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Robert Malley en Israël pour se coordonner sur le programme nucléaire de l’Iran

L'envoyé américain s'entretiendra avec de hauts responsables israéliens, dont le chef du Mossad, à l'approche du septième cycle de négociations de Vienne avec l'Iran

Sur cette photo d'archive du 20 juin 2021, Robert Malley, envoyé spécial des États-Unis pour l'Iran, est à Vienne, en Autriche. (Crédit : AP/Florian Schroetter)
Sur cette photo d'archive du 20 juin 2021, Robert Malley, envoyé spécial des États-Unis pour l'Iran, est à Vienne, en Autriche. (Crédit : AP/Florian Schroetter)

L’envoyé spécial des États-Unis pour l’Iran, Robert Malley, est arrivé dimanche en Israël dans le cadre d’un voyage régional de dix jours qui a débuté la semaine dernière, alors que l’administration Biden s’efforce de se coordonner avec les alliés du Moyen-Orient avant la reprise des pourparlers indirects avec l’Iran, visant à relancer leur accord nucléaire multilatéral.

Malley devrait rencontrer lundi le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, le ministre de la Défense Benny Gantz, le directeur de l’agence d’espionnage du Mossad David Barnea et le conseiller à la sécurité nationale Eyal Hulata, selon les médias israéliens.

Le Premier ministre Naftali Bennett ne rencontrera pas Malley, car ce dernier n’a pas sollicité de rencontre, a rapporté le site d’information Walla. D’autres médias israéliens ont indiqué que Bennett ne rencontrerait pas Malley parce que le protocole ne l’exigeait pas, mais ont également noté que le Premier ministre s’opposait aux efforts des États-Unis pour relancer l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, connu officiellement sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA).

Malley a entamé son voyage jeudi aux Émirats arabes unis avant de se rendre en Israël, puis en Arabie saoudite et à Bahreïn. La tournée s’achèvera le 20 novembre, neuf jours avant que les puissances mondiales ne se réunissent à nouveau à Vienne pour le septième cycle de négociations sur un retour conjoint États-Unis-Iran au JCPOA.

L’envoyé spécial « coordonnera nos approches sur un large éventail de préoccupations concernant l’Iran, y compris ses activités déstabilisatrices dans la région et les négociations nucléaires à venir », a déclaré le département d’État américain dans un communiqué.

Il s’agit du premier voyage de Malley en Israël en tant que membre de l’administration du président américain Joe Biden, bien qu’il ait rencontré à plusieurs reprises des responsables israéliens à Washington. Malley, l’un des premiers architectes de l’accord sur le nucléaire iranien, a rarement rencontré les responsables israéliens sur la question, étant donné l’opposition de longue date de Jérusalem à l’accord.

Le mois dernier, Malley s’est exprimé publiquement sur les efforts visant à relancer l’accord, déclarant aux journalistes, lors d’une réunion d’information, que les explications fournies par l’Iran pour justifier son retrait des négociations nucléaires de Vienne étaient « épuisées ».

Quelques jours plus tard, Téhéran a annoncé qu’il était prêt à revenir à la table des négociations à la fin du mois de novembre.

La semaine dernière, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères et principal négociateur dans les négociations nucléaires, Saeed Khatibzadeh, a déclaré que la République islamique poursuivrait ses actions en violation de l’accord nucléaire jusqu’à ce qu’elle soit assurée que les États-Unis lèvent leurs sanctions paralysantes de manière vérifiable.

La date du 29 novembre a été fixée pour la reprise des pourparlers à Vienne afin de sauver le JCPOA, après une interruption de cinq mois des négociations qui ont débuté lorsque l’Iran a « élu » le président ultra-radical Ebrahim Raissi.

Le nouveau président iranien, Ebrahim Raissi, s’exprime lors de sa cérémonie d’assermentation au parlement iranien, dans la capitale Téhéran, le 5 août 2021. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Les pourparlers nucléaires, qui sont menés par des médiateurs de l’Union européenne (UE), car Téhéran refuse de traiter directement avec les négociateurs américains, visent à faire revenir Washington et Téhéran dans le JCPOA, qui a été abandonné par l’ancien président américain Donald Trump. Après sa sortie, l’administration Trump a frappé l’Iran de sanctions sévères, visant principalement ses exportations de pétrole.

Les autres parties à l’accord – la Grande-Bretagne, la Chine, la France et l’Allemagne ainsi que la Russie – participent également aux discussions de Vienne.

Biden a déclaré qu’il était prêt à réintégrer l’accord, en vertu duquel l’Iran a accepté des limites strictes sur ses activités nucléaires en échange d’un allègement des sanctions radicales.

L’Iran souhaite une levée de toutes les sanctions américaines imposées après le retrait de Trump. L’administration Biden affirme qu’elle ne négociera que les mesures prises par son prédécesseur concernant le programme nucléaire, et non les mesures imposées pour d’autres préoccupations telles que les droits de l’homme.

Caméras de télévision devant le « Grand Hotel Vienna » où se déroulent les négociations nucléaires à huis clos à Vienne, en Autriche, dimanche 20 juin 2021. (Crédit : AP/Florian Schroetter)

Washington insiste sur le fait que Téhéran doit revenir à un respect total des limites de son programme nucléaire qu’il a acceptées en 2015, et a averti à plusieurs reprises que la fenêtre d’opportunité pour un accord se ferme rapidement.

Vendredi dernier, l’Iran a déclaré avoir presque doublé son stock d’uranium enrichi en moins d’un mois. Dans le même temps, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, (AIEA) a prévenu que ses capacités de surveillance en Iran étaient affaiblies.

L’enrichissement à 60 % est le niveau le plus élevé auquel l’Iran a enrichi de l’uranium, et il s’agit d’une courte étape technique pour atteindre 90 % de qualité militaire. En vertu de l’accord nucléaire, l’Iran ne pouvait pas enrichir l’uranium au-delà de 3,67 %.

En septembre, l’AIEA a confirmé que l’Iran avait augmenté ses stocks d’uranium enrichi au-delà du pourcentage autorisé par l’accord.

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