique, en 167 avant l’ère commune, ses forces atteignirent Modiin, un important centre juif où, au moment de la nouvelle lune, les habitants se tenaient sur une colline, allumèrent un feu qui signalait l’arrivée d’un nouveau mois.

Face à l’ordre de se prosterner devant une statue d’Antiochus, un Juif âgé s’est avancé pour obtempérer. C’est alors qu’un certain Mattathias, patriarche de la maison de Hasmonée et descendant d’une famille sacerdotale, a sorti son épée pour transpercer le corps du vieil homme. Il tua ensuite l’un des soldats et s’enfuit avec ses cinq fils dans les montagnes. De là, la famille et les autres rebelles qui se sont joints à eux ont mené une guérilla.

Les Maccabées, représentés par l’artiste polonais Wojciech Stattler (1800-1875) (Domaine public via Wikimedia Commons)

Après la mort de Mattathias, l’un des fils, Judas Maccabeus, est devenu chef des rebelles. Nous le connaissons sous le nom de Judah le Maccabée, un brillant général qui ne voulait rien de moins que l’indépendance pour son peuple.

Les rebelles savaient qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de se battre et c’est probablement la motivation conjuguée aux tactiques sophistiquées de Judah qui a fait la différence. Il y a eu huit batailles en tout, avec la chute de Judah dans le combat final, mais à ce moment-là, le vent avait déjà tourné. Au cours de la quatrième bataille, les guérilleros sont entrés dans Jérusalem et ont purgé le Temple de tous les vestiges du culte païen. C’était l’époque du miracle de Hanoukka, car lorsque vint le moment d’allumer la menorah du Temple, l’infime quantité d’huile trouvée a suffi pour une semaine entière.

Dans les Antiquités judaïques, écrit au 1er siècle, l’historien Josèphe rapporte que Simon « a enterré les ossements de son frère… dans leur propre ville Modiin… de plus, il a construit sept pyramides pour ses parents et ses frères, une pour chacun d’eux… et qui ont été conservées jusqu’à ce jour ».

Près des tombes des Maccabées, un mur commémoratif dédié aux soldats israéliens tombés au combat se dresse à côté de sept structures construites pour faire écho aux pyramides décrites par Josèphe. Derrière elles, le Fonds national juif a planté une rangée de grands cyprès – symbole traditionnel à la fois du deuil et de la vie éternelle.

Un mur commémoratif dédié aux soldats tombés au combat à l’extérieur de Modiin. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

La semaine dernière, par une journée ensoleillée, nous sommes retournés aux Tombes des Maccabées après plus de dix ans. Deux monuments sur le parking rappellent la mort tragique de Kobi Muskuna, 15 ans, chef du mouvement de jeunesse des Maccabées, tué le premier jour de Hanoukka en 1975. Alors qu’il se trouvait sur le site pour aider à préparer le marathon de Hanoukka de cette année-là, il a marché sur une mine israélienne à l’époque où cette zone marquait la frontière avec la Jordanie.

Nous nous sommes amusés à nous promener et avons même découvert quelque chose de nouveau : selon les graffitis modernes sur l’une des tombes des Maccabées, le rabbin Shimon Bar Yohai est également enterré ici. C’est assez étrange, puisque sa tombe traditionnelle se trouve sur le Mont Meron. C’est là-bas que, chaque année, à l’anniversaire de sa mort il y a 2 000 ans, des foules énormes lui rendent hommage.

A quelques centaines de mètres de là, la tombe de Sheikh Arbowie a été bâtie à l’époque ottomane. Les archéologues qui ont creusé sous la tombe il y a de nombreuses années ont trouvé des vestiges qui semblent correspondre au monument élaboré de Shimon tel que décrit dans les Antiquités de Josèphe. Tout a été recouvert depuis.

Plantes de squill et de sabra dans le parc d’Ayalon Canada, près de Modiin. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Shimon n’aurait pas reconnu la tombe, aujourd’hui, et nous non plus : elle a été occupée par des squatteurs et est pleine de détritus. De plus, elle est présentée comme un site religieux juif.

Aucune histoire relative aux Maccabées ne saurait être complète sans une visite au parc Ayalon Canada, situé à l’extérieur du Modiin actuel, financé par des juifs canadiens et conçu et construit par le Fonds national juif.

Le parc s’étend sur près de deux magnifiques hectares et comprend des sentiers pédestres, des aqueducs, des fleurs, un petit lac, des bains romains, un pressoir à vin et d’autres sites archéologiques. Et puis il y a une multitude d’arbres à la fois beaux et variés, des oliviers, caroubiers, pins et cyprès aux grenadiers et amandiers. En ce moment-même, de délicats crocus roses et jaunes sont en fleurs, poussant à même le sol. Les jonquilles dorées et blanches aussi ; elles seront bientôt remplacées par des cyclamens rose vif. Et surtout, ses collines offrent une vue fabuleuse sur la vallée d’Ayalon.

Les Juifs vivent dans la vallée d’Ayalon depuis la conquête de la Terre Promise par les Israélites. Sous la domination grecque d’Israël, certains ont vécu à Hamat, une ville prospère désormais appelée Emmaüs, à la connotation plus grecque. A cette époque, les notables de la ville ont construit un système de canaux, de citernes et de piscines pour répondre aux besoins de leur ville prospère. Le parc Ayalon Canada s’étend sur une grande partie de ce qui était autrefois cette grande ville animée.

Une vue de la vallée d’Ayalon, qui aurait été le site d’anciennes batailles entre les Maccabées et les Grecs. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Au cours des millénaires, la vallée d’Ayalon a été le théâtre de nombreuses et féroces batailles. C’est là en effet que Judah le Maccabée a remporté deux de ses plus importants combats contre les Grecs.

Les Grecs ont décidé de poursuivre la guérilla juive avec une armée de soldats. Leur méthode, qui s’était avérée efficace dans les plaines d’autres parties du monde, consistait à envoyer rangée après rangée de soldats 16 hommes en travers, chacun portant un casque et brandissant une lance devant lui.

Grecs et Juifs se sont affrontés à la montée de Beit Horon, une zone si étroite que, selon les écrits anciens, seuls deux chameaux pouvaient y marcher à la fois et seulement s’ils marchaient l’un derrière l’autre. De plus, il y avait des virages si escarpés qu’on ne pouvait pas voir au-dessus de soi sur la route.

Judah le Maccabée emmena ses hommes dans les collines, attendant au-dessus d’un virage serré de la route que les Grecs montent. A ce moment-là, les Juifs les ont enlevés presque un par un, jusqu’à ce que les autres soient complètement désorientés et s’enfuient.

Un ancien aqueduc dans le parc d’Ayalon Canada, près de Modiin. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Une autre victoire incroyable eut lieu à Hamat/Emmaüs. Judah a répandu des rumeurs selon lesquelles il était dans les collines et travaillait sur un plan de bataille contre les Grecs. Les forces grecques, qui comptaient
40 000 hommes stationnés à Emmaüs, envoyèrent une force d’élite de
5 000 hommes, et son commandant, dans les collines. Pendant qu’ils montaient, les Juifs descendaient une autre colline au sud d’Emmaüs. Ils tournèrent ensuite en rond, s’installèrent dans le camp sans chef et le brûlèrent. Lorsque les forces grecques regardèrent en arrière et virent le camp brûler, elles se retirèrent de toute la zone, laissant un butin qui, pour la première fois, permit aux Juifs de rester bien armés.

Lors de notre visite du samedi, le parc était tellement bondé que nous n’avons pas pu trouver de place pour un pique-nique – et les embouteillages sur les routes étroites étaient décourageants. Nous sommes donc revenus quelques jours plus tard, par une belle journée ensoleillée où la pandémie semblait n’être qu’un mauvais rêve. Une jeune famille qui fêtait un anniversaire nous a rejoints, ainsi qu’une douzaine de personnes âgées comme nous.

La vallée des sources, en dehors de Modiin, abrite des grottes et des aqueducs datant de l’époque romaine. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

C’était l’occasion idéale pour une promenade de 40 minutes, dans chaque sens, jusqu’à un site appelé la Vallée des sources. Non seulement nous pouvions entendre le chant des oiseaux et sentir le parfum des bois, mais il y avait aussi toutes sortes de vestiges archéologiques. Parmi eux, des grottes résidentielles de l’époque romaine et des aqueducs en pierre à deux niveaux différents.

A la fin de la promenade, il y a une montée sur une colline escarpée jusqu’aux ruines d’Aked où les plus aventureux peuvent emprunter un beau sentier circulaire. Malheureusement, les ruines et les grottes de Bar Kochba, nommées d’après une révolte contre les Romains dans les années 132 à 135, sont fermées au public. Il y a cependant une vue imprenable sur l’Ayalon, site de l’événement biblique au cours duquel le soleil s’est arrêté pour Josué Ben Nun. « Soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi, lune, sur la vallée d’Ayalon » (Josué 10 ; 12).

Les ruines d’Aked dans le parc d’Ayalon Canada. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

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