Israël en guerre - Jour 282

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Israël ne négociera pas tant que le Hamas maintient ses exigences « délirantes » – officiel

Jérusalem ne fera pas de contre-offre, préférant faire pression sur le Qatar via Washington pour qu'il assouplisse les conditions du groupe terroriste ; des raids ciblés prévus à Rafah

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, Jérusalem, le 7 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, Jérusalem, le 7 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël s’efforce de faire pression sur le groupe terroriste palestinien du Hamas pour qu’il retire ses conditions « délirantes » pour un éventuel accord de libération d’otages, et n’est pas sur le point d’offrir de nouvelles conditions, a déclaré un responsable israélien au Times of Israel jeudi.

Le Hamas a proposé cette semaine un plan de cessez-le-feu prévoyant une trêve de quatre mois et demi au cours de laquelle les otages seraient libérés en trois étapes, et qui conduirait à la fin de la guerre, en réponse à une proposition de cadre envoyée la semaine dernière par les médiateurs qatari et égyptien et soutenue par les États-Unis et Israël.

La proposition du Hamas prévoyait le retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza alors que le groupe terroriste y était toujours au pouvoir, ainsi que la libération de 1 500 prisonniers, dont un tiers serait choisi sur une liste de Palestiniens condamnés à la perpétuité par Israël.

« L’objectif principal est maintenant de faire pression sur le Qatar par les Américains et d’autres pays, et de là sur le Hamas, en plus de la pression militaire, pour les amener à renoncer à leurs exigences délirantes », a déclaré le fonctionnaire.

Les États-Unis, ainsi que les médiateurs égyptien et qatarien, ont continué à faire pression en faveur d’un accord de libération des otages qui s’accompagnerait d’une trêve, une délégation du Hamas arrivant au Caire jeudi pour des négociations. L’Égypte a fait pression sur Israël pour qu’il envoie également des représentants, mais Jérusalem a refusé de le faire, selon la Douzième chaîne.

Qualifiant les conditions du Hamas de « délirantes », le Premier ministre Benjamin Netanyahu les a rejetées mercredi, arguant que se rendre à l’offre du groupe terroriste serait courir à la catastrophe, et déclarant que seule la pression militaire permettrait d’obtenir la libération des Israéliens retenus captifs dans la bande de Gaza. Toutefois, il n’a pas exclu de nouvelles négociations indirectes.

Des manifestants rassemblés près du camp des familles des victimes du 7 octobre devant la Knesset, tandis que des députés et des ministres arrivent pour une manifestation hebdomadaire continue appelant à de nouvelles élections et au retour des otages, à Jérusalem, le 5 février 2024. (Crédit : Ori Koren/Mouvement de protestation pro-démocratique israélien)

Le président américain Joe Biden a déclaré que la réponse du Hamas était « un peu excessive ».

Le secrétaire d’État Antony Blinken a quant à lui déclaré que si certaines parties de la proposition du Hamas ne constituaient pas un premier pas, elles ouvraient néanmoins la voie à d’autres négociations.

« Israël continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour parvenir à un accord, mais le principe selon lequel nous ne cesserons pas les combats tant que tous les objectifs de la guerre n’auront pas été atteints reste en vigueur », a souligné le responsable israélien.

« Pour l’heure, tout ce qui reste à faire, c’est faire pression. »

Le gouvernement israélien est lui-même soumis à la pression des familles d’otages et d’autres personnes pour trouver un moyen de garantir la liberté de leurs proches, tandis que les États-Unis font de plus en plus pression en faveur d’une pause dans les combats.

Netanyahu a rencontré ses collègues du cabinet de guerre, Benny Gantz, et le ministre de la Défense, Yoav Gallant, au quartier général de l’armée à Tel Aviv jeudi soir, avant de réunir l’ensemble de son cabinet de sécurité nationale pour discuter des négociations.

Rafah attend

Par ailleurs, le responsable israélien a déclaré que Blinken avait exprimé son inquiétude quant à l’extension des combats à la ville de Rafah, au sud de Gaza, lors de ses entretiens avec Netanyahu et le cabinet de guerre un jour plus tôt.

Toutefois, il a souligné qu’il n’y aurait « aucun compromis » pour renverser le Hamas militairement et politiquement, ce qui impliquerait d’opérer à Rafah, qui a subi d’importants bombardements israéliens jeudi.

Lors d’une conférence de presse tenue tard dans la soirée de mercredi, Blinken a déclaré « qu’Israël a la responsabilité et l’obligation de faire tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la protection des civils et leur apporter l’aide dont ils ont besoin dans le cadre de ce conflit. Toute campagne militaire, toute opération militaire qu’Israël entreprend doit tenir compte avant tout des civils (…). Et c’est particulièrement vrai dans le cas de Rafah ».

Un autre responsable israélien a déclaré jeudi au Times of Israel que l’opération à Rafah ne serait pas un assaut à grande échelle mené par une division entière comme l’opération à Khan Younès, mais qu’elle serait plutôt organisée autour de raids ciblés.

La ville du sud, qui a vu affluer les réfugiés depuis le début des combats le 7 octobre, est située le long de la frontière entre Gaza et l’Égypte.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’exprimant lors d’une réunion avec le ministre du parti HaMahane HaMamlahti Benny Gantz (hors cadre), à Tel Aviv, le 8 février 2024. (Crédit : Mark Schiefelbein/AFP)

Un porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères a déclaré jeudi que Le Caire était préoccupé par la perspective d’une ruée massive des habitants de Gaza vers la frontière lorsque l’armée israélienne élargira ses opérations.

Ces dernières semaines, des images circulant sur les réseaux sociaux ont montré l’Égypte renforçant apparemment ses défenses à la frontière, avec des barbelés et des murs supplémentaires.

Plus de la moitié des 2,3 millions d’habitants de Gaza se réfugient dans la zone de Rafah, dans un contexte de crise humanitaire qui s’aggrave. La perspective d’une opération terrestre à Rafah a suscité des craintes quant à l’endroit où la population pourrait se réfugier pour se mettre à l’abri. Les Nations unies ont déclaré que la ville était en train de devenir une « cocotte-minute du désespoir ».

« Nous ferons tout ce qu’il faut à Rafah », a déclaré le responsable israélien, « et nous le ferons avec la coordination nécessaire avec l’Égypte ».

Gallant a déclaré la semaine dernière qu’une fois que les troupes israéliennes se seraient emparées de la ville de Khan Younès, dans le sud du pays, où se sont concentrés la plupart des combats au cours des dernières semaines, elles se dirigeraient vers Rafah. Il n’a pas donné de calendrier.

Netanyahu a déclaré mercredi qu’il avait demandé à Tsahal de se préparer à opérer dans cette zone.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé quelque 3 000 terroristes du Hamas ont fait irruption dans le sud d’Israël par la frontière de Gaza pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, dont le plus jeune a un an.

En réponse à cette attaque, la plus meurtrière de l’histoire du pays et la pire menée contre des Juifs depuis la Shoah, Israël a juré d’anéantir le Hamas et de mettre fin à son règne de seize ans, et a lancé une opération aérienne suivie d’une incursion terrestre dans la bande de Gaza, qui a commencé le 27 octobre.

Des Palestiniens inspectant les dégâts causés par les frappes israéliennes sur Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 février 2024. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

132 des otages enlevés par le Hamas et ses complices le 7 octobre sont encore à Gaza, mais certains ne sont plus en vie – après la remise en liberté de 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre.

Quatre otages avaient été libérées avant cela, et une soldate avait été secourue par l’armée israélienne. Les corps sans vie de huit otages ont également été retrouvés et trois otages ont été tués par erreur par l’armée le 15 décembre.

L’armée a confirmé le décès de 29 otages – notamment de deux captifs dont la mort a été annoncée mardi – qui se trouvaient encore à Gaza, citant de nouveaux renseignements et autres informations obtenues par les militaires en opération sur le terrain, au sein de l’enclave côtière. Une personne est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre et son sort reste indéterminé.

Outre les 132 otages, le Hamas détient aussi les dépouilles d’Oron Shaul et de Hadar Goldin, morts dans la bande en 2014. Il garde aussi en captivité deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore vivants après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et en 2015.

Plus de 27 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Tsahal dit avoir éliminé 10 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus des quelque 1 000 terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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