Ronen Plot devient directeur par intérim de Yad Vashem
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Ronen Plot devient directeur par intérim de Yad Vashem

Le Premier ministre s'est battu pour obtenir la nomination d'un ex-général controversé à la tête du musée de la Shoah, une nomination encore retardée par la chute du gouvernement

Ronen Plot participe à une réunion du Comité économique à la Knesset le 20 mai 2014. (Hadas Parush/Flash 90)
Ronen Plot participe à une réunion du Comité économique à la Knesset le 20 mai 2014. (Hadas Parush/Flash 90)

Le musée de la Shoah de Yad Vashem a nommé, mardi, Ronen Plot au poste de directeur intérimaire, a indiqué un porte-parole, dans un contexte d’impasse politique et de controverse entourant la désignation d’un nouveau président.

Cette décision de nommer Plot – qui occupe, techniquement, le poste de président-adjoint – a été prise alors que la Knesset s’est dissoute dans la soirée de mardi, entraînant Israël vers de nouvelles élections. La chute du gouvernement signifie que les initiatives visant à désigner un directeur permanent à la tête de l’institution ne seront pas envisageables avant plusieurs mois, jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.

Plot, qui est le maire de Nof HaGalil, dans le nord du pays, deviendra directeur intérimaire lorsque Avner Shalev partira à la retraite à la fin de l’année.

Plot est connu pour avoir changer le nom de sa ville qui s’appelait Nazareth-Illit – pour éviter la confusion avec Nazareth, ville à majorité arabe connue pour être la ville d’origine de Jésus.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait nommé au poste le politicien d’extrême-droite Effi Eitam, une nomination qui avait été mise en suspens suite à l’indignation qu’elle avait suscitée et aux querelles de coalition qui avaient entouré la nomination des hauts-fonctionnaires.

Effie Eitam s’exprime lors de la conférence du Gush Katif au musée de Tel Aviv, le 23 mars 2017. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Eitam est un ancien général décoré au sein de l’armée israélienne et il avait été ministre au cabinet, à la tête d’un parti sioniste religieux de droite. Ses critiques expliquent qu’il ne peut pas diriger l’institution sur la Shoah au vu de son appel passé à l’expulsion de la majorité des Palestiniens de la Cisjordanie, et de ses propos réclamant l’exclusion des Arabes israéliens du système politique du pays. Eitam avait écopé d’un blâme du chef d’Etat-major de Tsahal parce que les soldats placés sous son commandement avaient battu à mort un Palestinien.

Ses partisans, pour leur part, soulignent ses expériences en tant que général et leader politique.

Le mois dernier, une importante coalition de spécialistes en études juives et de directeurs de musées de la Shoah et de musée juifs avaient signé une pétition s’opposant à la nomination d’Eitam.

La pétition avait récolté 750 signatures, notamment celles de Susannah Heschel et de Deborah Lipstadt. Parmi les signataires encore, les anciens ou actuels directeurs du mémorial de Buchenwald et des musées juifs de Budapest, Varsovie, Munich et d’ailleurs.

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