Rouhani : Le prochain président américain devra « céder » aux demandes de l’Iran
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Rouhani : Le prochain président américain devra « céder » aux demandes de l’Iran

"Les Etats-Unis ne peuvent nous imposer ni des négociations, ni la guerre", a dit le président iranien

Le président iranien Hassan Rohani s'adresse à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 25 septembre 2018. (Capture d'écran : YouTube).
Le président iranien Hassan Rohani s'adresse à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 25 septembre 2018. (Capture d'écran : YouTube).

Le président iranien Hassan Rouhani a affirmé mardi à l’ONU que le vainqueur de l’élection présidentielle aux Etats-Unis n’aurait « pas d’autre choix que de céder » aux demandes de l’Iran, qui réclame la levée des sanctions américaines.

« Nous ne sommes pas une monnaie d’échange liée aux élections américaines et à la politique intérieure des Etats-Unis », a-t-il déclaré dans son discours pré-enregistré et diffusé lors de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies.

« Tout gouvernement américain issu des prochaines élections n’aura pas d’autre choix que de céder face à la résilience de la nation iranienne », a-t-il ajouté.

Le président républicain sortant Donald Trump a retiré avec fracas en 2018 les Etats-Unis de l’accord international signé trois ans plus tôt pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.

Le président américain Donald Trump s’exprime devant les journalistes alors qu’il se prépare à embarquer à bord de Marine One à la Maison Blanche, le 15 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

Depuis, il a rétabli, voire durci, les sanctions américaines contre l’Iran, et affirme même désormais, seul et contre toutes les autres grandes puissances, que les mesures punitives de l’ONU sont aussi de retour.

Candidat à sa réélection le 3 novembre, Donald Trump estime que l’Iran cédera après son éventuelle victoire à la « pression maximale » de Washington et négociera un « nouvel accord » aux conditions américaines.

Son adversaire démocrate Joe Biden, qui était vice-président de Barack Obama au moment de la signature de l’accord de 2015, continue lui de défendre ce texte. Mais il ne tient plus qu’à un fil depuis que Téhéran a commencé à se désengager de ses promesses en riposte aux sanctions américaines.

« Les Etats-Unis ne peuvent nous imposer ni des négociations, ni la guerre », a dit mardi Hassan Rouhani.

« La vie est dure sous le poids des sanctions. Mais la vie sans indépendance serait encore plus dure », a-t-il ajouté.

Barack Obama, et Joe Biden dans le Bureau ovale en mars 2013 (Crédit : Pete Souza/Official White House)

Il a estimé que la position du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a balayé à la quasi-unanimité la demande américaine de rétablissement des sanctions internationales, était une « victoire ».

« L’ère de la domination et de l’hégémonie est terminée », « le monde doit à présent dire ‘non’ aux intimidations et à l’arrogance », a-t-il martelé.

Dans son discours, le président Trump n’a fait lui qu’une brève allusion à l’Iran, se félicitant d’avoir retiré son pays de l’accord sur le nucléaire et d’avoir « imposé des sanctions écrasantes au principal pays soutenant le terrorisme au monde ».

Le président français Emmanuel Macron lui a répondu en assurant que la France et ses alliés européens, Allemagne et Royaume-Uni, n’allaient « pas transiger » sur leur refus de soutenir le rétablissement des sanctions de l’ONU.

« La France, avec ses partenaires, allemands et britanniques, maintiendra son exigence de mise en œuvre pleine et entière de l’accord de Vienne de 2015 » sur le nucléaire iranien « et n’acceptera pas les violations commises par l’Iran », a déclaré le président français dans son discours virtuel devant l’Assemblée générale de l’ONU.

Mais « nous ne transigerons pas pour autant sur l’activation d’un mécanisme que les États-Unis, de leur propre chef, en sortant de l’accord, ne sont pas en situation d’activer », a-t-il ajouté.

Car, selon lui, « ce serait porter atteinte à l’unité du Conseil de sécurité, à l’intégrité de ses décisions, et ce serait prendre le risque d’aggraver encore les tensions dans la région ».

Le président français Emmanuel Macron lors d’un discours sur la Pologne et la France en Europe à l’université de Jagellonne à Cracovie, en Pologne, le 4 février 2020 (Crédit : Photo by Ludovic Marin / AFP)

Emmanuel Macron a encore relevé que « la stratégie de la pression maximale » n’avait « pas permis à ce stade de mettre fin aux activités déstabilisatrices de l’Iran, ni de nous assurer qu’il ne pourra pas se doter de l’arme nucléaire ».

Pour lui, « il faut bâtir dans la durée un cadre d’action utile (…) c’est-à-dire la capacité à compléter l’accord de 2015 ». « D’abord dans le temps pour s’assurer que dans la durée l’Iran n’accédera jamais à l’arme nucléaire, mais aussi en assurant que nous allons apporter les réponses à l’activité balistique de l’Iran, mais aussi à ses déstabilisations dans la région », a-t-il expliqué.

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