Rouhani presse les nations musulmanes à couper les liens avec Israël
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Rouhani presse les nations musulmanes à couper les liens avec Israël

Le président iranien a dénoncé à Istanbul l'initiative "destructrice" de l'ambassade américaine à Jérusalem et a réclamé "le boycott des sionistes"

Le président turc Tayyip Erdogan, à droite, serre la main avec son homologue iranien Hassan Rouhani durant une réunion extraordinaire de l'Organisation de la coopération islamique à Istanbul, le 18 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Kayhan OZER)
Le président turc Tayyip Erdogan, à droite, serre la main avec son homologue iranien Hassan Rouhani durant une réunion extraordinaire de l'Organisation de la coopération islamique à Istanbul, le 18 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Kayhan OZER)

Le président iranien Hassan Rouhani a appelé les nations islamiques vendredi à « revoir » leurs liens avec les Etats-Unis et à couper toute relation avec Israël au vu de la relocalisation controversée de l’ambassade en Israël par Washington de Tel Aviv à Jérusalem.

« Afin d’assister la nation palestinienne et de contrer la décision destructrice prise par le président américain Donald Trump, nous appelons les gouvernements musulmans et les nations en quête de liberté dans le monde à revoir leurs liens politiques, économiques et commerciaux avec l’administration américaine et à couper toutes leurs relations avec le régime sioniste de l’occupation ainsi qu’à boycotter les produits et les entreprises des sionistes », a dit Rouhani, selon la chaîne iranienne Press TV.

Rouhani, qui s’exprimait lors d’un sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Istanbul, a accusé Israël de crimes contre les Palestiniens depuis 70 ans.

« Tandis que des centaines de milliers d’innocents sont privés de leurs droits de l’Homme les plus basiques, le régime sioniste a présenté de manière trompeuse son régime d’apartheid et raciste comme une démocratie et qualifie de séculariste son extrémisme religieux. Le plus triste étant que certains pays occidentaux justifient l’agression des occupants », a-t-il ajouté.

Il a également appelé à ce que le problème de l’ambassade soit soulevé devant l’Assemblée générale des Nations unies, ajoutant que l’assemblée devait aussi examiner les « crimes » israéliens dans la bande de Gaza au cours des affrontements récents sur la frontière.

La mort de 62 Palestiniens durant des affrontements violents dans la journée de lundi – qui coïncidait avec le transfert de l’ambassade – a soulevé l’indignation au sein de la communauté internationale et une enquête indépendante a été réclamée pour examiner les événements. Le Hamas a ensuite reconnu que 50 des personnes décédées étaient des membres du groupe terroriste. Trois autres appartenaient au Jihad islamique palestinien.

Prenant la parole au même sommet, le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Israël de « brutalités » comparables à celles des nazis.

Rouhani a également évoqué le retrait américain de l’accord sur le nucléaire signé avec Téhéran, disant que « cette mesure, qui est en continuation avec d’autres exemples d’un retrait unilatéral des Etats-Unis de certains pactes internationaux importants, a indiqué quelle grave menace représente l’administration américaine pour le système légal international et la sécurité mondiale ».

L’Iran avait précédemment dénoncé Trump, « faible d’esprit » dans sa détermination à relocaliser l’ambassade américaine.

« L’Amérique est entrée dans une crise de prise de décision stratégique qui observe l’arène internationale de façon immature et aventureuse », a ainsi expliqué le président du parlement Ali Larijani, une personnalité déterminante de l’establishment, lors d’une conférence qui a eu lieu lundi dernier consacrée à la situation palestinienne à Téhéran.

« Je pense que le président américain actuel n’est pas capable d’identifier et de juger les conséquences de ses actions à long-terme », a-t-il ajouté.

« Les élans du moment et des actions non-calculées ne peuvent continuer à avoir lieu dans le monde d’aujourd’hui. La faiblesse d’esprit est coûteuse pour les hommes d’Etat et ils finiront par en payer le prix », a poursuivi Larijani.

L’Iran est un soutien essentiel des groupes terroristes palestiniens, notamment du Hamas, et l’opposition à Israël est une composante centrale de son régime depuis la révolution islamique de 1979.

Larijani a réclamé une « réaction immédiate » de la part des Palestiniens, des pays islamiques et de la communauté internationale – notamment des boycotts et des plaintes officielles déposées devant les Nations unies.

Les Etats-Unis « ne doivent pas penser que de telles actions… peuvent rester sans réponse », a-t-il déclaré.

L’AFP a contribué à cet article.

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