Roumanie : découverte d’un charnier présumé de Juifs victimes de la Shoah
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Roumanie : découverte d’un charnier présumé de Juifs victimes de la Shoah

Ces ossements ont été mis au jour lors de fouilles archéologiques menées à Popricani par des chercheurs de l'Institut Elie Wiesel pour l'Etude de l'Holocauste

Les rabbins retrouvent les restes des victimes de la Shoah découverts dans une fosse commune au nord du cimetière juif de Iasi, en Roumanie, le lundi 4 avril 2011. Des membres de la communauté juive roumaine ont enterré les restes d'environ 60 Juifs tués par les troupes dans une fosse commune à Popricani, dans le nord de la Roumanie. (Crédit : AP / Radu Aneculaesi / Proimage)
Les rabbins retrouvent les restes des victimes de la Shoah découverts dans une fosse commune au nord du cimetière juif de Iasi, en Roumanie, le lundi 4 avril 2011. Des membres de la communauté juive roumaine ont enterré les restes d'environ 60 Juifs tués par les troupes dans une fosse commune à Popricani, dans le nord de la Roumanie. (Crédit : AP / Radu Aneculaesi / Proimage)

Les procureurs roumains ont annoncé mardi la découverte de « plusieurs ossements humains » à proximité d’un charnier exhumé en 2010 avec les restes de Juifs tués durant la Shoah, laissant supposer la mise au jour d’un deuxième charnier.

Ces ossements ont été mis au jour lors de fouilles archéologiques menées à Popricani (nord-est) par des chercheurs de l’Institut Elie Wiesel pour l’Etude de l’Holocauste, a précisé le Parquet militaire dans un communiqué.

« Il semble qu’il s’agisse d’un deuxième charnier », a déclaré à l’AFP l’historien Adrian Cioflanca, dont les recherches avaient permis en 2010 la découverte à Popricani d’une première fosse commune renfermant des restes d’une quarantaine de Juifs roumains, dont neuf femmes et 12 enfants, le plus jeune âgé de deux ans.

Selon M. Cioflanca, des témoignages de survivants avaient toutefois fait état d’une centaine de Juifs au total tués dans cette forêt à l’été 1941.

Alors que la Roumanie avait longtemps nié sa participation à la Shoah, une enquête du Parquet militaire avait conclu en 2014 que le massacre de Popricani avait été perpétré par l’armée roumaine.

Cette enquête a toutefois été classée, les procureurs estimant que les responsables avaient déjà été condamnés en 1948 pour un autre massacre, a précisé M. Cioflanca.

Le lauréat du prix Nobel de la paix Elie Wiesel au Capitole, à Washington, aux Etats-Unis, le 2 mars 2015 (Crédit : Win McNamee/Getty Images via JTA)

Les mesures antisémites et les pogroms perpétrés durant la Shoah avaient fait plus de 15 000 morts parmi les Juifs de Iasi, ville du nord-est comptant à l’époque une forte communauté juive, et des villages environnants, selon un rapport d’une commission internationale d’historiens présidée par Elie Wiesel, lui-même juif d’origine roumaine.

Au total, entre 280 000 et 380 000 juifs roumains et ukrainiens sont morts durant la Seconde Guerre mondiale en Roumanie et dans les territoires sous son contrôle, selon ce rapport.

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