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Rencontre au Caire entre les chefs de la CIA, du Mossad et le Premier ministre qatari – média

Jérusalem a envoyé Ronen Bar et David Barnea dans la capitale égyptienne sous la pression de Washington, alors que des négociations préliminaires reprennent en vue de trouver un accord

Des volutes de fumée se dégageant lors de frappes aériennes israéliennes au-dessus de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 février 2024. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)
Des volutes de fumée se dégageant lors de frappes aériennes israéliennes au-dessus de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 février 2024. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Sous la pression des États-Unis, Israël a finalement envoyé une délégation au Caire mardi pour discuter d’un cadre qui permettrait la libération des otages et une pause prolongée, selon les médias israéliens.

Des hauts fonctionnaires des États-Unis, de l’Égypte et du Qatar se sont rendus dans la capitale égyptienne pour reprendre les négociations sur l’accord en trois phases.

Les directeurs des renseignements américain et israélien et le Premier ministre qatari rencontrent ce mardi au Caire des dirigeants égyptiens pour « œuvrer à une trêve dans la bande de Gaza », a indiqué mardi la télévision AlQahera News, proche du renseignement égyptien.

Le patron de la CIA, William Burns, le chef de l’agence de renseignement du Mossad, David Barnea, et le chef du gouvernement du Qatar, Mohammed Tamim ben Hamad al-Thani, se sont réunis alors que la pression internationale s’intensifie pour un accord de trêve entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, après l’annonce par Israël d’une incursion prochaine dans la ville palestinienne de Rafah.

Ronen Bar, chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, à gauche, avec le chef de l’agence de renseignement du Mossad David Barnea lors de la cérémonie commémorative annuelle de l’armée israélienne marquant le 50e anniversaire de la Guerre du Kippour, à Yad La-Shiryon, le 27 septembre 2023. (Crédit : Jonathan Shaul/Flash90)

De son côté, le Hamas est « ouvert à l’idée de discuter de toute initiative pour mettre fin à l’agression et à la guerre », a assuré à l’AFP l’un de ses cadres sous couvert d’anonymat.

« Le Hamas et les autres mouvements palestiniens attendent les résultats des pourparlers du Caire », a-t-il ajouté.

Le cadre a été élaboré à Paris le mois dernier par le directeur de la CIA Bill Burns, son homologue israélien Barnea, le Premier ministre qatari al-Thani, qui occupe également le poste de ministre des Affaires étrangères, et le chef des services de renseignement égyptiens Abbas Kamel.

L’accord porterait sur une trêve humanitaire en trois phases : 35 à 40 otages israéliens, dont des femmes, des hommes de plus de 60 ans et des personnes souffrant de graves problèmes de santé, seraient libérés au cours de la première phase, qui durerait six semaines. Les soldats israéliens et les corps des otages tués seraient relâchés au cours des deuxième et troisième phases. Les détails concernant ces dernières phases, ainsi que le nombre et l’identité des prisonniers de sécurité palestiniens qui seraient libérés par Israël, devaient être discutés lors de négociations ultérieures si les deux parties acceptaient la proposition de Paris. D’autres sources ont présenté des versions différentes du cadre, qui n’a pas été officiellement publié.

Israël avait hésité à envoyer des représentants aux pourparlers du Caire cette semaine, après que le Hamas a présenté une contre-offre que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait qualifiée de « délirante« . Le groupe terroriste palestinien exige notamment un cessez-le-feu permanent, un retrait des troupes de Gaza, la reconstruction de l’enclave et quelque 1 500 prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, dont des cerveaux du terrorisme, en échange des otages restants.

Toutefois, de hauts responsables américains avaient déclaré qu’en dépit de certains des « impasses », il était possible d’obtenir un accord et que Washington avait l’intention d’agir en ce sens.

Lors d’un appel téléphonique dimanche entre le président américain Joe Biden et Netanyahu, Biden aurait encouragé le Premier ministre israélien à envoyer une délégation au Caire pour participer aux pourparlers.

Barnea, ainsi que le chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet Ronen Bar, et Nitzan Alon, qui dirige les efforts des agences de renseignement pour retrouver les personnes enlevées, conduiront la délégation, avait rapporté la Douzième chaîne.

À gauche, le directeur de la CIA William Burns, s’exprimant au siège de la CIA à Langley, le 8 juillet 2022 ; à droite, le directeur du Mossad David Barnea, s’exprimant lors d’une conférence à Tel Aviv, le 10 septembre 2023. (Crédits : Susan Walsh/AP ; Avshalom Sassoni/Flash90 – Montage : The Times of Israel)

Biden a déclaré lundi que les États-Unis préconisaient une pause de six semaines dans les combats entre Israël et le Hamas, en tant que tremplin vers une trêve plus longue.

S’exprimant après avoir rencontré le roi Abdallah II de Jordanie à la Maison Blanche, le président américain a déclaré que le cadre de l’accord sur les otages qu’il a contribué à élaborer avec les médiateurs égyptiens et qataris permettrait une pause humanitaire d’au moins six semaines, « que nous pourrions ensuite [utiliser] pour construire quelque chose de plus durable ». Il a ajouté que des éléments clés étaient en place mais que des « lacunes » subsistaient.

Il a ajouté qu’il avait encouragé les dirigeants israéliens à « continuer à travailler pour parvenir à un accord » malgré le rejet des demandes du Hamas.

Biden, qui s’est montré de plus en plus frustré par le fait que Netanyahu n’ait pas tenu compte de ses conseils, a déclaré que Washington travaillait avec ses alliés dans la région sur un accord « afin de trouver les moyens de ramener tous les otages chez eux, d’atténuer la crise humanitaire, de mettre fin à la menace terroriste et d’apporter la paix à Gaza et à Israël par le biais d’une solution à deux États ».

Le roi de Jordanie Abdallah II, accompagné par le président Joe Biden, à droite, arrivant devant les journalistes, à la Maison Blanche, à Washington, le 12 février 2024. (Crédit : Jim Watson/AFP)

Israël s’est montré disposé à accepter des pourparlers basés sur le cadre initial de Paris, qui envisagerait une pause humanitaire en trois phases, avec 35 à 40 otages israéliens – des femmes, des hommes de plus de 60 ans et des personnes souffrant de graves problèmes de santé – libérés au cours de la première phase, d’une durée de six semaines. Les soldats israéliens et les corps des otages tués seraient libérés au cours des deuxième et troisième phases.

Les détails concernant ces dernières phases, ainsi que le nombre et l’identité des prisonniers de sécurité palestiniens qui seraient libérés par Israël, devaient être discutés lors de négociations ultérieures si les deux parties acceptaient la proposition de Paris. D’autres informations ont présenté différentes versions du cadre, qui n’a pas été officiellement publié.

Les négociations qui ont débuté au Caire mardi se dérouleront alors qu’Israël prépare une incursion dans Rafah, la ville la plus méridionale de Gaza et le dernier bastion du Hamas dans l’enclave, et que l’on craint de plus en plus qu’une telle initiative ne fasse échouer les négociations sur les otages, comme en a menacé le Hamas.

Les États-Unis ont exprimé leur opposition à l’opération en l’absence d’un plan « crédible » visant à protéger le million de civils qui ont cherché refuge dans la bande de Gaza après des mois de bombardements israéliens.

Biden a rappelé ces inquiétudes lundi aux côtés du roi Abdallah, affirmant qu’aucune opération militaire israélienne ne devrait être menée à Rafah « sans un plan crédible pour assurer la sécurité et le soutien » des civils qui s’y trouvent.

« Nous avons également été clairs dès le départ sur le fait que nous nous opposons à tout déplacement forcé des Palestiniens de Gaza », a déclaré Biden.

Netanyahu a déclaré qu’Israël travaillait sur un plan visant à garantir un « passage sécurisé » pour les civils à Rafah.

Des Palestiniens autour de cratères causés par des bombardements aériens d’Israël à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 février 2024. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

Biden a déclaré que les États-Unis partageaient l’objectif d’Israël de vaincre le Hamas, dont les terroristes se cachent dans des tunnels situés sous des infrastructures civiles, « notamment des écoles, des terrains de jeu et des quartiers », mais qu’ils reconnaissaient également que le peuple palestinien « avait également subi des souffrances et des pertes inimaginables ».

En quatre mois de guerre, plus de 28 000 personnes seraient mortes, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Tsahal dit avoir éliminé 10 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus des quelque 1 000 terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre, lorsque des milliers se sont déchaînées dans le sud d’Israël, tuant 1 200 personnes et prenant 253 otages.

Après une exfiltration audacieuse qui a permis de secourir deux otages israélo-argentins lundi, il resterait 130 personnes encore en captivité à Gaza – elles avaient été kidnappées pendant l’assaut meurtrier commis par le groupe terroriste du Hamas sur le sol israélien. Certains otages ne sont plus en vie.

105 civils avaient été relâchés par le Hamas à la fin du mois de novembre, au cours d’une trêve qui avait duré une semaine. Quatre femmes avaient été remises en liberté auparavant.

La seule opération de sauvetage qui était parvenue à secourir une captive avait eu lieu à la fin octobre et elle avait permis à une soldate, Ori Megidish, d’être secourue alors qu’elle se trouvait entre les mains de ses ravisseurs. Les corps sans vie de onze otages ont aussi été rapatriés par l’armée – notamment les dépouilles de trois Israéliens qui, ayant réussi à échapper à leurs geôliers, avaient accidentellement été abattus par les soldats.

Tsahal a confirmé la mort de 29 otages qui se trouvent encore dans les geôles du Hamas, citant de nouveaux renseignements et autres informations recueillis par les soldats qui sont sur le terrain, au sein de l’enclave côtière.

Une personne est encore portée-disparue depuis le 7 octobre, et son sort est indéterminé.

Le Hamas détient aussi les corps sans vie de deux soldats tués au combat en 2014 dans la bande, Oron Shaul et Hadar Goldin. Il garde aussi en captivité deux civils, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore en vie. Ils avaient été capturés après être entrés dans la bande de leur propre gré, en 2014 et en 2015 .

L’AFP et Jacob Magid ont contribué à cet article.

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