Sadate-Begin, Mitterrand-Kohl, Kim-Moon : des poignées de mains historiques
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Sadate-Begin, Mitterrand-Kohl, Kim-Moon : des poignées de mains historiques

L'histoire est jalonnée de poignées de mains symboliques, à l'instar de celle échangée vendredi entre les dirigeants sud-coréen et nord-coréen, Moon Jae-in et Kim Jong Un

Poignée de main symbolique entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in, à la Ligne de Démarcation militaire qui divise leur pays avant leur sommet à Panmunjom, le 27 avril 2018. (Crédit : AFP / Korea Summit Press Pool / Korea Summit Press Pool)
Poignée de main symbolique entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in, à la Ligne de Démarcation militaire qui divise leur pays avant leur sommet à Panmunjom, le 27 avril 2018. (Crédit : AFP / Korea Summit Press Pool / Korea Summit Press Pool)

De Sadate et Begin à Mitterrand et Kohl, l’histoire est jalonnée de poignées de mains symboliques, à l’instar de celle échangée vendredi entre les dirigeants sud-coréen et nord-coréen, Moon Jae-in et Kim Jong Un.

Sadate et Begin

Le 19 novembre 1977, le président égyptien Anouar el-Sadate est le premier chef d’Etat arabe à se rendre en Israël depuis la fondation de l’Etat en 1948 et après quatre guerres israélo-arabes.

Il arrive à l’aéroport de Lod, près de Tel-Aviv, pour une visite de 43 heures. Au bas de l’avion l’attendent son homologue israélien Ephraïm Katzir et le Premier ministre Menahem Begin. Les trois hommes se serrent la main, presque invisibles derrière une cohue de photographes et de gardes du corps.

Ce voyage historique à Jérusalem ouvrira la voie aux accords de Camp David qui aboutiront en mars 1979 à la signature du traité de paix israélo-égyptien, le premier conclu entre Israël et l’un de ses voisins. Très critiqué dans son propre pays, Anouar el-Sadate sera assassiné en 1981 par des islamistes.

Le Premier ministre israélien Menachem Begin (à droite) et le président égyptien Anouar el-Sadate rigolent ensemble à l’hôtel King David, le 19 novembre 1977 (Crédit : archives Ya’akov Sa’ar / GPO)

Mitterrand et Kohl

François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main à Douaumont (nord-est de la France): les deux dirigeants célèbrent l’amitié franco-allemande sur la terre qui vit jadis leurs deux nations s’affronter.

Le 22 septembre 1984, 70 ans après le début de la Première guerre mondiale, MM. Mitterrand et Kohl participent à une grande cérémonie à la mémoire des victimes. Après un hommage rendu aux disparus dont les restes reposent dans l’ossuaire, ils se placent devant le catafalque couvert des drapeaux allemand et français.

A la fin de l’hymne allemand, M. Kohl se tourne vers M. Mitterrand qui le regarde tandis que sa main se détache légèrement et rencontre celle du chancelier quelques instants dans un geste symbolique par-dessus les tombes.

Arafat et Rabin

Le 13 septembre 1993 à Washington, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le leader de la centrale palestinienne Yasser Arafat, les deux ennemis jurés, scellent sous l’oeil du président Bill Clinton leur difficile union.

Ce jour-là, sur la pelouse de la Maison Blanche, la Déclaration de principes sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans, secrètement négociée à Oslo, vient d’être paraphée.

Bill Clinton se tourne alors vers M. Rabin et lui serre la main, puis il serre celle de M. Arafat, de l’autre côté. Le dirigeant palestinien, qui s’est un peu incliné pour ce geste, poursuit son mouvement et tend une main, visiblement hésitante, au Premier ministre israélien. Après un court instant d’hésitation, celui qui fut de toutes les batailles contre les Palestiniens saisit cette main tendue, déclenchant les applaudissements et les cris du public.

La poignée de main entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, accompagnés de Bill Clinton, après la signature des Accords d’Oslo, le 13 septembre 1993. (Crédit : GPO)

Aujourd’hui, le règlement du conflit israélo-palestinien est toujours dans l’impasse.

Chavez et Obama

Le 17 avril 2009, Barack Obama et le président vénézuélien Hugo Chavez, farouche opposant des États-Unis et allié de Cuba, échangent une poignée de main aussi chaleureuse qu’inattendue, juste avant l’ouverture du sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago.

Le 17 avril 2009, Barack Obama et le président vénézuélien Hugo Chavez, farouche opposant des États-Unis et allié de Cuba, échangent une poignée de main aussi chaleureuse qu’inattendue, juste avant l’ouverture du sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago. (Crédit : Capture d’écran YouYube)

Le bref échange de salutations fait la Une de la presse mondiale et vaut au président américain de violentes critiques de la part des républicains. Mais il ne débouchera sur aucune détente entre Washington et Caracas.

Obama et Raul Castro

Le 10 décembre 2013 en Afrique du Sud, le président américain Barack Obama provoque la surprise en donnant une poignée de main à son homologue cubain Raul Castro, lors d’une cérémonie d’hommage à Nelson Mandela.

Dans le stade de Soweto, M. Obama, qui se dirige vers la tribune pour prononcer un discours, serre les mains des dignitaires présents sur son chemin, dont Raul Castro. Les images diffusées par la télévision sud-africaine montrent qu’ils échangent aussi quelques mots.

Le 29 septembre 2015, le président américai Barack Obama serre la maisn du présidennt cubain Raul Castro.. (Crédit : AFP PHOTO / Mandel NGAN)

Alors que les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques officielles en 1961 et entretiennent depuis une longue histoire d’hostilité mutuelle, ce geste non programmé sera suivi un an plus tard par un rapprochement inattendu entre les anciens ennemis, puis par la reprise officielle des relations diplomatiques.

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