Rencontre Netanyahu-Liberman à l’approche de la fin de l’échéance pour Gantz
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Rencontre Netanyahu-Liberman à l’approche de la fin de l’échéance pour Gantz

Le dirigeant de Yisrael Beytenu assure qu'il fera tout jusqu'à mercredi après-midi pour contraindre à un gouvernement d'unité, mais qu'ensuite ce sera "chacun pour soi"

Photo montage, de gauche à droite : le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman, et le Premier ministre et chef du Likud, Benjamin Netanyahu. (Crédit : Yonatan Sindel, Noam Revkin Fenton/Flash90)
Photo montage, de gauche à droite : le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman, et le Premier ministre et chef du Likud, Benjamin Netanyahu. (Crédit : Yonatan Sindel, Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le dirigeant de Yisrael Beytenu Avidgor Liberman se sont rencontrés mardi matin, les négociations de coalition autour d’un gouvernement d’unité avec Kakhol lavan étant entrées dans leur phase finale.

Liberman, qui se place en faiseur de roi depuis le scrutin de septembre, a fait savoir lundi qu’il tenterait de contraindre un gouvernement d’unité entre le Likud et Kakhol lavan jusqu’à mercredi après-midi. Benny Gantz a jusqu’au soir pour rassembler une coalition.

« Si d’ici mercredi midi nous n’avons pas trouvé d’accord, alors, en ce qui me concerne, nous aurons échoué [à former un gouvernement d’unité] et ce sera chacun pour soi », a annoncé Liberman lundi aux journalistes, semblant laisser la porte ouverte à des négociations autour d’un gouvernement minoritaire dans les 12 dernières heures imparties à Kakhol lavan pour constituer une coalition.

Liberman et Netanyahu se sont rencontrés il y a quelques jours, des discussions décrites comme « positives et substantielles ». S’adressant aux journalistes lundi, l’ancien ministre de la Défense a indiqué que la rencontre était « digne d’une réunion d’affaires » et que les deux interlocuteurs n’avaient pas perdu de temps avec leurs querelles personnelles passées.

Avigdor Liberman, président de Yisrael Beytenu, prend la parole lors d’une réunion de faction à Neve Ilan, à l’ouest de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

La plus importante d’entre elles s’est produite en mai, lorsque le numéro un de Yisrael Beytenu a refusé de rejoindre la coalition dirigée par le Likud après les précédentes élections d’avril en raison de désaccords autour des alliés politiques ultra-orthodoxes de Benjamin Netanyahu, précipitant le nouveau scrutin de septembre.

Lundi, Netanyahu a également décrit les discussions de dimanche soir comme une « bonne rencontre ».

Si Gantz ne parvenait pas à rassembler de coalition d’ici mercredi minuit, les députés de la Knesset auront 21 jours supplémentaires pour choisir un candidat qui tentera de prendre le relais ou décidera de l’organisation de nouvelles élections — les troisièmes en moins d’un an. Le président Rivlin avait confié au dirigeant de Kakhol lavan la responsabilité de rassembler un gouvernement après l’échec de Benjamin Netanyahu.

Bien que les perspectives de former une coalition majoritaire sans le Likud soient peu réalistes pour l’ancien chef d’Etat-major, il pourrait rassembler un gouvernement minoritaire, avec la participation d’Avidgor Liberman et le soutien extérieur de la Liste arabe unie.

Le président Kakhol lavan Benny Gantz et Yair Lapid lors d’une réunion du parti à la Knesset, le 18 novembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Gantz a rencontré les dirigeants de l’alliance des partis à majorité arabe, mais n’a pas précisé s’il soutenait l’établissement d’un tel gouvernement minoritaire. De leur côté, les responsables politiques arabes ont fait savoir que le numéro un de Kakhol lavan n’avait pas fait de proposition en ce sens.

Liberman, qui a par le passé défendu des politiques dures à l’égard des Arabes israéliens et qui fustigent régulièrement les députés de la Liste arabe unie comme des personnalités politiques illégitimes, a déclaré dimanche que tout gouvernement  minoritaire serait un « désastre » pour le pays.

Netanyahu a organisé une « réunion urgente » lundi avec son bloc de 55 députés composé du Likud et d’autres partis de droite et religieux qui ont promis de le soutenir au poste de Premier ministre.

Cette rencontre de lundi est la première qui rassemblait tous les partis du bloc : le Likud, HaBayit HaYehudi-Union nationale, HaYamin HaHadash, le Shas et Yahadout HaTorah, que Benjamin Netanyahu estime représenter toute la société israélienne.

Répétant les propos qu’il tient de plusieurs jours condamnant la perspective d’un gouvernement minoritaire soutenu par la Liste arabe unie, Netanyahu a déclaré à ses députés partenaires qu’un tel gouvernement serait « un véritable danger pour Israël, pour le peuple d’Israël ».

« Nous nous retrouvons ici pour une réunion urgente, car c’est une urgence », a annoncé un Netanyahu empathique aux députés rassemblés dans une salle bondée de la Knesset. « Sont représentés ici toutes les catégories de la société israélienne parce qu’il s’agit d’un moment décisif dans l’histoire de l’État d’Israël. Il est possible que dans 48 heures, un gouvernement soit constitué de soutiens du terrorisme ».

Dimanche soir, le Likud organisait un « rassemblement d’urgence » qui avait également pour but « [d’]empêcher qu’un dangereux gouvernement minoritaire repose sur des défenseurs du terrorisme ».

Le Premier ministre y a accusé les membres de la Liste arabe unie de chercher à « détruire le pays ». Il a affirmé, sans preuves, que les organisations terroristes de Gaza qu’Israël a combattues la semaine dernière.

Netanyahu s’est retrouvé sous le feu des critiques pour ces déclarations, des membres de Kakhol lavan, de la Liste arabe unie et d’autres l’accusant d’inciter à la violence contre les députés arabes et de reprendre les propos des extrémistes de droite.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une réunion avec le bloc de droite/ultra-orthodoxe à la Kneeset, le 18 novembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le chef du gouvernement par intérim a quand même indiqué lundi : « Tout n’est pas perdu. Je pense qu’il y a toujours de l’espoir. J’ai rencontré hier Avigdor Liberman, une bonne rencontre — et nous discuterons à nouveau. »

« Je n’arrive pas à croire que Liberman appuierait un tel gouvernement, soutenu par des défenseurs du terrorisme qui veulent détruire le pays », a fustigé Netanyahu. « Un gouvernement d’unité nationale, c’est ce qu’il faut au pays aujourd’hui. En ce moment historique, nous devons choisir entre la malédiction et la bénédiction. »

Liberman a refusé de dire quel scénario était le pire à ses yeux : la formation d’un gouvernement d’unité ou un troisième scrutin.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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